Loba, Loba

Long et horrible, comme une armée de songes,
La noirceur les habille, comme le Mal qui les ronge,
Long et horrible, comme tous vos beaux mensonges,
Les horreurs qui arrivent, quand le rêve se prolonge.

Grave et pénible, comme un cauchemar à rallonge,
La tristesse les inonde, sans leurs larmes qui s’épongent,
Gave et pénible, comme une ombre que le mur longe,
Les terreurs qui reviennent, quand la nuit noire s’allonge.

Écrit le 27.09.2022 au Pub ‘The Ollie’s’.
Inspiration : chanson ‘Lova, Lova’ de Superbus.
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Une histoire dans une histoire ☘

Là, quand les Pubs ont terminé leurs tapages et que les feuilles mortes tombent sur le pavé mouillé, j’ouvre mon livre, aux feuilles aussi jaunies que l’automne Irlandais, et je plonge dans l’histoire comme une Sirène plongerait dans la mer de Laytown. Lorsque soudain mon carnet brun s’ouvre par magie avec son odeur d’encens et d’humidité qui me fait dissocier pour voyager dans le temps. Enfin, le corbeau ébène revient me voir pour croasser sous le ciel gris et me dire qu’il a vu Mick, et qu’il est de retour. Alors là, je souris et je suis heureuse, car de me voir écrire, les ombres de la nuit et les indifférents savent que je continue mon aventure, et que Mick est toujours ici, en vie.
Demain viendra le vent d’hiver, souffler comme autrefois, en Gaélique Irlandais :
‘Tá mé i ngrá leat, mo chroí. Tabhair póg dom.’
Tantôt en pleurant, sur les vieilles pages et en silence,
Tantôt en bougeant, parce que la folie, ça se danse.

Prison de Cristal

Notes de l’auteure :
Je suis malade. Eh oui, ça m’arrive tout le temps.
Qui dit malade, dit fièvre et dit aussi cauchemars exacerbés…
Comme d’habitude, je vous raconte cette aventure en musique.
Une musique parfaite pour la thématique :
‘Turn Loose The Mermaids’ de Nightwish.


« A kite above a graveyard grey,
At the end of the line,
Far far away,
A child holding on to the magic of birth and awe. »


Je marche sereine, au milieu des Humains qui commencent leurs tapages, en ce jour ensoleillé. Je porte une longue robe blanche, mes longs cheveux coiffés en une grossière tresse tombent dans mon dos. De couleur châtain, comme le plus beau de mes automnes. Mes iris sont également bruns, pour rappeler les feuilles mortes du mois d’octobre.
Je porte aussi un long collier en argent, duquel pend un pendentif en forme de blason avec, en son centre, la lettre ‘M’ écrite d’une façon calligraphique.
Je déambule au milieu d’un hangar géant, fabriqué en bois brut, et qui regroupe plusieurs Humains qui vont et viennent au milieu de la foule.
Je souris.

Qui suis-je ?
Je suis une Sirène. Oui, je peux marcher parmi les Humains, puisque mes jambes ne se changent seulement qu’en queue de poisson lorsque celles-ci sont mouillées. Ce qui n’est pas le cas ce matin-là. Je voulais utiliser ma Magie pour aider les Humains dans leurs occupations quotidiennes. La Magie de l’eau au service des gens de la terre.
Une jolie jeune femme avec des vêtements sombres et un tricorne sur la tête cherche avidement un navire pour réaliser son rêve : Devenir une Pirate.
Je souris et je murmure un sort :
– Atotoilg a chomlae.
La jeune femme rencontre un homme, un Pirate, et ils décident de réquisitionner un bâtiment pour commencer leurs épopées ensemble.

Derechef, je souris et je continue mon travail.
Un couple se dispute juste à côté de moi. Cela me rend triste, je me dirige vers eux pour jeter un nouveau sortilège :
– Awendaþ eft wansæliga neat.
La colère disparaît et l’amour l’emporte.
Je quitte le dépôt immense pour rester dehors et respirer l’air frais, parsemé d’odeur iodée grâce à l’Océan non loin de là.

« Oh, how beautiful it used to be,
Just you and me far beyond the sea,
The waters, scarce in motion,
Quivering still. »


Un jeune garçon, à peine adolescent, vêtu de haillons et le teint blafard essaye de voler les gens autour de lui. Essaye de dérober de la nourriture pour survivre.
Un orphelin, mourant de faim. J’ai l’impression de le connaître lui, de connaître son histoire, comme si je l’avais déjà écrite…
Il y a longtemps, dans un Royaume au bord de l’Océan…
La vieille dame qu’il a essayé de voler se met à hurler, et à crier contre lui. Je vois les autres Humains se regrouper autour du garçon, prêt à le frapper pour un simple morceau de pain.
– Awendaþ eft wansæliga neat !
La foule se disperse et je fais apparaître un pain chaud au creux des mains de l’orphelin, qui me sourit en me remerciant chaleureusement.
Je souris moi aussi.

Il y a une ombre dans le vent.
Je crois qu’une tragédie m’attend.
Parce qu’un homme, dans un coin de la rue, me regarde avec des yeux aussi noirs qu’une nuit sans étoile. Un frisson d’horreur me parcourt l’échine.
Je continue ma route dans le village, cherchant une nouvelle âme à sauver.
Le malaise ne passe pas. Pire, il s’accentue.
Puis, tout devient sombre.

« At the end of the river the sundown beams,
All the relics of a life long lived,
Here, weary traveller rest your wand,
Sleep the journey from your eyes. »

Il est difficile d’ouvrir les yeux, ma tête me fait étrangement souffrir. Petit à petit, je me rends compte que je suis allongée sur un sol en bois, au milieu d’une salle vide, mais grande.
Je mets quelques longues minutes à comprendre que mes mains sont enfermées dans deux énormes menottes en acier, dont une lourde chaîne est reliée à un pilier, à quelques mètres de moi.
Étrange et horrible.
Bien sûr, une fois que j’arrive à retrouver mes esprits, j’observe les menottes massives, et je jette mon sort :
– Tospringe.
Rien ne se passe.
Si, quelque chose se passe : des runes se mettent à briller, d’une couleur dorée, au moment où je jette mon sort, mais que celui-ci ne fonctionne pas.
Je réitère un sortilège de déverrouillage, plus fort que le précédent :
– Forþ fleoge.
À nouveau, les runes rutilantes illuminent mon visage quelques secondes.
Je comprends avec effroi qu’une personne très mal attentionnée a réussi à m’emprisonner par une Magie qui défit la mienne.
Ce n’est pas bon signe.
Pas bon signe du tout…


« Good journey, love, time to go,
I checked your teeth and warmed your toes,
In the horizon I see them coming for you. »


Je vois une ombre dans le coin de la pièce, une ombre mouvante qui avance vers moi. Une fois dans la lumière du jour, je reconnais l’homme qui me regardait étrangement, le matin même.
Ma tête tourne, je me sens encore mal, mais j’arrive cependant à lui demander ce qu’il se passe.
Il sourit d’une façon malsaine en m’avouant fièrement qu’il souhaitait capturer une Sirène pour la vendre au ‘Barnum & Bailey Circus’ et que, malgré mes pouvoirs, il devait utiliser lui aussi une Magie plus sombre encore pour m’empêcher de m’enfuir.
Oh non…
C’est pire que ce que je pensais…

J’essaye de lui expliquer que ce n’est pas bien, que ce n’est pas naturel pour une Sirène d’être emprisonnée dans un aquarium au milieu d’un Cirque.
Cependant, l’Humaine s’en fiche. Il continue de sourire sans changer d’avis et je comprends très vite que mes paroles sont vaines, puisqu’il a déjà pris sa décision.


« The mermaid grace, the forever call,
Beauty in spyglass on an old man’s porch,
The mermaids you turned loose brought back your tears. »


Le lendemain, je marche dans le célèbre Cirque. J’ai toujours les mains menottées devant moi, avec ces énormes et lourdes chaînes en argent, d’une Magie noire qu’il m’est impossible de contrer.
Le fameux Barnum, un homme d’une cinquantaine d’années, vêtu entièrement d’un costume écarlate et doré, aux belles dentelles et d’un sombre haut-de-forme, me regarde d’un œil pétillant de joie.
Oui, une nouvelle attraction pour son Cirque !
Pour l’occasion, il a commencé à construire des fontaines au centre du chapiteau.
Les gens s’activent autour de lui, tout doit être prêt pour l’ouverture.
Tout sourire, Barnum m’explique, en faisant de grands gestes des mains :
– Le tour commencera ici, dans la fontaine, avec toi en Sirène. Sans vitre, les gens pourront être encore plus proches de toi ! Ensuite, le soir, tu iras dans les aquariums juste derrière.
Il se retourne pour me montrer le mur du fond, dans lequel des trous béants abritent des vitres de cristal. Des techniciens installent les aquariums à taille Humaine, avec de l’eau de Mer, et du sable au fond.
Je suis affligée, j’essaye de lui expliquer du mieux possible :
– C’est n’est pas assez grand ! L’aquarium est bien trop petit, je pourrais à peine rester allongé, sans bouger.
Barnum hausse les épaules :
– Ne t’inquiète pas, tu as juste à rester dans l’eau, sourire aux clients et tourner sur toi-même pour le spectacle.
– Mais ce n’est pas naturel ! Vous ne pouvez pas enfermer une Sirène dans une cage si petite ! Je pourrais à peine nager dedans, il n’y a pas de place !
Tout à coup, le regard de l’homme s’obscurcit encore plus et me dit, avec menace :
– Je me fiche éperdument de savoir si ça te plaît ou pas. C’est comme ça et pas autrement.
– Non… Vous devriez me libérer. Vous ne pouvez pas garder une Sirène emprisonnée. C’est mal. Très mal.
Barnum sourit.
J’ai vite compris, ce jour-là, que la nature Humaine cache un côté sombre, ténébreux, alimenté par le Mal, le pouvoir et l’argent.
Tout ce que Barnum possédait déjà, mais désirait encore plus.
En m’utilisant comme nouvelle attraction touristique.

« At the end of the river the sundown beams,
All the relics of a life long lived,
Here, weary traveller rest your wand,
Sleep the journey from your eyes. »

Le soir même, tout est prêt pour le grand spectacle.
Barnum a laissé mes menottes aux poignets, en enlevant la chaîne du milieu.
Vue de loin, je porte simplement des bracelets étranges qui, malheureusement, bloquent ma Magie et m’empêchent de m’enfuir.
Le rideau se lève, le public est déjà présent, et je marche vers l’aquarium pour me jeter dedans.
Au moment où mes jambes touchent l’eau, des écailles émeraude commencent à émerger sur ma peau pâle, jusqu’à tout recouvrir. Une queue apparaît à la place de mes pieds et un cache-poitrine en écailles et en coquillages émergent sur mon torse.
Comme je le présageais, l’aquarium est beaucoup trop petit. Je peux à peine m’allonger dedans et il n’y a absolument rien à l’intérieur. Pas de poissons, d’algues ou d’autres belles choses que je peux retrouver dans les Océans du Monde.
Rien.
À part les yeux hagards des gens qui me fixent depuis l’extérieur.
Tantôt époustouflés, tantôt apeurés, en me regardant comme un monstre.

« At the end of the river the sundown beams,
All the relics of a life long lived,
Here, weary traveller rest your wand,
Sleep the journey from your eyes. »


C’est un silence pesant qui tombe sur moi. Parfois détruit par des clients qui tapent sur la vitre de l’aquarium pour me faire bouger. Un sentiment de tristesse intense envahit mon corps, et mes doigts tremblants touchent le long collier en argent que je porte encore à mon cou et qui flotte dans l’eau.
Je sers fermement le ‘M’ au creux de mes poings et je prie.
Mais à qui demander de l’aide ?
À quel ‘M’ demander de l’aide ?
Dois-je appeler Morphée ?
Le Gardien des Rêves et des Cauchemars pour qu’il me sorte de ma prison de cristal ?
Ou dois-je appeler Mick ?
Le seul qui peut me ramener dans le Monde des Vivants ?
Je ne sais pas.
En tout cas, je prie M.


Puis, je me suis réveillée…

25.08.2022
Cauchemar similaire : ‘An Maighdean Mhara’
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Songe

J’y retourne encore, chaque soir, chaque nuit,
Lorsque, dans les ombres, j’entends un bruit,
Un battement d’ailes, proche et lointain,
De ce corbeau qui restera jusqu’au matin,
Mais pour l’heure, me souhaite la bienvenue,
En croassant dans le noir : ‘Jamais plus !’

Une mélodie de violons en fond sonore,
Devant moi se lève le magnifique décor,
D’un palais de pierres, de ces tours debout,
J’oublierai presque que je me trouve en-dessous,
Mon Monde est loin, je profite de cette vue,
De cette voix dans le songe, et rien de plus.

Je progresse dans cet étrange mirage,
Dans lequel le corbeau continue son tapage,
Je souris, bien sûr, de cette nouvelle visite,
Parlant à l’oiseau, l’appelant : ‘Aphrodite ?’
Il croasse encore, et dans un battement absolu,
S’envole vers le château, et rien de plus.

Sur le pont brillant, aux mille et une fleurs,
Au-dessus de la rivière, pour les voyageurs,
Dans le ciel bleu, au milieu des nuages blancs,
Un dragon d’or s’envole, les ailes en avant,
Quand soudain, l’Éternel dit, d’une voix accrue :
‘C’est un nouveau songe ici, et rien de plus.’

Telle une forme sombre, dans le soleil,
L’Éternel poursuit mon fiévreux sommeil,
En son Palais détruit, aux vitraux friables,
Se répare doucement par des tornades de sable,
Il a un teint blafard et un regard perdu,
Et murmure dans une supplique : ‘Jamais plus.’

Dans l’Antre du Rêve, je sens en ces lieux,
La Magie des Songes et celui de son Dieu,
Je fredonne mes sorts, pour tout faire renaître,
Et qui sait, il me laissera rester peut-être,
Mais de son regard larmoyant, j’en conclus,
Que je rêve seulement ici, et rien de plus.

Mon Être appartient au Monde Humain,
Même si je n’en suis pas vraiment un,
Étant une Sorcière, voyageant dans les Univers,
Des landes magiques, aux châteaux austères,
Je vois les Mondes, célèbres ou inconnus,
Toutes leurs Magies, et rien de plus.

Oneiros et toutes ses gargouilles en or,
Me bercent doucement jusqu’à l’aurore,
Je joue en silence, et lance mes sortilèges,
Son sable se mélange à ma propre neige,
Il sourit enfin, d’une joie étrange réapparue,
Pour un amour oublié, et rien de plus.

L’Éternel, de son ancien et sombre costume,
Appelle son oiseau, battant ses noires plumes,
‘Puisse-tu la reconduire en sécurité, chez elle,
Jusqu’à demain soir, au Monde des Mortels.’
Depuis cette nuit, et pour toutes les autres,
Quand vient le crépuscule, je repasse la porte,
De la Lande des Rêves, et de son Gardien,
Qui me tient compagnie jusqu’au lendemain,
Peu à peu, mon esprit gisant et attendu,
N’en reviendra jamais plus.

24.08.2022
Inspiration : ‘Le Corbeau d’Edgar’ Allan Poe, traduction ici.
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Les yeux au ciel

Je lève les yeux au ciel,
Vers les nuages sombres dans la pluie,
Sous une vie mortelle,
Ces nuages noirs dansent dans la nuit.

L’eau claire inonde la lande,
Mes soirs en été passés à te pleurer,
Depuis la France, depuis l’Irlande,
Chaque seconde sobre enfin étanchée.

Vois comme je rêve,
Vois comme je cauchemarde,
En histoires brèves,
En songes qui tardent.

Je donne au ciel,
Ces Nouvelles légendaires,
Qui nous semblaient réelles,
Dans le creux de l’Enfer.

Les flammes inondent la terre,
Mes jours au Q.G passés à t’enterrer,
Où chaque seconde est un cri austère,
Où chaque minute est une vie volée.

Vois comme je pleure,
Vois ce que je perds,
En larmes et en sueur,
En sang et en air.

J’espère qu’au ciel,
Un Ange familier,
Te gardera sous ses ailes,
Jusqu’au jour dernier.

Mais chaque minute,
Et chaque seconde,
Sont une nouvelle lutte,
Sont une nouvelle tombe.

22.08.2022
Inspiration : ‘Les Yeux au ciel’ de Louis Garrel
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Mirage

J’ai vécu un cauchemar,
Il y a 5 ans ce soir,
Arrivé par terreur,
Plein de Monstres et Chasseurs,
D’une couleur vermeille,
Qui hante encore mon sommeil,
J’aurais dû, ce mirage,
Le laisser dans sa cage.

Des yeux bleus translucides,
Avec un air émouvant,
Un amour trop rapide,
Ce n’est pas souvent,
Quelques fantômes du passé,
De profonds traumas,
Même un réveil effréné,
Ne me ramène pas.

Il hurle en silence,
Et il crie sans voix,
En attendant sa sentence,
Et si je ne l’aide pas,
Ses ennemis reviendront,
Le doigt sur la gâchette,
Et mourra de toute façon,
D’une balle dans la tête.

Grâce à mes sortilèges,
De Sorcière Blanche,
J’ai brisé leurs pièges,
Ce matin du dimanche,
Le Q.G était désert,
Je dois attendre patiemment,
Des orphelins solitaires,
Il n’y en a pas cent.

Il sanglotait dans le noir,
Lorsque je l’ai secouru,
Au milieu du cauchemar,
Nous avons disparu,
En quittant le Bunker,
Courant dans la lande,
Deux âmes pour un cœur,
Nous fuyions en Irlande.

21.08.2022
Inspiration : ‘La Lettre’ de Renan Luce.
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

In Memoriam

Portons nos songes ailleurs, viens, le temps est arrivé,
Laisse partir ton esprit, derrière cette porte de cellier,
Par l’amour, gageons que la chasse soit close,
Mais je vois ton retour, couvert d’ecchymoses.

Mes yeux reverront nos larmes, dans l’océan azur,
Et le son d’un refrain mélancolique et pur,
Sonnant le début et l’éternité de notre rencontre,
Qu’à jamais les souvenirs nous montrent.

Je les entends ces chansons, le jour comme le soir,
Elles accueillent nos âmes dans les cauchemars,
Nous considérant tantôt de Monstres, de Chasseurs,
Tantôt de Fantômes, dans nos échos de pleurs.

18.08.2022
Inspiration : Lord Alfred Tennyson ‘In Memoriam A.H.H.’
Copyright © 2021 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Entrez dans le rêve – Histoire

« Ramenez le drap sur vos yeux,
Entrez dans le rêve,
Reprendre la vie des autres où on l’a laissée,
Quand le jour s’achève. »


Il faisait nuit.
Une nuit noire, où seule la pleine lune et les étoiles rutilantes dans l’immensité du ciel éclairaient la scène sous nos yeux.
Nous étions sur une plate-forme de béton. Derrière nous se dressait une imposante maison, comme un manoir dans les ombres menaçantes. En face de nous, un lac géant qui nous entourait de toutes parts. Nous pouvions cependant apercevoir la rive de l’autre côté, camouflée dans la pénombre de minuit.
Nous ?
J’étais avec ma jeune sœur, Helya, des amis et mon petit-ami.
Moi, je m’appelle Alisone.
Comme souvent, je porte une robe aussi noire que la nuit, avec des grosses chaussures aux pieds et mes longs cheveux châtains coiffés en une tresse qui bougeait à chacun de mes pas dans mon dos.
Une hystérie collective s’était emparée de notre groupe. Et ce, pour une très bonne raison :
La maison, derrière nous, n’était pas vide.
La maison abritait un dangereux personnage.
Un tueur.
Que dis-je ?
Un psychopathe, un Tueur en Série.

Entre la plate-forme et la rive, il y avait ce lac aux eaux profondes et obscures, avec des courants violents qui formaient des vagues terribles. Je savais que ma sœur avait la phobie des eaux noires, sans fond, aux vagues enragées. De plus, il n’y avait aucune barque amarrée à notre plate-forme pour nous échapper.
Pour rajouter un danger de plus dans cette situation critique, le psychopathe de la maison se décida de sortir pour nous attraper.
Et nous tuer.
Au moment même où il ouvrit la porte d’entrée, je me suis jetée dessus pour empêcher la poignée de tourner. Il me fallut toutes mes forces pour garder la porte close, en la tirant violemment vers moi, tandis que l’homme poussait en cognant dedans avec véhémence.
Ma sœur et le groupe tout entier se mirent à paniquer, en hurlant à plein poumon dans la nuit.
Nous devions trouver une solution.
Et vite.

« Voir les couleurs voir les formes,
Enfin marcher pendant que les autres dorment,
Voir les couleurs voir les formes. »

La magie.
Ma magie.
Une solution évidente.
Je tenais fermement la porte de ma main gauche, et de la droite, je jetai mon sort sur cette dernière :
Atot-oilg a chomlae.
Un clic retentit.
La serrure se verrouilla et j’en profitai pour me tourner vers ma sœur et nos amis. En levant mes mains vers eux, je me suis mise à hurler :
Awendaþ eft wansæliga neat !
Lentement, ils commencèrent à quitter le sol, s’envoler de quelques centimètres au-dessus de la plate-forme. Je devais désormais les diriger vers la rive d’en face.
Lorsque j’ai entendu, dans mon dos, le psychopathe qui attaquait la porte à coups de hache.

« Les villes sont des villes bordées de nuit,
Et peuplées d’animaux qui marchent sans bruit,
Toujours dans votre dos la peur qui vous suit,
Toujours dans votre dos. »

La serrure se brisa et l’homme commença à ouvrir la porte, dont j’attrapai la poignée pour la tirer vers moi et, ainsi, la maintenir fermée.
Une main utilisait ma magie sur le groupe et l’autre gardait le battant clos.
Ces efforts me demandèrent de puiser dans mes retranchements.
Ma sœur hurla dans les ombres.
Le groupe entama sa descente vers les eaux noires.
Ma magie faiblissait.
Ablinn ðu forlæte ðu nu !
Le groupe gagna quelques centimètres de plus au-dessus des vagues agitées. Je devais encore les diriger vers la rive, tout en les maintenant en l’air et en tenant la poignée.
Le Tueur continuait de pousser la porte vers moi pour sortir.
Parfois, il arrivait à passer une main à travers celle-ci pour m’attraper et me tirer vers lui.
Il était très difficile de me concentrer sur ma magie et le réel.
Je devais donc rapidement envoyer le groupe sur les berges d’en face.
Awendaþ eft wansæliga neat !
Mes dernières ressources magiques furent utilisées dans ce sort. Ma sœur et nos amis tombèrent enfin en sécurité de l’autre côté des vagues ébène.
Au moment où j’appréciai ma victoire, je me rendis compte d’une chose affreuse :
Le groupe de survivants était composé de ma sœur et de nos amis.
Néanmoins, je n’avais pas vu mon compagnon parmi ce groupe.
Cela signifiait une seule chose.
Une seule chose atroce.
Mon copain, Jughead, se trouvait encore à l’intérieur du manoir.

« Ramenez le drap sur vos yeux,
Entrez dans le rêve,
Allumez l’écran merveilleux,
Quand le jour s’achève. »

Encore à bout de souffle, j’ouvris la porte d’un seul coup, en grand. Le Tueur fut surpris et je profitai de cet instant pour tendre ma main vers lui, en hurlant :
Forþ fleoge !

La force du sort m’affaiblit une nouvelle fois. Mais l’homme fut jeté dans les entrailles de la maison, et je commençai moi-même à passer le pas pour m’y diriger à mon tour.
Le couloir était sombre, décrépi, la tapisserie se décollant et tombant le long des murs sales. Le sol recouvert de plusieurs objets posés çà-et-là sans utilité aucune.
Au détour du corridor, je pénétrai dans la première pièce sur ma gauche. Un immense salon tout aussi encombré que le reste du manoir. Une ampoule pâle au plafond éclairait faiblement la pièce d’un jaune sordide. Au fond de cette dernière, se trouvait le Tueur, encore un peu sonné par mon sortilège.
Je m’apprêtai à quitter ce salon immonde, lorsque quelque chose attira mon attention.
Au sommet d’une pile de vêtements, et de divers vieux artefacts, se trouvait un simple bonnet.
Un bonnet gris, en laine, usé par endroit.
Un bonnet que je reconnus facilement, puisque d’ordinaire, il ne quittait jamais la tête de Jughead.
Mon ventre se noua et un horrible pressentiment s’empara de mon âme.

« Retrouver l’amour blessé,
Au fond du tiroir où on l’avait laissé,
Retrouver l’amour blessé. »

Le psychopathe profita de mon temps d’hésitation pour se jeter sur moi, avec un énorme couteau de boucher en main. J’ai réussi à parer le coup de justesse.
Je tombai sur le dos, sur cette moquette tout aussi répugnante que le reste du bâtiment.
Le Tueur était plus grand et plus musclé que moi, il essayait vainement de me poignarder. Je luttai de toutes mes faibles forces, gardant les bras tendus et les jambes tambourinant le sol.
Même à bout de souffle, je me suis mise à hurler :
– Où est Jughead ?!
L’homme sourit étrangement. Avec un air machiavélique qui lui déformait le visage.
Énervée, je lui assénai un violent coup de tête, qui me fit tout aussi mal qu’à lui. D’un coup de pied bien placé, je le fis basculer sur le côté pour reprendre ma respiration.
Dans la lutte, son téléphone portable tomba de sa poche.
Mais ce n’est pas cela qui attira mon attention.
Je me levai d’un bond pour commencer à frénétiquement fouiller la salle. Je retournai toutes les piles de vêtements, d’objets. Je tirai les meubles anciens, jetai les bric-à-brac de bibelots inutiles et encombrants. Je cherchai mon copain en hurlant son prénom dans la maison sinistre :
– JUGHEAD ?!
La panique me gagna lorsque, derrière moi, le Tueur se leva à son tour pour se jeter derechef sur moi avec violence. Il attrapa mes jambes, pour me faire glisser sur le sol abject, et me ramener vers lui. Au milieu de la pagaille, j’ai repéré son téléphone portable. Un vieux mobile, non-tactile, et sans code de verrouillage.
J’ai tendu mes bras de toutes mes forces pour attraper l’objet du bout de mes doigts.
Lorsque le psychopathe me tira vers lui, j’avais déjà le portable en main, composant un numéro de téléphone.
Un numéro assez évident :
911

« Découper le Monde à coups de rasoir,
Pour voir au cœur du fruit le noyau noir,
La vie n’est pas la vie ni ce qu’on nous fait croire,
La vie n’est pas la vie. »

Pourtant, ce n’est pas cela que j’avouai face à l’homme. J’apportai le mobile à mon oreille pour faire semblant d’être au téléphone avec… Jughead.
– Où es-tu ? … OK, Jughead, je viens te chercher !
J’ai laissé le téléphone ouvert pour que le 911 puisse m’entendre.
Pour l’instant, le Tueur me reluqua méchamment, sa lame étincelante entre lui et moi, cherchant mon sang. En essayant de garder mon calme, je dis à l’homme :
– Je sais où se trouve Jughead…
Je me forçai à sourire.
Lui, il maintient facilement son rictus informe, en crachant presque :
– Impossible.
Bien sûr que c’était impossible !
Néanmoins, j’essayai ardemment de bluffer pour sauver mon compagnon. Je ne savais pas où il se trouvait, mais j’espérai vraiment que le Tueur me l’avoue sans le vouloir. Je voulais le piéger. Étrangement, cela fonctionna.
Le psychopathe se pencha vers moi, ses dents jaunes en avant et son arme en main, murmurant :
– Impossible… Jughead ne peut pas parler… À l’heure qu’il est, il doit manquer d’air dans mon armoire fermée à clef.
Crétin.
Je souris derechef en donna un énorme coup de pied dans son visage nauséabond.
Je me suis mise à hurler vers lui :
Ic bebeode þisne sweord þæt hé forcierfe þá bende þæra dracan un clýse !
L’homme cria à son tour de toutes ses forces, jeté contre le mur encombré.
Enfin, je pris la poudre d’escampette pour quitter ce salon et grimper les escaliers en bois, croulant sous le poids du bordel sur toutes les marches.

« Les villes sont des villes bordées de nuit,
Et peuplées d’animaux qui marchent sans bruit,
Toujours dans votre dos la peur qui vous suit,
Toujours dans votre dos. »


Je continuai de courir, courir, courir, jusqu’à arriver au premier étage, cherchant rapidement une chambre. La plupart des portes étaient verrouillées, et j’utilisai le même sort pour les ouvrir par magie :
Tospringe !
Dans la quatrième salle, j’ai enfin trouvé une armoire immense, magnifique, aux sculptures splendides qui me donnait envie d’ouvrir le battant pour me rendre dans le Monde de Narnia.
Le souffle à moitié coupé, je puisai dans mes forces restantes pour murmurer vers la poignée :
Forþ fleoge !
Un clic retentit.
Et Jughead tomba dans mes bras.

Lui aussi était à bout de souffle, mais pas pour la même raison que moi. Enfermé dans le placard depuis Dieu seul sait combien de temps, il n’avait plus beaucoup d’air pour respirer.
Nous avions tous les deux les larmes au bord des yeux, de panique et de joie.
Il esquissa un sourire avant de m’embrasser.
.
.
.
Puis, je me suis réveillée…


« Ramenez le drap sur vos yeux,
Entrez dans le rêve,
Reprendre la vie des autres où on l’a laissée,
Quand le jour s’achève. »

14.08.2022
Chanson : ‘Entrez dans le rêve’ de Gérard Manset et reprit par Nicola Sirkis.
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Le Vertige ❄

Ce poème est très étrange.
Je me suis inspiré de la chanson ‘Le tournis’ de Nolwenn Leroy, tout en écoutant l’album ‘Éternelle’ de Najoua Belyzel avec les reprises des chansons de Marie Laforêt en son hommage.
Du coup, j’ai fait un petit saut dans le temps en me retrouvant fin Octobre/début Novembre 2021, lorsque mon copain et moi étions cloués au lit pendant 2 semaines à cause du Covid.
Les photos pour illustrer ce poème datent donc de cette période de maladie.


Ça me donne le vertige,
Même quand j’y pense,
Ça me donne le vertige,
Les flocons qui nous obligent,
D’accroître notre vigilance.

Ou dans le train gris de l’hiver,
Dans les montagnes immenses,
Ça me donne le vertige dans l’air,
Et un peu d’impuissance.

Du gris pour le ciel,
Et une prière pour ceux,
Qui brisent le gel,
Pour les plus valeureux.

C’est justement l’hiver,
Et je t’écris ce poème,
J’ai remué ciel et terre,
Pour te dire ‘Je t’aime’.

Le noir du ciel est passé,
Il est tout blanc et tout gris,
Je voulais voir la neige tomber,
Mais le vertige vole nos vies.
Et je vois tout qui danse,
C’est le vertige, je pense.

Ça me donne le vertige,
Même quand j’y pense,
À tous nos vestiges,
Nous étions la résistance,
Et des Soldats prodiges.

Ça me donne le vertige,
Même quand j’y pense,
Est-ce donc un prestige ?
D’accepter l’obéissance,
Tel un homme-lige ?

Et tout ça recommence,
Demain ce sera lundi,
Avec ces cauchemars intenses,
Ça me donne le vertige aussi.
Ça tourne autour de moi,
Ça tourne autour de toi.


Inspiration : ‘Le tournis’ par Nolwenn Leroy.
07.08.2022
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Thread Horror – Histoire Vraie 🐾


Je suis née dans le Gers, dans le Sud-Ouest de la France. Lorsque j’ai eu 23 ans, j’ai déménagé à Nice, dans le Sud-Est, pour mes études. J’ai aménagé dans un appartement et j’ai adopté un Bouledogue Français.
Ma sœur, mon père et moi partageons la même passion des feux d’artifices. Dès que l’occasion se présente, on part en voir un quelque part. Et à Nice, je suis gâtée ! Entre le Nouvel An, le Carnaval de Mars, le 14 Juillet et le 15 Août, les feux d’artifices sont magnifiques ! Une beauté sur la mer, à voir depuis la plage. Un jour, j’y suis allée avec mon chien, mais il a eu trop peur tout du long. J’étais sur la plage avec lui et il a tremblé dans mes bras durant tout le feu.
Les fois suivantes, j’y suis donc retournée seule ou avec des amis. Trois à quatre fois par an. En me mettant plus ou moins au même endroit : Au-dessus de la plage sur ce qu’on appelle la « Prom » soit : La Promenade des Anglais.

Puis, un jour d’Avril, après le Carnaval, ma sœur (au téléphone, car elle vit à Toulouse) me fait découvrir une nouvelle série TV de plusieurs saisons. Elle me vend le concept et je regarde donc la série. Je tombe amoureuse de l’histoire et je tombe sous le charme d’un des acteurs de cette série. Nous parlons beaucoup de ça lorsque, quelques semaines plus tard, je découvre qu’il y a une Convention de fans de cette même série à Toulouse ! Là où ma sœur réside.
Ni une, ni deux, nous décidons d’acheter nos Pass pour rencontrer les acteurs/actrices, avoir des autographes et faire des photos avec eux. Mon personnage préféré était invité donc j’étais super contente !
Chose à savoir : presque personne ne savait que je partais de Nice pour aller dans le Gers. Je ne voulais dire à personne que j’allais à cette Convention de peur de recevoir des moqueries. Donc mes réseaux sociaux ne m’ont pas localisé à Toulouse. Les gens me croyaient encore à Nice…

La soirée de l’horreur, à la Convention

Comme il me faut 9h de route, toute seule avec mon chien, dans ma voiture pour rouler de Nice jusqu’au Gers, je décide de bloquer une semaine de congé au travail et me voilà arrivé à Toulouse.
La Convention se déroulait le samedi et dimanche 9 et 10 Juillet et c’était top ! J’ai rencontré mon acteur préféré, j’ai pu parler avec lui, et même danser avec lui lors de la soirée de l’horreur !

Puis, je suis restée chez ma grand-mère dans le Gers.
Je m’étais rendu compte, dans les dates, que j’allais manquer le feu d’artifice du Jeudi 14 Juillet à Nice, car il était prévu que je reprenne la route le Vendredi 15 Juillet dès 5h du matin (pour éviter les bouchons).
J’étais dégoûté, car c’était la première fois depuis des années que je manquais un feu d’artifice à Nice et il n’y en avait pas dans le Gers. Ma grand-mère habite en pleine campagne, alors je me suis couchée très tôt ce soir-là, avec mon chien, car je devais me lever à 4h du matin pour me préparer et partir pour mes 9h de route.

Me voilà à bord de Bumblebee

Sauf que…
Aux alentours de minuit, mon téléphone portable (sous mon oreiller) a commencé à sonner. Je n’ai pas répondu, car je devais vraiment dormir avant de prendre la route. (Je suis seule à conduire, je ne peux pas être fatiguée au volant !)
Les appels ont continué encore et encore, ainsi que plusieurs sms. Mon portable sonnait dans tous les sens et j’en pouvais plus. J’ai répondu à un appel, en étant complètement groggy et à moitié endormi. La personne au bout du fil (une amie) me parlait en hurlant et en paniquant :
« Ali ! Où es-tu ?! Qu’est-ce qu’il s’est passé ?! Est-ce que tu vas bien?! »
Je n’ai rien compris et j’ai lu les sms qui me demandaient TOUS la même chose :
« ALI ! Réponds ! Par pitié, ne me dis pas que tu es sur la Prom ! »
Puis, j’ai compris et mon cœur s’est arrêté…

Pendant 1h j’ai dû répondre à tous les appels et sms. J’ai réveillé ma grand-mère en pleurant. Le soir du 14 Juillet 2016, à Nice, sur la Promenade des Anglais, il venait d’y avoir un attentat terroriste.
Un poids lourd, conduit par un terroriste, a roulé sur 2km de la Promenade en fauchant et tuant tout le monde sur son passage.
À l’endroit exact où j’allais regarder les feux d’artifice tous les ans.
SAUF cette année-là.
Après avoir passé 1h à répondre à tout le monde, j’ai ensuite passé 1h à téléphoner moi-même à mes amis de Nice pour savoir où ils étaient. Deux d’entre eux étaient présents lors de l’attentat, mais ils ont pu se réfugier dans un Bar du Cours Saleya.

Je suis revenue à Nice, le Vendredi 15 Juillet, dans une ville déserte, silencieuse et en deuil.
Si je n’avais pas été à la Convention à Toulouse pour rencontrer mon acteur préféré, je me serais retrouvé au milieu de la Promenade des Anglais, au moment du drame…
Je suis retournée à cette même Convention l’année d’après, en 2017, et je n’ai plus jamais regardé de feu d’artifice à Nice…

Après ça, je me suis ‘enfuie’ au Parc Alpha pour voir des Loups, avec une amie à moi qui était sur la Promenade des Anglais au moment des attentats et qui a survécu.

Aujourd’hui, j’ai 32 ans et je vis en Irlande !
Mais je pense toujours à ce qui aurait pu se passer si j’étais resté à Nice ce jour-là…


Poème, écrit par moi-même, en hommage :

Home Bloody Home

Je ne voulais plus écrire d’autre poème,
Mais Nice est ma maison et je l’aime,
Alors pour ce triste et horrible feu d’artifice,
Gantez de noir les mains des agents de Police.
Soirée sanglante pour notre belle Prom’,
La Baie des Anges, selon les Hommes,
Funèbre journée pour la French Riviera,
Et pour la France, son 3ème attentat…
Arrêtez le temps et répondez aux appels,
Allumez une bougie et priez notre Ciel,
Lorsque commence la saturation de réseau,
C’est qu’arrive désormais l’Apocalypse 2.0.
Sœur, toi qui corriges et lis ceci,
Tu sais pourquoi, je te remercie,
Pour ceux qui n’ont pas eu ma chance,
Pour vous tous, je pleure en silence.
Criez ensemble « M’en bati sieu Nissart »
Pour faire chier tous ces lâches et connards,
En deuil est maintenant la Côte d’Azur,
Et le sol pavé de leurs meurtrissures.
Mais le combat ne fait que commencer,
Aujourd’hui et tous les mois de l’année,
Tous ensemble, nous formons la résistance,
Pour aider le pays mais aussi la Provence.

Jusqu’à quand devrons-nous chanter notre chanson ?
Quoi qu’il en soit, Nice reste et restera ma maison…

Juillet 2016
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