Sans toit ni loi

Je reprends l’activité de cette catégorie avec un nouvel article.
Plutôt « simple », ce genre de chose peut arriver à tout le monde. C’est sûrement déjà arrivé à certains(es) d’entre vous.
Qu’importe. 
Il est très important de dire les choses. Et de dénoncer les injustices.
Voici le témoignage.

 

En Novembre 2013 j’ai emménagé dans un appartement à Nice avec une amie. (Dont je ne dirais pas le nom, car elle n’a rien à voir avec mon choix de procédure.) Notre propriétaire, Monsieur Mario Santini, nous a fait signer le bail sur le comptoir du Centre Commercial « Nice Étoile » et non pas à l’appartement.
Ça donne déjà le ton pour la suite…

Pour l’État des Lieux Entrant, il n’était pas présent. Nous l’avons complété en même temps que le locataire précédent, faisant lui son État des Lieux de Sortie.
Sur l’État des Lieux, nous avions bien stipulé que la cuisine n’était pas en état. En effet, des vieux meubles et des plaques de cuisson qui ne fonctionnaient pas correctement. (Voir pas du tout. Court-circuit et autre petites choses pas du tout inquiétantes…)

Sur ce, quelques semaines après avoir emménagé, les meubles de la cuisine nous sont tombés dessus. Se décrochant littéralement du mur. Laissons de côté la dangerosité de la situation, nous avons donc fait venir un expert. Il a constaté un dégât des eaux dans les murs derrière la cuisine. Datant du locataire nous précédant. Qui ne s’en était visiblement pas occupé. (N’ayant vécu que quelques mois dans l’appartement en question.)
Ma copine et moi avons fait un devis d’assurance à AXA, mon ancienne assurance immobilière de l’époque. Les murs étaient humides, d’où le fait que les meubles nous sont tombés dessus.

Mon amie et moi avons vécu plus de trois mois sans cuisine. N’utilisant que le micro-onde pour manger et devant faire la vaisselle dans la douche ! (Oui, oui ! Très hygiénique, donc…)
Ma colocataire a fait une dépression à force de manger des plats au micro-onde et de devoir faire la vaisselle en se douchant. Alors, j’ai pris sur moi d’acheter une nouvelle cuisine.
Car, si nous devions attendre après le propriétaire… Eh bien, nous attendrons encore !
J’en ai néanmoins parlé au propriétaire lors de l’achat. Il ne voulait prendre en charge que les plaques de cuisson. Le prix le plus bas de gamme, bien évidemment.
Nous lui avons donc demandés s’il voulait récupérer ses anciens meubles moisis, que nous avons gardé au cas où. Il a refusé.
Sur ce, nous nous étions mis d’accord que la cuisine m’appartenait, puisque je l’avais payé moi-même. (Sauf les plaques.) Encore une fois, il était d’accord.

Les photos que je poste représentent les murs moisis et le micro-onde comme seule source de cuisson. Pas d’évier, ni de meuble. Nous gardions notre vaisselle dans quelques cartons, entreposée au milieu du salon :

 

 

Le temps est passé, en Janvier 2015 ma colocataire est parti à Paris et je suis restée seule à l’appartement. Puis, en Novembre 2017, j’ai envoyé ma lettre pour résilier mon bail, car je devais quitter Nice. Sur la lettre j’ai mentionné le remboursement de ma caution ET de ma cuisine.
Ma caution étant de 795 Euros et ma cuisine 1000 Euros, avec factures comme preuves à l’appui.
Mais, en signe de bonne volonté, j’avais baissé le prix de la cuisine à hauteur du prix d’un loyer, soit 800 Euros au lieu de 1000 Euros.

Je suis partie fin Janvier 2018. Je suis allée en Irlande, où j’ai été Sans Domicile Fixe durant cinq mois. Pendant ce temps, j’ai envoyé des centaines de mails, des dizaines de sms et une lettre en recommandé à mon ancien propriétaire, car il ne me remboursait toujours pas ma caution.
Il a mis dix mois (au lieu des trois mois réglementaire !) pour effectuer le remboursement QUE de ma caution et non pas de ma cuisine.

Sur ce, de nouveau, centaines de mails, sms et autre joies administratives que la France affectionnent tant, pour avoir le remboursement de ma cuisine.
M’attendant à un futur mauvais coup de sa part, j’ai commencé à contacter mon avocate, juste au cas où. Et le cas où est arrivé, suite à sa mauvaise volonté évidente, j’ai saisi le Tribunal d’Instance de Nice ainsi que la Direction Départementale de la Cohésion Sociale des Alpes-Maritimes, sur l’avis de mon avocate.

Après avoir signé une quantité de papiers et faisant photocopies sur photocopies, j’ai pu saisir le Tribunal. (Saisie gratuite, si un jour vous en avez besoin.)
Seulement, pour la Mission de Conciliation, ils me demandaient d’être présente.
J’ai mis des jours et des jours à leur expliquer que je vivais et travaillais en Irlande et que je ne pouvais pas me déplacer sur Nice. (N’ayant pas d’argent, puisque c’était justement LA raison du litige !)
J’ai donc demandé à une amie de me représenter. Melle Audrey. J’ai signé une fiche de procuration pour lui donner tous les droits et parler en mon nom.

Bien évidemment, le prix que j’avais fait à mon ancien propriétaire ne tenait plus. C’était 1000 Euros qu’il me devait, et pas moins.
Je passerai les autres histoires, comme les 200 Euros que je payais par an pour « le fonctionnement » de l’immeuble avec l’ascenseur qui ne fonctionnait en réalité que tous les deux jours. Ou, lorsque j’ai dû changer les pièces de plomberies usagées pour les toilettes et qui m’ont seulement coûtés 500 Euros que le propriétaire a, évidemment, refusé de me rembourser. (Mais, c’était ça ou je pissais par la fenêtre, alors…)

Le mardi 18 Décembre 2018, la Mission de Conciliation s’est organisée à la Direction Départementale de la Cohésion Sociale de Nice. Mon amie s’est donc rendue là-bas pour me représenter. Évidemment, ça s’est très mal passé. Mon ancien propriétaire est arrivé dans son 4X4 flambant neuf. Il faut savoir qu’il réside à la « Corniche Fleurie », le quartier chic de Nice. Et qu’il est propriétaire de plusieurs appartements dans cette même ville. Ça donne le ton, une fois de plus.

Le propriétaire m’a traité de menteuse, disant que j’ai rajouté le mauvais fonctionnement de la cuisine à la main sur l’État des Lieux Entrant. Disant également que les photos prises ne correspondaient pas à son appartement.
Il s’est également permis de juger la relation entre ma colocataire et moi, en disant :
« Sa mauvaise relation amoureuse ». Outre le côté absolument homophobe, sa remarque était plus que déplacé, n’ayant aucun rapport avec le litige en question.
Dans le même genre, il s’est permis de juger mon amie Audrey, qui me représentait :
Lui – Vous êtes locataire ou propriétaire ?!!
Elle – Pourquoi, ça n’a aucun rapport ?
Lui – Je ne suis pas votre propriétaire, non ?
Elle – Dieu merci, non !

Il essayait de se défendre avec des absurdités en levant le ton.
Et disant que, je cite : « Votre amie va sûrement faire appel et perdre du temps et de l’argent dans les procédures ! »
Alors déjà, non, les procédures sont gratuites.
Et oui, je perds du temps. C’est ce que tous propriétaires espèrent. En arnaquant les « jeunes » locataires, ils espèrent que ces derniers ne saisiront pas le Tribunal. Par manque de temps et manque d’informations. C’est d’ailleurs comme ça que la plupart des personnes se font avoir par des propriétaires aussi malhonnêtes que lui.
Il est vrai, j’en conviens, que je manque de temps.
Je vis en Irlande, j’ai deux boulots dont un très épuisant, j’ai plusieurs gros projets sur lesquels travailler et je dois faire beaucoup d’examens à cause de ma santé. Un procès pour une chose aussi stupide ne m’est d’aucune utilité. Mon ancien propriétaire pense donc que je vais abandonner pour tout ça.

Alors, c’est pour ça que je continue…

Je tiens à remercier grandement mon amie Audrey, qui a tenu tête à mon propriétaire ainsi que tous les autres juges qui lui donnaient raisons.
Elle m’a défendu comme personne.
Mais face à l’injustice, quoi faire ?
L’écrire…

Et faire appel.

J’ai envoyé un mail en Janvier 2019 au Tribunal d’Instance de Nice.

« Concernant la Mission d’hier, j’ai eu un résumé de Melle Audrey Valentin.

Je ne suis évidemment pas satisfaite de la décision prise par la Mission de Conciliation. Je me doutais fortement que mon ancien propriétaire refuserait l’accord à l’amiable.

Je sais qu’il pense que mon manque de temps pourrait lui être favorable pour que j’arrête les poursuites. Mais non. Même si je n’ai effectivement pas le temps avec mes deux jobs, mes examens médicaux et mes visites chez les docteurs, je ne peux pas laisser passer ça.
Déjà, parce qu’il me doit l’argent. Il me doit 1000 Euros. Il me rembourse. Point. Et j’en ai besoin. Maintenant.

Je sais que sa mauvaise foi et sa seule défense. Venir avec des documents imprimés de « Amazon » pour montrer les cuisines bas de gamme qui existent, c’est vraiment insensé. Il était d’accord pour jeter sa vieille cuisine moisie. Les photos que j’ai prises reflètent la triste réalité de la situation dans laquelle je vivais avec ma colocataire.
Inutile donc, de sa part, de me traiter de menteuse, de sous-entendre des relations amoureuses que j’aurais eu avec ma colocataire et qui n’ont absolument aucun rapport avec le litige en question ou de faire croire que ces photos ne viennent pas de son appartement.
Si.
Si, et nous avons vécus comme ça durant plus de trois mois.
Sa mauvaise foi reste donc son seul moyen de défense et mon manque de temps et ma santé peuvent jouer en ma défaveur, mais je continuerai.
Parce que j’espère qu’un jour, les gens comme moi puissent avoir la justice que l’on mérite auprès des gens comme lui.
Ma décision est prise depuis longtemps.
Je continue. »

Après des mois et des mois de courriers, une nouvelle séance devait se tenir le 22 Mars 2019 au Tribunal d’Instance de Nice. Je n’ai étais prévenu que quelques semaines auparavant et j’ai immédiatement envoyé un courrier pour leur expliquer ma situation actuelle :

« 9 Mars 2019 :
Comme vous pouvez le constater, ou tout du moins le deviner via mon adresse d’envoi, je réside et travail à l’étranger. En Irlande. Il m’est donc impossible pour moi de venir jusqu’à Nice.
Surtout dans un délai aussi court (22 Mars).
De plus, si j’en suis à exiger de la part de mon ancien propriétaire de me rembourser tout ce qu’il me doit, c’est également dû au fait que je n’ai pas les moyens de faire autrement. Et donc aucun moyen financier de payer un billet d’avion allé/retour pour la séance sur Nice.
Je n’ai ni famille, ni relation quelconque à Nice susceptible de me représenter.
Si toutefois un avocat ou une partie peut le faire pour moi, être présent en personne à ma place, cela serait parfait. »

Bien sûr, je n’ai reçu aucune réponse sur le moment.
Uniquement APRÈS la date de l’audience où le Tribunal m’a envoyé un courrier concernant leur décision de radiation de l’affaire :

Après ça, durant les mois de Mars, Avril et Mai, j’ai envoyé des courriers pour contester la décision de radiation en expliquant ce que visiblement, ils n’arrivaient pas à comprendre :

« Je vous ai adressé un courrier datant du 9 Mars 2019 qui explique pourquoi je ne pouvais pas me présenter au Tribunal ce jour-là. Ni aucun autre jour, d’ailleurs.
C’est la raison pour laquelle je vous avais envoyé un courrier avant la date de l’audience.
[…]
Et, cela n’a pas changé non plus : N’hésitez pas à me téléphoner pour en discuter.
Car, j’essaye en vain depuis des semaines de contacter le numéro ci-dessous :
04.92.17.30.01
Cependant, cela ne fonctionne jamais. Ça sonne toujours. Encore et encore et jamais personne ne décroche.
Il est pourtant préférable de privilégier les mails ou appels, que les lettres qui prennent beaucoup plus de temps à parvenir. Comme vous pouvez le constater.
[…]
Donc non, je ne suis pas favorable à la radiation et je souhaite continuer mes démarches.
Cependant, il faut bien comprendre que je ne pourrais pas être physiquement présente à Nice pour ce faire. Car je vis en IRLANDE. »

Mes courriers précisaient la même chose. J’essayais en vain de leur faire comprendre que je vivais à l’étranger et que je ne pouvais PAS me présenter à l’audience, c’était la raison pour laquelle il me fallait une personne qui puisse me représenter.
Bien entendu, personne ne l’a fait en mon nom. J’étais, et je suis encore seule face à l’injustice qui privilégie les propriétaires plutôt que les locataires arnaqués.

Il est impossible de joindre par téléphone le Tribunal d’Instance. J’ai essayé à de nombreuses reprises, sans succès. Ils ne fonctionnent pas non plus par e-mail. Le courrier est donc la seule façon de communiquer, ce qui rallonge considérablement l’attente.

En Avril encore, ça continuait.
À chaque fois, ils m’envoyaient un courrier avec cette même excuse. Et à chaque fois, je répondais avec la même explication en espérant qu’un jour, ils puissent comprendre.
Visiblement non, bien entendu.

En Mai 2019 j’ai reçu un courrier expliquant qu’ils enterraient l’affaire.
Par simplicité ou manque d’implication, je ne saurais le dire.

Je sais uniquement que les faits sont là : mon ancien propriétaire Mr Mario Santini, fait louer en ce moment-même mon ancien appartement à un nouveau locataire avec MA cuisine que j’ai payé MOI-MÊME.
Et qui ne me sera donc, jamais remboursé.

Alors, c’est ça la justice ?
Devoir payer de sa poche une chose aussi élémentaire qu’un évier et des placards dans un appartement pour survivre dans une hygiène basique et, par la suite, se faire arnaquer ?
Bon, l’arnaque est partout, bien entendu. Je savais que Santini me poserait problème dès le début.
Cependant, ce qui me désole le plus dans cette histoire, c’est la non-assistance de la justice qui est « censé » aider les gens escroqués. Mais, de nos jours, la justice n’est-elle pas du côté des coupables ? Plaidant pour les voleurs et non les volés ? (Ou les violeurs et non les violés, pour parler de l’article précédent.)

Je terminerai bien en disant : est-ce dans cette justice que vous souhaitez vivre ?
Mais en fait, vous y vivez déjà. Et il n’y a pas de justice.

J’ai mis 6 mois à écrire cet article.
Je le mettais trop souvent de côté par énervement. C’est un sujet délicat qui me fait sortir les griffes. Mais, je pense, que les gens doivent savoir.
Pour les plus courageux qui m’ont lu, merci infiniment.
N’hésitez pas à partager !
Je tiens à remercier mon ami Chris, pour la correction du texte.
Et mon amie Audrey, pour avoir tenu tête devant mon ancien propriétaire.
Il est bon de voir que, malgré l’injustice quotidienne, nous avons quelques personnes sur qui compter…

2 réflexions sur “Sans toit ni loi

  1. c’est scandaleux surtout que la Justice avait toutes les preuves en main. C’est, hélas, partout pareil…
    Visiblement Monsieur a des appartements à louer dans tout Nice, il a du se faire des  » amis »
    tout ça pour 1000 euros, une broutille pour des gens comme lui. C’est écœurant
    courage ma puce

    Aimé par 1 personne

  2. Eh oui, tout ça pour 1000 euros…
    C’est partout pareil, c’est sûr.
    Ne t’inquiète pas pour moi. C’est fini. J’ai perdu, mais je me suis battu. La justice enterre le dossier comme tous les autres dossiers qui méritent justice mais que le pays préfère foutre à la poubelle. Bah ouais, c’est plus simple, tu penses !

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