Songe

J’y retourne encore, chaque soir, chaque nuit,
Lorsque, dans les ombres, j’entends un bruit,
Un battement d’ailes, proche et lointain,
De ce corbeau qui restera jusqu’au matin,
Mais pour l’heure, me souhaite la bienvenue,
En croassant dans le noir : ‘Jamais plus !’

Une mélodie de violons en fond sonore,
Devant moi se lève le magnifique décor,
D’un palais de pierres, de ces tours debout,
J’oublierai presque que je me trouve en-dessous,
Mon Monde est loin, je profite de cette vue,
De cette voix dans le songe, et rien de plus.

Je progresse dans cet étrange mirage,
Dans lequel le corbeau continue son tapage,
Je souris, bien sûr, de cette nouvelle visite,
Parlant à l’oiseau, l’appelant : ‘Aphrodite ?’
Il croasse encore, et dans un battement absolu,
S’envole vers le château, et rien de plus.

Sur le pont brillant, aux mille et une fleurs,
Au-dessus de la rivière, pour les voyageurs,
Dans le ciel bleu, au milieu des nuages blancs,
Un dragon d’or s’envole, les ailes en avant,
Quand soudain, l’Éternel dit, d’une voix accrue :
‘C’est un nouveau songe ici, et rien de plus.’

Telle une forme sombre, dans le soleil,
L’Éternel poursuit mon fiévreux sommeil,
En son Palais détruit, aux vitraux friables,
Se répare doucement par des tornades de sable,
Il a un teint blafard et un regard perdu,
Et murmure dans une supplique : ‘Jamais plus.’

Dans l’Antre du Rêve, je sens en ces lieux,
La Magie des Songes et celui de son Dieu,
Je fredonne mes sorts, pour tout faire renaître,
Et qui sait, il me laissera rester peut-être,
Mais de son regard larmoyant, j’en conclus,
Que je rêve seulement ici, et rien de plus.

Mon Être appartient au Monde Humain,
Même si je n’en suis pas vraiment un,
Étant une Sorcière, voyageant dans les Univers,
Des landes magiques, aux châteaux austères,
Je vois les Mondes, célèbres ou inconnus,
Toutes leurs Magies, et rien de plus.

Oneiros et toutes ses gargouilles en or,
Me bercent doucement jusqu’à l’aurore,
Je joue en silence, et lance mes sortilèges,
Son sable se mélange à ma propre neige,
Il sourit enfin, d’une joie étrange réapparue,
Pour un amour oublié, et rien de plus.

L’Éternel, de son ancien et sombre costume,
Appelle son oiseau, battant ses noires plumes,
‘Puisse-tu la reconduire en sécurité, chez elle,
Jusqu’à demain soir, au Monde des Mortels.’
Depuis cette nuit, et pour toutes les autres,
Quand vient le crépuscule, je repasse la porte,
De la Lande des Rêves, et de son Gardien,
Qui me tient compagnie jusqu’au lendemain,
Peu à peu, mon esprit gisant et attendu,
N’en reviendra jamais plus.

24.08.2022
Inspiration : ‘Le Corbeau d’Edgar’ Allan Poe, traduction ici.
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

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