L’eczéma n’est pas contagieux. La connerie, si

Voilà.
Nous allons commencer cette toute nouvelle rubrique « Spider News », avec ce premier article.
L’intérêt de cette catégorie sera de dénoncer les injustices.
En voici une.
Je remercie mon ami Chris, qui a bien voulu écrire son histoire et m’envoyer ses photos. J’en conviens, il n’est pas simple de s’exprimer sur un tel sujet, alors je lui dis bravo et merci.
Sans plus attendre, voici son histoire :

« Une chaise et une table au fond de la salle, voilà comment ça a démarré avec la société…
Je devais avoir 3 ans mais je ne m’en souviens pas.
Ma mère me racontait qu’à l’école, les autres tournaient autour de moi en se moquant et ce, sous les yeux des adultes.
Ah oui pardon ! Je ne me suis pas présenté, je m’appelle Christophe (ou Chris comme vous préférez) et j’ai grandi avec un eczéma atopique.
Mon histoire ? Elle vient de démarrer.
On note donc : une chaise et une table au fond de la salle à l’écart des autres car parait-il j’étais contagieux.
Les autres mères exigeaient à ma mère un justificatif médical prouvant que je n’étais pas un réel danger pour leurs gosses.
J’ai bien écrit que je ne m’en souvenais pas ? Ah oui effectivement… Alors pourquoi l’eczéma est-il toujours présent après 30 ans ? Là est là question et je n’hésiterais pas à étaler quelques réponses.

En primaire, j’étais déjà conscient de ce que j’avais, du pourquoi je saignais du corps mais je ne comprenais toujours pas pourquoi autant de mépris des autres à toujours être aussi méchant.
Une exclusion qui a démarré très tôt et je voyais très bien que je n’étais pas si intéressant pour la plupart et j’en ai bien souffert par la suite…
Les adultes n’étaient pas mieux et la plupart se sont permis de lever la main sur moi tandis que d’autres ont préféré utiliser le verbale, et vraiment dans la méchanceté.
Il est surtout important de préciser que la plupart des adultes m’obligeaient à m’intégrer alors que les autres ne voulaient pas s’adapter à moi.

Au collège, je devais avoir 13 ans et j’étais plus souvent la victime que le méchant bien évidemment.
Il y a peut-être un seul professeur qui a vu que ça n’allait pas.
Cette personne me voyait installé au fond de la classe et à l’écart des autres.
Elle me demanda un jour ce qui n’allait pas alors je lui ai donc expliqué.
Elle repart donc à son bureau en s’adressant d’un ton écœuré à toute la classe : « C’est honteux ! ».
C’était probablement le seul jour où je me suis senti vraiment écouté.
Le collège que j’ai fréquenté n’était pas très exemplaire et j’ai même failli y perdre un œil car les frondes étaient une passion pour certains…

Un jour, j’ai eu rendez-vous avec le directeur d’un lycée que j’allais fréquenter.
Il me disait ou plutôt il essayait de me rassurer car il faut savoir que jusque là, j’étais toujours un « sans ami ». Donc il essayait de me rassurer avec ses propres mots et là j’entends : « ça va vous changer du collège ».

En effet…

J’avais 15 ans quand j’entrais au lycée et l’eczéma n’était plus le problème numéro 1 mais numéro 2 car ce que je découvrais était des ados accroc à la technologies comme les baladeurs CD/Mp3 et aussi les jeux vidéos sur consoles mais le plus important était le téléphone portable…
Quand j’avais besoin c’était « j’ai plus de batterie » ou quand j’essayais de parler à la personne, cette dernière ne m’écoutait pas et était plongé dans son jeu de Snack ou dans ses SMS.

Des portables basiques en 2002, j’imagine même pas les smartphones en 2018 si j’étais un ado…
Ah oui pardon ! J’oublie d’appuyer sur le fait que malgré ma santé, j’essayais d’entamer des dialogues avec les autres mais à chaque fois, il y avait toujours une barrière. La première étant l’eczéma et la seconde barrière la technologie.
Je ne possédais pas de téléphone ou de baladeur à cette époque, et je n’en veux absolument pas à mes parents pour cela et puis je n’avais pas besoin de ça, j’avais besoin de parler ! Et j’étais entouré d’incompétents si je puis dire… Ce que je veux surtout préciser c’est qu’ils étaient en incapacité de me parler et ignoraient vraiment ce que j’ai pu traverser.
« En effet Mr le Directeur, ça va me changer du collège » que j’aurais dû lui répondre ce jour-là.

Bref, le lycée est loin derrière-moi, idem que mes 18 ans que j’ai fêté tout seul mais ça, c’était ma petite parenthèse.

Je rentrais le soir et je me grattais partout tellement que chaque jour devenait insupportable et cela continuera encore et encore…

Après le lycée j’ai commencé à fréquenter des structures jusqu’au jour où je découvre que mes compétences sont toujours plus intéressantes que ma personne.
Finalement ça ne change pas de d’habitude, encore un bon moyen de m’exclure et de pas me connaître.

« Bonjour, oui, je m’appelle Christophe, enchanté » non ? Jamais on fait connaissance ? Ah oui c’est vrai… Internet ! L’outil qui permet de rechercher la personne avant même qu’elle ne soit recruté et embauché…

Bref, quant au relationnel, quand je veux rire ou échanger avec des « collègues », ça passe pas forcément et je ne suis pas à l’abri de traîtres qui seraient prêt à aller cafter.

Exemple tout simple, je lance une blague à une personne qui ne m’a pas entendu, du coup une autre personne va se charger d’aller lui répéter à mon insu.

Pourquoi me balancer ? Technique pour m’exclure ? Probablement… Pourquoi m’exclure ? Parce que j’ai un problème cutané qui se voit, parce que je suis grand et pas épais donc un physique qui ne plaît pas.

Pourquoi me dire qu’il ne faut pas mélanger vie privée et vie professionnelle ? Réponse juste au dessus, et que l’on ne me fasse pas croire que c’est un « code ».

D’ailleurs, les « autres » mélangeaient ce qu’ils avaient à se dire.

J’ai juste envie de vous dire chères personnes ou plutôt chers inconnus : « Allez au diable !!! »

Il est rare qu’un employeur ou un « collègue » revient sur son premier opinion à mon sujet.
On ne me parle pas, on ne fait pas ma connaissance, aucun lien qui peut se créer et ça, ça ne me promet pas un avenir sûr.

J’en avais eu la confirmation lorsque j’ai franchi les pas à l’université pour passer un DAEU (Diplôme d’Accès aux Études Universitaires).
Par exemple en cours d’informatiques, moi qui n’ai jamais fait les algorithmes, je me suis dit que ceux qui s’y connaissaient, aideraient ceux qui ne s’y connaissaient pas : Et bien non !
Ils se sont mis ensemble pour travailler ensemble en mettant ceux qui ne s’y connaissaient pas à l’écart.
Bref, mis à part ça, l’université c’était bien plus qu’un moulin où la plupart arrivaient en retard et c’était normal tandis que d’autres oubliaient de couper leur téléphone ou étaient carrément sur leur écran en écoutant pas le professeur.
C’est une liberté que je n’approuve pas car ça pénalise l’individu qui veut vraiment apprendre et s’intégrer.
On ne m’a jamais fait de remarque sur mon eczéma car on ne me parlait pas du tout ou presque.
Des gens me parlaient mais je n’ai jamais su leur prénom ni d’où ils venaient. Ils n’ont pas fait ma connaissance comme il se doit, ils ont plutôt eu envie de ne pas se sentir seul et dès que l’année fut terminée, plus aucune nouvelle de ces personnes.
Un beau jour, faudra bien que tout ça se termine parce que j’en ai ras le bol de me soigner sans être encouragé ou alors qu’on attende que je demande…
Bref, il est évident que j’ai besoin d’une aide particulièrement et pas n’importe laquelle.

Mon corps n’en peut plus de tout ça.
Mon corps en a marre d’être vu par intérêt.
Mon corps saigne !!!

Questions :

• Un eczémateux est-il un handicapé ?
• On parle à un handicapé ?
• Suis-je un handicapé ?
• En qui je peux vraiment avoir confiance ?
• Un(e) ancien(ne) « collègue » a déjà pris de mes nouvelles ?

Q : Qu’est-ce que j’apprends de moi sur une journée ?
R : Ma taille, ma corpulence voir rien du tout !

Q : Est-ce de ma faute si je suis célibataire ?
R : Non !

Q : Est-ce qu’il faut me parler de motivation ?
R : Non ! J’ai déjà assez donné. Par contre, l’autre n’est pas dispensé d’être motivé.

Q : L’eczéma est-il contagieux ?
R : Non !

Q : Dois-je compter sur les médicaments pour me sentir bien ?
R : Non ! J’ai besoin que l’on me touche, que l’on me rassure, que l’on m’aide à me détendre. Souffrir à l’écart sans que personne ne vienne me voir n’est pas la solution.

Q : Un ado qui n’a pas de smartphone en 2018 est-il intégré à sa classe ?
R : Il sera probable que si ses parents n’ont pas les moyens de lui en payer un, il sera mis à l’écart ou alors les autres ne le comprendront pas et le mettront également à l’écart. Et si il n’a pas de téléphone, il n’aura pas forcément Internet chez-lui, ce qui veut dire pas de réseau social donc pas de vie sociale mais ça, c’est pas une vie que je souhaite à un adolescent.

Pour conclure je remercie Alisone qui, depuis décembre 2012, échange régulièrement avec moi via la technologie.
Merci à elle de me comprendre.
Au moins une qui sait être fidèle et motivé, et qui sait être une amie malgré la distance.

Important ça aussi, l’amitié à distance ! Mais ça, j’ai pas besoin d’en faire tout un résumé.

Christophe. »

 

2 réflexions sur “L’eczéma n’est pas contagieux. La connerie, si

  1. Chris

    Merci beaucoup, Alisone :-*
    J’espère qu’en ayant sorti tout ça de ma tête, ça va aller beaucoup mieux par la suite.

    Faut que je travaille la respiration en ce moment. 5 secondes d’inspiration par le nez et souffler 5 secondes par la bouche.

    J’espère que d’autres personnes verront cet article car je trouve que c’est très important d’en parler.

    Aimé par 1 personne

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