Les viols légalisés

Ok, ici ça sera un article très sérieux mais aussi très particulier.
Je m’engage sur un terrain glissant en postant ceci, mais je m’en fiche, c’est le but de cette catégorie.
Une injustice à un haut niveau qui devrait être connu de tout le monde…
Je laisse la parole à Lila, qui a eu le courage de raconter et de publier son histoire.

« Il y a 9 ans jour pour jour, le 8 Octobre 2009 à 15h35, je déposais plainte pour des viols aggravés commis entre mes 19 et 20 ans.
J’étais jeune, j’étais naïve : cette décision ne m’a apporté que de la souffrance : une partie de ma famille m’a rejetée, en particulier ma grand-mère qui m’a dit que si je n’étais pas enceinte il ne fallait surtout pas porter plainte et que j’allais détruire la famille (entre autre) et ma tante, qui m’ont harcelé 3 semaines par téléphone et IRL pour m’empêcher de porter plainte. J’ai passé 8 Noëls seule avec ma mère, dont un en permission de sortie d’une clinique psychiatrique, je n’ai eu aucun soutien de la part de ma famille à part une seule fois, d’une de mes tantes, son compagnon et sa fille. Je remercie les quelques amies qui m’ont soutenue depuis tout ce temps, elles se reconnaîtront.
Je n’ai réussi à obtenir un procès que 8 ans et demi plus tard, en 2017, après deux classements sans suite de ma plainte dont le premier sans être prévenue, au Tribunal de Grande Instance d’Angoulême (16, Charente).

La juge d’instruction (LUTON Cécile), mon avocat, le cabinet, tout le monde m’a « poussée » très fortement vers la correctionnalisation de l’affaire, sous prétexte que je n’avais aucune chance aux assises après plus de 8 ans, que je pourrais buter sur des détails, que ma tête pourrait ne pas revenir aux jurés, que le coupable pourrait faire semblant de ne se souvenir de rien, que les juges ( Mme BOULNOIS Marie-Elisabeth, présidente, Mme GOUMILLOUX Marie, Mme DESQUEYROUX Maïté, assesseures) auraient le dossier et connaissaient leur métier…
Que donc, j’avais beaucoup plus de chance d’obtenir quelque chose en correctionnelle… Gros LOL.

Ce qui fait qu’au lieu de crimes, les viols aggravés, ce qui été jugé a été transformé en délits : des agressions sexuelles aggravées.
On pourrait penser que même des délits d’agressions sexuelles aggravées, c’est grave, surtout en ayant le dossier sous les yeux et en sachant que c’était en fait des viols.
Mais non.
Le procureur de la république (Mr VIDALIE Cyril) n’a requis que 2 ans de sursis.
Le violeur est rentré libre chez lui, dans sa maison, avec sa copine, sans avoir passé une seule nuit en prison. Il n’a eu comme sanction qu’une unique année de sursis, et son nom dans la liste des agresseurs sexuels.
Il était très entouré pendant le procès, par toute sa famille, ses frères, ses enfants, sa copine…. Une dizaine de personne. J’étais seule. Mon avocat m’a planté 30 minutes avant le procès, me laissant avec son assesseur (qui connaissait le dossier mais qui était très jeune, on aurait dit sa première plaidoirie…)

Il faut savoir que ce violeur a aussi violé sa femme (décédée depuis longtemps d’un cancer de l’utérus), battue, maltraitée, obligée à dormir dehors assise sur une chaise la nuit en plein hiver ; j’ai appris ça au procès d’après le témoignage de sa propre fille qui avait une chambre mitoyenne et entendait les viols conjugaux… Les juges n’en n’ont absolument pas tenu compte.
Qu’il a aussi violé une petite fille de 14 ans, autiste, habitant à La Rochelle (département limitrophe). Il a confirmé la connaître, confirmé son âge, sa maladie mentale, confirmé qu’elle habitait bien toujours à la Rochelle, mais n’a pas donné son nom.
Et là, cerise sur le gâteau : la Juge d’instruction, Mme AUBERT Émilie, n’a pas ordonné de commission rogatoire, et donc il n’y a pas eu d’enquête de la part de la police (car ils n’avaient pas d’ordre en ce sens, ils avaient les mains liés).

La pédophilie sur les petites filles handicapées mentales est donc quelque chose qu’il ne faut surtout pas chercher, ni sanctionner, selon les juges de notre pays.

Je n’attends pas de réactions à ce post. Je trouve cet anniversaire affreux, et je voudrais mourir dans un éboulis d’une décharge des Philippines, là.
Mais il n’y aura peut-être pas de 10ème anniversaire, du moins de mon point de vu car je vais très mal et je ne sais pas si je serais encore en vie dans un an, alors, voilà : vous savez tout.
Je tenais à ce que vous soyez au courant, c’est tout.
Si vous voulez l’adresse du violeur pédophile pour lui envoyer des cartes de 10 ans d’anniversaire l’année prochaine, je peux la donner : CHARFALLOT Jean, 29 Route de la Tonnelle, 16720, Saint-Même-Les Carrières, Charente, France.

Ma psychiatre actuelle pense que les viols ont pu déclencher mon trouble bipolaire (c’est une maladie mentale qui est en latence et « attend » un élément déclencheur, qui peut ne jamais venir ou venir très tard)… Ça fait encore plus mal.
Je ne cherche pas des conseils de soins, j’en ai déjà eu beaucoup et j’ai déjà choisi quelques pistes depuis un moment. Je suis actuellement une thérapie EMDR, j’ai des traitements, je vois plusieurs professionnels de santé très compétents…
Ne venez pas non plus me dire que « Si d’autres personnes peuvent s’en sortir, toi aussi », « Il suffit de te mettre un coup de pied au cul », ou « T’as de la chance, ça aurait été pire en Afghanistan » (sorties régulières d’un psychiatre en clinique en Juin dernier), ou « Le viol, c’est comme la mort d’un enfant » (encore une sortie d’un psychiatre en 2017), ou « Vous êtes triste et glauque! » et « Vous avez quand même des soins gratuits et des allocations, en France » (sorties d’une psychiatre en clinique en Juin dernier quand je disais que je ne me sentais plus française dans un pays aussi injuste et que j’avais envie de mourir)…

Je suis démolie par l’injustice, actuellement. Ce que vous pourrez me dire a très peu de chance de m’aider, j’en suis désolée. Je ne pense pas pouvoir m’en sortir et je n’en ai pas l’envie, si c’est pour vivre dans un tel Monde… Merci de m’avoir lue, en tout cas.

Merci.

Si vous voulez m’aider financièrement pour ma thérapie EMDR, c’est 50€ la séance et je suis au RSA. J’ai honte de demander mais c’est, vulgairement, la déch’.

Ps : J’ai décidé de poster cette publication en Public : partagez le plus possible !

Pps : J’ai le droit de citer les noms et les adresses qui ont été mentionnés lors du procès, car le procès s’est tenu publiquement en date du 17 Janvier 2017 (avec rendu de jugement le 14 Février 2017, me faisant encore attendre et espérer pour rien), devant 60 personnes, et non à Huis-Clos (donc 60 personnes qui se sentaient extrêmement mal à l’aise ont été obligées de subir tous les détails vis à vis de qui a mis quoi dans mon corps sans mon consentement…). »

Pour soutenir la collecte, c’est ici !

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