Prison de Cristal

Notes de l’auteure :
Je suis malade. Eh oui, ça m’arrive tout le temps.
Qui dit malade, dit fièvre et dit aussi cauchemars exacerbés…
Comme d’habitude, je vous raconte cette aventure en musique.
Une musique parfaite pour la thématique :
‘Turn Loose The Mermaids’ de Nightwish.


« A kite above a graveyard grey,
At the end of the line,
Far far away,
A child holding on to the magic of birth and awe. »


Je marche sereine, au milieu des Humains qui commencent leurs tapages, en ce jour ensoleillé. Je porte une longue robe blanche, mes longs cheveux coiffés en une grossière tresse tombent dans mon dos. De couleur châtain, comme le plus beau de mes automnes. Mes iris sont également bruns, pour rappeler les feuilles mortes du mois d’octobre.
Je porte aussi un long collier en argent, duquel pend un pendentif en forme de blason avec, en son centre, la lettre ‘M’ écrite d’une façon calligraphique.
Je déambule au milieu d’un hangar géant, fabriqué en bois brut, et qui regroupe plusieurs Humains qui vont et viennent au milieu de la foule.
Je souris.

Qui suis-je ?
Je suis une Sirène. Oui, je peux marcher parmi les Humains, puisque mes jambes ne se changent seulement qu’en queue de poisson lorsque celles-ci sont mouillées. Ce qui n’est pas le cas ce matin-là. Je voulais utiliser ma Magie pour aider les Humains dans leurs occupations quotidiennes. La Magie de l’eau au service des gens de la terre.
Une jolie jeune femme avec des vêtements sombres et un tricorne sur la tête cherche avidement un navire pour réaliser son rêve : Devenir une Pirate.
Je souris et je murmure un sort :
– Atotoilg a chomlae.
La jeune femme rencontre un homme, un Pirate, et ils décident de réquisitionner un bâtiment pour commencer leurs épopées ensemble.

Derechef, je souris et je continue mon travail.
Un couple se dispute juste à côté de moi. Cela me rend triste, je me dirige vers eux pour jeter un nouveau sortilège :
– Awendaþ eft wansæliga neat.
La colère disparaît et l’amour l’emporte.
Je quitte le dépôt immense pour rester dehors et respirer l’air frais, parsemé d’odeur iodée grâce à l’Océan non loin de là.

« Oh, how beautiful it used to be,
Just you and me far beyond the sea,
The waters, scarce in motion,
Quivering still. »


Un jeune garçon, à peine adolescent, vêtu de haillons et le teint blafard essaye de voler les gens autour de lui. Essaye de dérober de la nourriture pour survivre.
Un orphelin, mourant de faim. J’ai l’impression de le connaître lui, de connaître son histoire, comme si je l’avais déjà écrite…
Il y a longtemps, dans un Royaume au bord de l’Océan…
La vieille dame qu’il a essayé de voler se met à hurler, et à crier contre lui. Je vois les autres Humains se regrouper autour du garçon, prêt à le frapper pour un simple morceau de pain.
– Awendaþ eft wansæliga neat !
La foule se disperse et je fais apparaître un pain chaud au creux des mains de l’orphelin, qui me sourit en me remerciant chaleureusement.
Je souris moi aussi.

Il y a une ombre dans le vent.
Je crois qu’une tragédie m’attend.
Parce qu’un homme, dans un coin de la rue, me regarde avec des yeux aussi noirs qu’une nuit sans étoile. Un frisson d’horreur me parcourt l’échine.
Je continue ma route dans le village, cherchant une nouvelle âme à sauver.
Le malaise ne passe pas. Pire, il s’accentue.
Puis, tout devient sombre.

« At the end of the river the sundown beams,
All the relics of a life long lived,
Here, weary traveller rest your wand,
Sleep the journey from your eyes. »

Il est difficile d’ouvrir les yeux, ma tête me fait étrangement souffrir. Petit à petit, je me rends compte que je suis allongée sur un sol en bois, au milieu d’une salle vide, mais grande.
Je mets quelques longues minutes à comprendre que mes mains sont enfermées dans deux énormes menottes en acier, dont une lourde chaîne est reliée à un pilier, à quelques mètres de moi.
Étrange et horrible.
Bien sûr, une fois que j’arrive à retrouver mes esprits, j’observe les menottes massives, et je jette mon sort :
– Tospringe.
Rien ne se passe.
Si, quelque chose se passe : des runes se mettent à briller, d’une couleur dorée, au moment où je jette mon sort, mais que celui-ci ne fonctionne pas.
Je réitère un sortilège de déverrouillage, plus fort que le précédent :
– Forþ fleoge.
À nouveau, les runes rutilantes illuminent mon visage quelques secondes.
Je comprends avec effroi qu’une personne très mal attentionnée a réussi à m’emprisonner par une Magie qui défit la mienne.
Ce n’est pas bon signe.
Pas bon signe du tout…


« Good journey, love, time to go,
I checked your teeth and warmed your toes,
In the horizon I see them coming for you. »


Je vois une ombre dans le coin de la pièce, une ombre mouvante qui avance vers moi. Une fois dans la lumière du jour, je reconnais l’homme qui me regardait étrangement, le matin même.
Ma tête tourne, je me sens encore mal, mais j’arrive cependant à lui demander ce qu’il se passe.
Il sourit d’une façon malsaine en m’avouant fièrement qu’il souhaitait capturer une Sirène pour la vendre au ‘Barnum & Bailey Circus’ et que, malgré mes pouvoirs, il devait utiliser lui aussi une Magie plus sombre encore pour m’empêcher de m’enfuir.
Oh non…
C’est pire que ce que je pensais…

J’essaye de lui expliquer que ce n’est pas bien, que ce n’est pas naturel pour une Sirène d’être emprisonnée dans un aquarium au milieu d’un Cirque.
Cependant, l’Humaine s’en fiche. Il continue de sourire sans changer d’avis et je comprends très vite que mes paroles sont vaines, puisqu’il a déjà pris sa décision.


« The mermaid grace, the forever call,
Beauty in spyglass on an old man’s porch,
The mermaids you turned loose brought back your tears. »


Le lendemain, je marche dans le célèbre Cirque. J’ai toujours les mains menottées devant moi, avec ces énormes et lourdes chaînes en argent, d’une Magie noire qu’il m’est impossible de contrer.
Le fameux Barnum, un homme d’une cinquantaine d’années, vêtu entièrement d’un costume écarlate et doré, aux belles dentelles et d’un sombre haut-de-forme, me regarde d’un œil pétillant de joie.
Oui, une nouvelle attraction pour son Cirque !
Pour l’occasion, il a commencé à construire des fontaines au centre du chapiteau.
Les gens s’activent autour de lui, tout doit être prêt pour l’ouverture.
Tout sourire, Barnum m’explique, en faisant de grands gestes des mains :
– Le tour commencera ici, dans la fontaine, avec toi en Sirène. Sans vitre, les gens pourront être encore plus proches de toi ! Ensuite, le soir, tu iras dans les aquariums juste derrière.
Il se retourne pour me montrer le mur du fond, dans lequel des trous béants abritent des vitres de cristal. Des techniciens installent les aquariums à taille Humaine, avec de l’eau de Mer, et du sable au fond.
Je suis affligée, j’essaye de lui expliquer du mieux possible :
– C’est n’est pas assez grand ! L’aquarium est bien trop petit, je pourrais à peine rester allongé, sans bouger.
Barnum hausse les épaules :
– Ne t’inquiète pas, tu as juste à rester dans l’eau, sourire aux clients et tourner sur toi-même pour le spectacle.
– Mais ce n’est pas naturel ! Vous ne pouvez pas enfermer une Sirène dans une cage si petite ! Je pourrais à peine nager dedans, il n’y a pas de place !
Tout à coup, le regard de l’homme s’obscurcit encore plus et me dit, avec menace :
– Je me fiche éperdument de savoir si ça te plaît ou pas. C’est comme ça et pas autrement.
– Non… Vous devriez me libérer. Vous ne pouvez pas garder une Sirène emprisonnée. C’est mal. Très mal.
Barnum sourit.
J’ai vite compris, ce jour-là, que la nature Humaine cache un côté sombre, ténébreux, alimenté par le Mal, le pouvoir et l’argent.
Tout ce que Barnum possédait déjà, mais désirait encore plus.
En m’utilisant comme nouvelle attraction touristique.

« At the end of the river the sundown beams,
All the relics of a life long lived,
Here, weary traveller rest your wand,
Sleep the journey from your eyes. »

Le soir même, tout est prêt pour le grand spectacle.
Barnum a laissé mes menottes aux poignets, en enlevant la chaîne du milieu.
Vue de loin, je porte simplement des bracelets étranges qui, malheureusement, bloquent ma Magie et m’empêchent de m’enfuir.
Le rideau se lève, le public est déjà présent, et je marche vers l’aquarium pour me jeter dedans.
Au moment où mes jambes touchent l’eau, des écailles émeraude commencent à émerger sur ma peau pâle, jusqu’à tout recouvrir. Une queue apparaît à la place de mes pieds et un cache-poitrine en écailles et en coquillages émergent sur mon torse.
Comme je le présageais, l’aquarium est beaucoup trop petit. Je peux à peine m’allonger dedans et il n’y a absolument rien à l’intérieur. Pas de poissons, d’algues ou d’autres belles choses que je peux retrouver dans les Océans du Monde.
Rien.
À part les yeux hagards des gens qui me fixent depuis l’extérieur.
Tantôt époustouflés, tantôt apeurés, en me regardant comme un monstre.

« At the end of the river the sundown beams,
All the relics of a life long lived,
Here, weary traveller rest your wand,
Sleep the journey from your eyes. »


C’est un silence pesant qui tombe sur moi. Parfois détruit par des clients qui tapent sur la vitre de l’aquarium pour me faire bouger. Un sentiment de tristesse intense envahit mon corps, et mes doigts tremblants touchent le long collier en argent que je porte encore à mon cou et qui flotte dans l’eau.
Je sers fermement le ‘M’ au creux de mes poings et je prie.
Mais à qui demander de l’aide ?
À quel ‘M’ demander de l’aide ?
Dois-je appeler Morphée ?
Le Gardien des Rêves et des Cauchemars pour qu’il me sorte de ma prison de cristal ?
Ou dois-je appeler Mick ?
Le seul qui peut me ramener dans le Monde des Vivants ?
Je ne sais pas.
En tout cas, je prie M.


Puis, je me suis réveillée…

25.08.2022
Cauchemar similaire : ‘An Maighdean Mhara’
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Entrez dans le rêve – Histoire

« Ramenez le drap sur vos yeux,
Entrez dans le rêve,
Reprendre la vie des autres où on l’a laissée,
Quand le jour s’achève. »


Il faisait nuit.
Une nuit noire, où seule la pleine lune et les étoiles rutilantes dans l’immensité du ciel éclairaient la scène sous nos yeux.
Nous étions sur une plate-forme de béton. Derrière nous se dressait une imposante maison, comme un manoir dans les ombres menaçantes. En face de nous, un lac géant qui nous entourait de toutes parts. Nous pouvions cependant apercevoir la rive de l’autre côté, camouflée dans la pénombre de minuit.
Nous ?
J’étais avec ma jeune sœur, Helya, des amis et mon petit-ami.
Moi, je m’appelle Alisone.
Comme souvent, je porte une robe aussi noire que la nuit, avec des grosses chaussures aux pieds et mes longs cheveux châtains coiffés en une tresse qui bougeait à chacun de mes pas dans mon dos.
Une hystérie collective s’était emparée de notre groupe. Et ce, pour une très bonne raison :
La maison, derrière nous, n’était pas vide.
La maison abritait un dangereux personnage.
Un tueur.
Que dis-je ?
Un psychopathe, un Tueur en Série.

Entre la plate-forme et la rive, il y avait ce lac aux eaux profondes et obscures, avec des courants violents qui formaient des vagues terribles. Je savais que ma sœur avait la phobie des eaux noires, sans fond, aux vagues enragées. De plus, il n’y avait aucune barque amarrée à notre plate-forme pour nous échapper.
Pour rajouter un danger de plus dans cette situation critique, le psychopathe de la maison se décida de sortir pour nous attraper.
Et nous tuer.
Au moment même où il ouvrit la porte d’entrée, je me suis jetée dessus pour empêcher la poignée de tourner. Il me fallut toutes mes forces pour garder la porte close, en la tirant violemment vers moi, tandis que l’homme poussait en cognant dedans avec véhémence.
Ma sœur et le groupe tout entier se mirent à paniquer, en hurlant à plein poumon dans la nuit.
Nous devions trouver une solution.
Et vite.

« Voir les couleurs voir les formes,
Enfin marcher pendant que les autres dorment,
Voir les couleurs voir les formes. »

La magie.
Ma magie.
Une solution évidente.
Je tenais fermement la porte de ma main gauche, et de la droite, je jetai mon sort sur cette dernière :
Atot-oilg a chomlae.
Un clic retentit.
La serrure se verrouilla et j’en profitai pour me tourner vers ma sœur et nos amis. En levant mes mains vers eux, je me suis mise à hurler :
Awendaþ eft wansæliga neat !
Lentement, ils commencèrent à quitter le sol, s’envoler de quelques centimètres au-dessus de la plate-forme. Je devais désormais les diriger vers la rive d’en face.
Lorsque j’ai entendu, dans mon dos, le psychopathe qui attaquait la porte à coups de hache.

« Les villes sont des villes bordées de nuit,
Et peuplées d’animaux qui marchent sans bruit,
Toujours dans votre dos la peur qui vous suit,
Toujours dans votre dos. »

La serrure se brisa et l’homme commença à ouvrir la porte, dont j’attrapai la poignée pour la tirer vers moi et, ainsi, la maintenir fermée.
Une main utilisait ma magie sur le groupe et l’autre gardait le battant clos.
Ces efforts me demandèrent de puiser dans mes retranchements.
Ma sœur hurla dans les ombres.
Le groupe entama sa descente vers les eaux noires.
Ma magie faiblissait.
Ablinn ðu forlæte ðu nu !
Le groupe gagna quelques centimètres de plus au-dessus des vagues agitées. Je devais encore les diriger vers la rive, tout en les maintenant en l’air et en tenant la poignée.
Le Tueur continuait de pousser la porte vers moi pour sortir.
Parfois, il arrivait à passer une main à travers celle-ci pour m’attraper et me tirer vers lui.
Il était très difficile de me concentrer sur ma magie et le réel.
Je devais donc rapidement envoyer le groupe sur les berges d’en face.
Awendaþ eft wansæliga neat !
Mes dernières ressources magiques furent utilisées dans ce sort. Ma sœur et nos amis tombèrent enfin en sécurité de l’autre côté des vagues ébène.
Au moment où j’appréciai ma victoire, je me rendis compte d’une chose affreuse :
Le groupe de survivants était composé de ma sœur et de nos amis.
Néanmoins, je n’avais pas vu mon compagnon parmi ce groupe.
Cela signifiait une seule chose.
Une seule chose atroce.
Mon copain, Jughead, se trouvait encore à l’intérieur du manoir.

« Ramenez le drap sur vos yeux,
Entrez dans le rêve,
Allumez l’écran merveilleux,
Quand le jour s’achève. »

Encore à bout de souffle, j’ouvris la porte d’un seul coup, en grand. Le Tueur fut surpris et je profitai de cet instant pour tendre ma main vers lui, en hurlant :
Forþ fleoge !

La force du sort m’affaiblit une nouvelle fois. Mais l’homme fut jeté dans les entrailles de la maison, et je commençai moi-même à passer le pas pour m’y diriger à mon tour.
Le couloir était sombre, décrépi, la tapisserie se décollant et tombant le long des murs sales. Le sol recouvert de plusieurs objets posés çà-et-là sans utilité aucune.
Au détour du corridor, je pénétrai dans la première pièce sur ma gauche. Un immense salon tout aussi encombré que le reste du manoir. Une ampoule pâle au plafond éclairait faiblement la pièce d’un jaune sordide. Au fond de cette dernière, se trouvait le Tueur, encore un peu sonné par mon sortilège.
Je m’apprêtai à quitter ce salon immonde, lorsque quelque chose attira mon attention.
Au sommet d’une pile de vêtements, et de divers vieux artefacts, se trouvait un simple bonnet.
Un bonnet gris, en laine, usé par endroit.
Un bonnet que je reconnus facilement, puisque d’ordinaire, il ne quittait jamais la tête de Jughead.
Mon ventre se noua et un horrible pressentiment s’empara de mon âme.

« Retrouver l’amour blessé,
Au fond du tiroir où on l’avait laissé,
Retrouver l’amour blessé. »

Le psychopathe profita de mon temps d’hésitation pour se jeter sur moi, avec un énorme couteau de boucher en main. J’ai réussi à parer le coup de justesse.
Je tombai sur le dos, sur cette moquette tout aussi répugnante que le reste du bâtiment.
Le Tueur était plus grand et plus musclé que moi, il essayait vainement de me poignarder. Je luttai de toutes mes faibles forces, gardant les bras tendus et les jambes tambourinant le sol.
Même à bout de souffle, je me suis mise à hurler :
– Où est Jughead ?!
L’homme sourit étrangement. Avec un air machiavélique qui lui déformait le visage.
Énervée, je lui assénai un violent coup de tête, qui me fit tout aussi mal qu’à lui. D’un coup de pied bien placé, je le fis basculer sur le côté pour reprendre ma respiration.
Dans la lutte, son téléphone portable tomba de sa poche.
Mais ce n’est pas cela qui attira mon attention.
Je me levai d’un bond pour commencer à frénétiquement fouiller la salle. Je retournai toutes les piles de vêtements, d’objets. Je tirai les meubles anciens, jetai les bric-à-brac de bibelots inutiles et encombrants. Je cherchai mon copain en hurlant son prénom dans la maison sinistre :
– JUGHEAD ?!
La panique me gagna lorsque, derrière moi, le Tueur se leva à son tour pour se jeter derechef sur moi avec violence. Il attrapa mes jambes, pour me faire glisser sur le sol abject, et me ramener vers lui. Au milieu de la pagaille, j’ai repéré son téléphone portable. Un vieux mobile, non-tactile, et sans code de verrouillage.
J’ai tendu mes bras de toutes mes forces pour attraper l’objet du bout de mes doigts.
Lorsque le psychopathe me tira vers lui, j’avais déjà le portable en main, composant un numéro de téléphone.
Un numéro assez évident :
911

« Découper le Monde à coups de rasoir,
Pour voir au cœur du fruit le noyau noir,
La vie n’est pas la vie ni ce qu’on nous fait croire,
La vie n’est pas la vie. »

Pourtant, ce n’est pas cela que j’avouai face à l’homme. J’apportai le mobile à mon oreille pour faire semblant d’être au téléphone avec… Jughead.
– Où es-tu ? … OK, Jughead, je viens te chercher !
J’ai laissé le téléphone ouvert pour que le 911 puisse m’entendre.
Pour l’instant, le Tueur me reluqua méchamment, sa lame étincelante entre lui et moi, cherchant mon sang. En essayant de garder mon calme, je dis à l’homme :
– Je sais où se trouve Jughead…
Je me forçai à sourire.
Lui, il maintient facilement son rictus informe, en crachant presque :
– Impossible.
Bien sûr que c’était impossible !
Néanmoins, j’essayai ardemment de bluffer pour sauver mon compagnon. Je ne savais pas où il se trouvait, mais j’espérai vraiment que le Tueur me l’avoue sans le vouloir. Je voulais le piéger. Étrangement, cela fonctionna.
Le psychopathe se pencha vers moi, ses dents jaunes en avant et son arme en main, murmurant :
– Impossible… Jughead ne peut pas parler… À l’heure qu’il est, il doit manquer d’air dans mon armoire fermée à clef.
Crétin.
Je souris derechef en donna un énorme coup de pied dans son visage nauséabond.
Je me suis mise à hurler vers lui :
Ic bebeode þisne sweord þæt hé forcierfe þá bende þæra dracan un clýse !
L’homme cria à son tour de toutes ses forces, jeté contre le mur encombré.
Enfin, je pris la poudre d’escampette pour quitter ce salon et grimper les escaliers en bois, croulant sous le poids du bordel sur toutes les marches.

« Les villes sont des villes bordées de nuit,
Et peuplées d’animaux qui marchent sans bruit,
Toujours dans votre dos la peur qui vous suit,
Toujours dans votre dos. »


Je continuai de courir, courir, courir, jusqu’à arriver au premier étage, cherchant rapidement une chambre. La plupart des portes étaient verrouillées, et j’utilisai le même sort pour les ouvrir par magie :
Tospringe !
Dans la quatrième salle, j’ai enfin trouvé une armoire immense, magnifique, aux sculptures splendides qui me donnait envie d’ouvrir le battant pour me rendre dans le Monde de Narnia.
Le souffle à moitié coupé, je puisai dans mes forces restantes pour murmurer vers la poignée :
Forþ fleoge !
Un clic retentit.
Et Jughead tomba dans mes bras.

Lui aussi était à bout de souffle, mais pas pour la même raison que moi. Enfermé dans le placard depuis Dieu seul sait combien de temps, il n’avait plus beaucoup d’air pour respirer.
Nous avions tous les deux les larmes au bord des yeux, de panique et de joie.
Il esquissa un sourire avant de m’embrasser.
.
.
.
Puis, je me suis réveillée…


« Ramenez le drap sur vos yeux,
Entrez dans le rêve,
Reprendre la vie des autres où on l’a laissée,
Quand le jour s’achève. »

14.08.2022
Chanson : ‘Entrez dans le rêve’ de Gérard Manset et reprit par Nicola Sirkis.
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Thread Horror – Histoire Vraie 🐾


Je suis née dans le Gers, dans le Sud-Ouest de la France. Lorsque j’ai eu 23 ans, j’ai déménagé à Nice, dans le Sud-Est, pour mes études. J’ai aménagé dans un appartement et j’ai adopté un Bouledogue Français.
Ma sœur, mon père et moi partageons la même passion des feux d’artifices. Dès que l’occasion se présente, on part en voir un quelque part. Et à Nice, je suis gâtée ! Entre le Nouvel An, le Carnaval de Mars, le 14 Juillet et le 15 Août, les feux d’artifices sont magnifiques ! Une beauté sur la mer, à voir depuis la plage. Un jour, j’y suis allée avec mon chien, mais il a eu trop peur tout du long. J’étais sur la plage avec lui et il a tremblé dans mes bras durant tout le feu.
Les fois suivantes, j’y suis donc retournée seule ou avec des amis. Trois à quatre fois par an. En me mettant plus ou moins au même endroit : Au-dessus de la plage sur ce qu’on appelle la « Prom » soit : La Promenade des Anglais.

Puis, un jour d’Avril, après le Carnaval, ma sœur (au téléphone, car elle vit à Toulouse) me fait découvrir une nouvelle série TV de plusieurs saisons. Elle me vend le concept et je regarde donc la série. Je tombe amoureuse de l’histoire et je tombe sous le charme d’un des acteurs de cette série. Nous parlons beaucoup de ça lorsque, quelques semaines plus tard, je découvre qu’il y a une Convention de fans de cette même série à Toulouse ! Là où ma sœur réside.
Ni une, ni deux, nous décidons d’acheter nos Pass pour rencontrer les acteurs/actrices, avoir des autographes et faire des photos avec eux. Mon personnage préféré était invité donc j’étais super contente !
Chose à savoir : presque personne ne savait que je partais de Nice pour aller dans le Gers. Je ne voulais dire à personne que j’allais à cette Convention de peur de recevoir des moqueries. Donc mes réseaux sociaux ne m’ont pas localisé à Toulouse. Les gens me croyaient encore à Nice…

La soirée de l’horreur, à la Convention

Comme il me faut 9h de route, toute seule avec mon chien, dans ma voiture pour rouler de Nice jusqu’au Gers, je décide de bloquer une semaine de congé au travail et me voilà arrivé à Toulouse.
La Convention se déroulait le samedi et dimanche 9 et 10 Juillet et c’était top ! J’ai rencontré mon acteur préféré, j’ai pu parler avec lui, et même danser avec lui lors de la soirée de l’horreur !

Puis, je suis restée chez ma grand-mère dans le Gers.
Je m’étais rendu compte, dans les dates, que j’allais manquer le feu d’artifice du Jeudi 14 Juillet à Nice, car il était prévu que je reprenne la route le Vendredi 15 Juillet dès 5h du matin (pour éviter les bouchons).
J’étais dégoûté, car c’était la première fois depuis des années que je manquais un feu d’artifice à Nice et il n’y en avait pas dans le Gers. Ma grand-mère habite en pleine campagne, alors je me suis couchée très tôt ce soir-là, avec mon chien, car je devais me lever à 4h du matin pour me préparer et partir pour mes 9h de route.

Me voilà à bord de Bumblebee

Sauf que…
Aux alentours de minuit, mon téléphone portable (sous mon oreiller) a commencé à sonner. Je n’ai pas répondu, car je devais vraiment dormir avant de prendre la route. (Je suis seule à conduire, je ne peux pas être fatiguée au volant !)
Les appels ont continué encore et encore, ainsi que plusieurs sms. Mon portable sonnait dans tous les sens et j’en pouvais plus. J’ai répondu à un appel, en étant complètement groggy et à moitié endormi. La personne au bout du fil (une amie) me parlait en hurlant et en paniquant :
« Ali ! Où es-tu ?! Qu’est-ce qu’il s’est passé ?! Est-ce que tu vas bien?! »
Je n’ai rien compris et j’ai lu les sms qui me demandaient TOUS la même chose :
« ALI ! Réponds ! Par pitié, ne me dis pas que tu es sur la Prom ! »
Puis, j’ai compris et mon cœur s’est arrêté…

Pendant 1h j’ai dû répondre à tous les appels et sms. J’ai réveillé ma grand-mère en pleurant. Le soir du 14 Juillet 2016, à Nice, sur la Promenade des Anglais, il venait d’y avoir un attentat terroriste.
Un poids lourd, conduit par un terroriste, a roulé sur 2km de la Promenade en fauchant et tuant tout le monde sur son passage.
À l’endroit exact où j’allais regarder les feux d’artifice tous les ans.
SAUF cette année-là.
Après avoir passé 1h à répondre à tout le monde, j’ai ensuite passé 1h à téléphoner moi-même à mes amis de Nice pour savoir où ils étaient. Deux d’entre eux étaient présents lors de l’attentat, mais ils ont pu se réfugier dans un Bar du Cours Saleya.

Je suis revenue à Nice, le Vendredi 15 Juillet, dans une ville déserte, silencieuse et en deuil.
Si je n’avais pas été à la Convention à Toulouse pour rencontrer mon acteur préféré, je me serais retrouvé au milieu de la Promenade des Anglais, au moment du drame…
Je suis retournée à cette même Convention l’année d’après, en 2017, et je n’ai plus jamais regardé de feu d’artifice à Nice…

Après ça, je me suis ‘enfuie’ au Parc Alpha pour voir des Loups, avec une amie à moi qui était sur la Promenade des Anglais au moment des attentats et qui a survécu.

Aujourd’hui, j’ai 32 ans et je vis en Irlande !
Mais je pense toujours à ce qui aurait pu se passer si j’étais resté à Nice ce jour-là…


Poème, écrit par moi-même, en hommage :

Home Bloody Home

Je ne voulais plus écrire d’autre poème,
Mais Nice est ma maison et je l’aime,
Alors pour ce triste et horrible feu d’artifice,
Gantez de noir les mains des agents de Police.
Soirée sanglante pour notre belle Prom’,
La Baie des Anges, selon les Hommes,
Funèbre journée pour la French Riviera,
Et pour la France, son 3ème attentat…
Arrêtez le temps et répondez aux appels,
Allumez une bougie et priez notre Ciel,
Lorsque commence la saturation de réseau,
C’est qu’arrive désormais l’Apocalypse 2.0.
Sœur, toi qui corriges et lis ceci,
Tu sais pourquoi, je te remercie,
Pour ceux qui n’ont pas eu ma chance,
Pour vous tous, je pleure en silence.
Criez ensemble « M’en bati sieu Nissart »
Pour faire chier tous ces lâches et connards,
En deuil est maintenant la Côte d’Azur,
Et le sol pavé de leurs meurtrissures.
Mais le combat ne fait que commencer,
Aujourd’hui et tous les mois de l’année,
Tous ensemble, nous formons la résistance,
Pour aider le pays mais aussi la Provence.

Jusqu’à quand devrons-nous chanter notre chanson ?
Quoi qu’il en soit, Nice reste et restera ma maison…

Juillet 2016
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Design réalisé par mes soins en 2016

Run, boy, run

Résumé : Que la chasse commence. Entrez dans le cauchemar. Littéralement. Bon courage.

« Run boy run ! This world is not made for you.
Run boy run ! They’re trying to catch you.
Run boy run ! Running is a victory.
Run boy run ! Beauty lays behind the hills. »

La journée commença le plus normalement du Monde.
Je portais mon éternelle robe noire, aux manches courtes, mes longs cheveux bruns, coiffés en tresse, tombaient dans mon dos et j’avais étrangement des grosses chaussures aux pieds. Je dis ‘étrangement’ car, voyez-vous, ma jambe droite est totalement morte. Mon genou ne fonctionne plus correctement et je n’arrive pas à marcher sans canne, que je tiens toujours de ma main droite, je clopine avec douleur pour me déplacer.
Ce matin-là, j’ai donc rejoins mon petit-copain dans son restaurant. Nous sommes âgés d’une trentaine d’années, mais les heureux propriétaires d’un petit Diner Américain.
Mon chéri se trouvait déjà dans la cuisine, seul, attendant les employés. Il préparait un milkshake aux fruits rouges. Comme d’ordinaire, il portait un T-shirt gris orné d’un énorme S sur le devant avec, par-dessus, sa veste en cuir de Biker, elle aussi ornée d’un serpent géant émeraude dans son dos. Une veste à carreaux était nouée autour de sa taille et de son jean trop grand. En toutes saisons, il portait inlassablement un bonnet gris sur ses cheveux ébènes dont la frange tombait parfois sur ses yeux clairs.
Ce matin-là, il s’occupait donc dans la cuisine sombre et mal éclairée, et sourit en me voyant :
– Hey Ali’.
– Hey Jug’.
Il me vola un baiser avant de reprendre la mise en place.
Il souriait.
Moi non. Mon souffle se coupa.
Car je savais ce qui allait se passer, mais lui non.

« Run boy run ! The sun will be guiding you.
Run boy run ! They’re dying to stop you.
Run boy run ! This race is a prophecy.
Run boy run ! Break out from society. »

Soudain, trois personnes en costume de Policiers débarquèrent dans le restaurant par la porte arrière, qui donnait directement sur la cuisine. Accompagnés d’experts en blouses blanches, les hommes se présentèrent à mon copain :
– Jughead Jones, nous faisons partie du Service de Contrôle Sanitaire, nous allons fouiller le restaurant pour vérifier que tout est en ordre.
Mais Jug’ parût encore plus perplexe et paniqué :
– Quoi ?! Mais, vous êtes déjà venu il y a trois semaines de ça ! Et vous ne nous avez même pas prévenus !
L’homme sourit sadiquement et partit rejoindre l’équipe.
Jug’ se dirigea vers moi, plus inquiet que jamais.
Oui, je savais, je savais, je savais tout…
Mon cœur tambourinait dans ma poitrine.
– Ali’, ces mecs ne font pas partie du Contrôle Sanitaire, ils sont envoyés par tu-sais-qui !
Oui, je savais, je savais, je savais tout…
En effet, ils n’avaient rien à voir avec les Services des Contrôles Sanitaires et encore moins avec la Police. Ils faisaient partie d’un énorme réseau Mafieux qui nous en voulait personnellement.
Quelques minutes plus tard, ils revinrent vers nous en nous stipulant que notre Business était illégale et devait être fermé dans la minute.
Ce qu’ils firent.
Même si c’était faux.
Dans la foulée, ils arrêtèrent mon copain, nos cinq employés, et accessoirement amis, ainsi que moi-même.
Brutalement, ils nous passèrent les menottes aux poignets, par-devant, avant de nous jeter dans un énorme fourgon blindé.


« Tomorrow is another day,
And you won’t have to hide away,
You’ll be a man, boy !
But for now it’s time to run, it’s time to run ! »

Enfermé à l’arrière du fourgon, Jug’ s’énerva sur ses menottes et râla vers ses amis :
– C’est n’importe quoi ! Et d’ailleurs, comment ils ont su où chercher nos papiers ? Ou quand venir tout fouiller ? Comment ils ont su tout ça ?!
Mon ventre se noua.
Le fourgon s’arrêta d’un coup net, nous secouant dans tous les sens. Puis, un homme grand et baraqué, entièrement vêtu de noir, ouvrit la porte pour nous faire face.
Il souriait étrangement, avant de révéler :
– Nous allons vous laisser de l’avance.
Ses sbires commencèrent à détacher nos poignets des menottes de métal. Mon copain questionna, toujours aussi énervé :
– De l’avance pour quoi ?
Avec sadisme, le Mafieux répondit :
– Pour courir. On vous laisse quelques minutes pour courir et ensuite… La chasse commence.
Un voile inquiet traversa les yeux clairs de mon petit-ami. Et je compris pourquoi :
Je ne pouvais pas courir.
– Non… murmura-t-il.
Mais les Mafieux nous firent sortir du fourgon par la force et nous pouvions découvrir pour la première fois où nous nous trouvions :
C’était une immense gare ferroviaire entièrement vide. Sous un ciel tristement gris, la station prenait des allures d’endroit hanté et angoissant. Il n’y avait personne.
Pas un chat.
Personne.
Vide.

Nos bourreaux souriaient en lançant le Top Départ.
Nos amis se mirent à courir à toute vitesse.
Sauf mon copain, qui restait près de moi, puisque je ne pouvais pas vraiment m’échapper.
– Cours, Jug’, COURS !
– Non, non, pas sans toi !
– Fais-moi confiance et COURS !
Je criais de plus en plus fort et, contre sa volonté, il prit enfin la poudre d’escampette.
J’essayais néanmoins de m’enfuir, mais ma jambe refusa toute allure.
Éventuellement, je tombai sur le sol de béton. Une fine pellicule de neige commençait à recouvrir la gare déserte.

« Run boy run ! This ride is a journey to.
Run boy run ! The secret inside of you.
Run boy run ! This race is a prophecy.
Run boy run ! And disappear in the trees. »

Avec difficulté, j’ai pu me relever et, comme je n’avais plus ma canne, je me tenais aux poteaux et aux lampadaires pour clopiner lentement le long des quais.
Les rails abandonnés m’appelaient à eux.
Parce que je savais ce qui allait se passer et je n’étais pas du tout prête…
Je relevai la tête pour voir mes amis tourner en rond parmi les wagons et les quais.
La gare était à des kilomètres et à des kilomètres de la ville la plus proche.
À des kilomètres de toute forme de vie, de toute aide potentielle.
Alors, forcément, au bout d’une demie-heure, mon copain et nos amis sont revenus vers moi.
Nous étions sur un quai vide, slalomant parmi les rails et les chemins déserts.
Nous décidions de nous cacher dans la gare abandonnée. Les Mafieux commencèrent à nous chasser, sachant que nous ne pouvions pas nous enfuir.
Lorsque, tout à coup, sortant de nulle part, un jeune garçon sur son vélo jaune se dirigea vers nous. La seule touche de couleur sous ce ciel gris.
Nous essayions de l’appeler, mais il ne répondit pas. Il tomba de son vélo en se faisant mal.
Au moment où nous essayions de nous diriger vers lui, nous avons entendu des coups de feu dans notre dos.
Il semblerait que la chasse soit terminée…
Nous essayions de courir, Jughead me tenait par mon côté droit pour me faire avancer le plus vite possible.
Mais cela ne servait à rien.
Il était déjà trop tard, j’en ai bien peur…
Parce que les hommes armés de la Mafia nous attrapèrent tous, violemment, pour nous traîner de force vers une salle abandonnée au milieu de la gare.
De froides menottes nous sont à nouveau misent aux poignets, bras en avant.
Ils nous jetèrent ensuite dans la pièce, qui ressemblait à un bureau cauchemardesque, nous tombions sur le sol dégueulasse et pourri.
La couleur jaunâtre des murs et du plafond me donnait envie de vomir.
Le Big Boss de la Mafia, dans son beau costume impeccable, nous toisa de haut en s’amusant de la situation :
– Jughead Jones… Nous avons enfin la main sur ton Business. Qui sera le nôtre, désormais.
Inquiet et énervé, mon copain questionna, perdu :
– Comment ?! Comment avez-vous su tout ça ? Comment avez-vous su où chercher ?!
L’homme sourit de plus belle, en lâchant avec mystère :
– Nous avions une source fiable. Très fiable… N’est-ce pas… ? Ali ?

« Tomorrow is another day,
And you won’t have to hide away,
You’ll be a man, boy !
But for now it’s time to run, it’s time to run ! »


Tous les regards perplexes de mes amis se sont retournés vers moi. Les yeux de mon chéri commencèrent à se remplir de larmes. Le souffle coupé, il murmura :
– Ali… ?
– Jug’… Je suis désolée…
– Non…
Il refusait cette vérité.
Seulement, je devais lui expliquer la réalité derrière cette triste vérité. Quelque chose de grave et d’important. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de donner ma version, car le Big Boss quitta la salle jaunâtre en fermant la porte à clef.
Des fois qu’on arriverait à nous défaire de nos menottes, il nous restait encore le verrou de la porte.
Puis, ce que le Mafieux souhaitait, arriva :
Mes amis m’encerclèrent, avec une rage évidente dans leurs regards.
Jughead seul semblait triste et perdu.
Je pense qu’il voulait vraiment comprendre ce qu’il s’était passé.
Pour de vrai.
Cependant, nos amis se sont jetés sur moi.
Menottée et sans pouvoir me défendre à cause de ma jambe morte, je m’apprêtais à passer un très mauvais moment…
.
.

Puis, je me suis réveillé.
Avec douleur.
Chez moi, à Drogheda.

THE END


« Tomorrow is another day,
And when the night fades away,
You’ll be a man, boy !
But for now it’s time to run, it’s time to run ! »


Cauchemar du 22.07.2022
Chanson ‘Run, boy, run’ de Woodkid.
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Piégé dans les Backrooms

Résumé : Cette histoire n’est pas un Cauchemar ou une Terreur Nocturne. Par mon Trouble de Rêverie Compulsive (associé aux TOC) je vis rarement dans le Monde réel. Souvent, je me retrouve avec Jem, à Paris en 2025. Mais là… En marchant dans une rue de Drogheda, nous avons NoClip… Dans les Backrooms.

Piégé dans les Backrooms

Notes de l’auteure :

‘If you’re not careful and you NoClip out of reality in the wrong areas, you’ll end up in the Backrooms.’

Je n’ai bien évidemment pas créé les Backrooms, ceci est une Légende Urbaine/Creepy Pasta calquée sur le principe angoissant des ‘Liminal Spaces’ (Espaces Liminaux). Depuis plusieurs années, chaque personne rajoute des images et des niveaux et, aujourd’hui, les Backrooms ont un nombre de niveaux presque infinis (+de 1500). La thématique des Backrooms a été très bien expliquée deux fois par deux YouTubeurs Français :
Feldup & Paradox
Et si vous voulez une bonne représentation des Backrooms, vous pouvez visionner la mini-série Web et Américaine du jeune KanePixels.
Effets garantis !
Même si les Backrooms s’étendent de plus en plus, le premier niveau reste toujours le même.
Celui que je vais vous décrire au début.
Bonne lecture…
… et bon courage…

C’est un matin brumeux avec un petit 9°C Irlandais comme je les aime.
Je quitte mon taudis dans la rue flippante remplie de Dealers de drogues, pour me diriger vers le centre-ville.
Tout à coup, Jem plop devant moi.
D’ordinaire, c’est Mick qui débarque, mais depuis ma dernière Terreur Nocturne notre relation est un peu en dents de scie. Enfin, de mon côté.
Jem ne ressemble pas à 100% au personnage dont je lui ai donné le nom. Il n’est pas Japonais, ne joue pas de violon et il n’a pas de tatouages de runes sur sa peau pâle. Par contre, tout comme son homologue, il a les cheveux aussi blanc que les neiges de Sibérie et les yeux aussi noirs que les profondeurs de la Tranchée Mariana.
Nous marchons côte à côte sur les trottoirs grimpants de la ville. Aux oreilles des autres gens, je parle toute seule, puisque je suis la seule à voir Jem. Heureusement que l’esprit neuneu des Irlandais ne nous juge pas. Enfin, ne me juge pas.
Je commence à ressembler physiquement à celle que je suis dans mon Palais Mental, à savoir :
Plus mince, beaucoup plus mince, avec de longs très longs cheveux noirs ébène que je coiffe en une grossière natte dans mon dos. Des yeux saphir et un visage fin et pâle. Niveau vestimentaire, je porte une robe noire qui s’arrête au-dessus des genoux et des grosses chaussures sombres aux pieds.
Nous marchons en parlant de la Timeline, je traverse la petite route de West Street pour rejoindre le trottoir opposé, lorsque soudain…
Jem et moi avons NoClip.

Nous venons de quitter l’Irlande pour nous retrouver au milieu d’une salle géante. De plusieurs salles géantes, en fait, emboîtées les unes sur les unes, telles un labyrinthe infini. Mais le pire, le pire est la couleur des pièces : une espèce de jaune dégueulasse et angoissante. La texture ressemble à une étrange vieille moquette qui recouvre entièrement les sols, les murs, les plinthes, les plafonds et les moindres centimètres d’espace.
Des lumières, jaunes aussi, au plafond donne une ambiance encore plus étouffante et enfermée.
Mise à part cette couleur horrible, ce qui rend cet endroit affreusement malsain est tout simplement l’absence TOTALE d’Êtres Vivants : Êtres Humains comme animaux.
Rien ne bouge.
Rien ne respire.
Rien ne vit.
Seuls dans les Backrooms.
Paniqué, Jem se tourne vers moi en râlant :
– Nom de Dieu, Alisone, t’as encore passé ton temps sur YouTube ?!
Oups.

Il me jette un regard à la fois noir et effrayé :
– Pourquoi nous ne sommes pas en 2025 à Paris ?!
Je lève les yeux au ciel. Enfin : je lève les yeux vers le plafond jaune pipi :
– Parce qu’à chaque fois que nous sommes à Paris en 2025, je me fais attaquer par un Commando Russe ou par le Tulpa que j’ai créé y’a 20 ans de ça ! Et, j’en ai marre !
Derechef, il râle.
L’un à côté de l’autre, en nous tenant presque par la main pour ne pas se séparer, Jem et moi commençons à progresser lentement dans ce dédale bordélique jaunâtre.
Toujours plus inquiet, mon ami murmure à mon oreille :
– Comment fait-on pour NoClip à nouveau ?
Mon silence lui donne un léger frisson d’horreur et je peux sentir ses doigts trembler.
Il réitère :
– Ali ?
Je lève, encore, les yeux vers le plafond couleur urine, pour maugréer :
– J’en sais rien. Personne ne le sait.
Jem s’arrête net.
Ce qui m’arrête net également.
– Quoi ? demandais-je.
– Il y a un moyen de sortir de cette horreur… Toi ! Retournons dans ton Palais Mental !
Je tique :
– Tu n’as pas accès au Palais, Jem.
– Retournons à Drogheda, alors ! Je suis sûre que la file dans laquelle tu te trouves commence à avancer ! Ça va être ton tour !
Il n’a pas tort.
En deux secondes à peine, je NoClip pour sortir des Backrooms, puis je reviens aussi rapidement.
Jem sursaute.
J’explique :
– On a le temps.
– Le temps de mourir, oui.

Les couloirs se ressemblent tous avec ce jaune criard dégueulasse. Des murs à chaque coin, des virages qui ne mènent à rien, des cul-de-sac tous les trois mètres et des cachettes angoissantes disséminées un peu partout. Dans ce lourd silence pesant, il nous est facile d’entendre un bruit au loin. Un bruit étrange.
Métallique.
Inhumain.
Collé à moi, Jem me regarde avec effroi :
– Ali… Je croyais que nous étions les seuls dans les Backrooms.
Oups.
Je me mords les lèvres, avant de lui avouer :
– Oui, nous sommes les seuls Humains… Mais, à part nous, il y a plusieurs Entités qui se promènent là-dedans. Dans tous les Levels, d’ailleurs.
Je sens que mes paroles ne le rassurent pas du tout. Avec des yeux exorbités de terreur, il questionne à nouveau :
– Et ce bruit atroce, ça ressemble à quoi ?
Je hausse les épaules :
– Bof… Nous sommes au Level 1, ça doit être Bacteria.
– Quoi ? Cette chose a un nom ?!
Je souris :
– Plutôt un surnom, en fait. Enfin, d’Après ‘Async’.
Le bruit retentit derechef, nous faisant sursauter tous les deux en même temps.

Le regard de Jem devient totalement paranoïaque, vérifiant chaque centimètres carrées jaunes, tout en murmurant, un peu perplexe :
– Tu aurais dû NoClip ici avec Bucky, pas avec moi…
Je râle.
Il comprend :
– Quoi ? T’es en bisbille avec lui ?
– Nan… Mais, souvent, ce n’est pas Bucky qui débarque, mais le Soldat de l’Hiver. Sais-tu à quel point c’est long et compliqué de désactiver Bucky ?!
Jem tourne ses yeux, toujours apeurés, vers moi, et rétorque :
– Euh… Ouais… C’est sûrement tout aussi compliqué que de te désactiver toi, non ? Genre, Paris 2025 !
Je souris :
– Et après, tu te demandes pourquoi nous sommes dans les Backrooms…

La progression est lente et… Inutile ?
Il n’y a que du jaune, du jaune et encore du jaune ! Dans cet ordre précis !
Malheureusement, l’étrange son métallique retentit à nouveau.
Merde.
Jem m’agrippe le bras et fait danser ses yeux exorbités de terreur de droite, de gauche et de haut en bas. Lorsque, soudain, dans le coin de notre vision, juste là… Dans le coin caché de nos yeux, à droite, une ombre floue, noire, qui passe et se cache.
– ALI ! hurle Jem.
– Je sais, je sais…
Mon cœur bat à 100 à l’heure, je le sens tambouriner de toutes ses forces dans ma poitrine. Comme si mon palpitant voulait vraiment se barrer de là… Mais sans moi.
Aïe…
Puis… La forme floue revient.
Elle a presque une forme Humanoïde, comme une espèce de tête carrée, un corps fin, très fin et de longs bras métalliques aussi épais qu’un fil, de même pour le semblant de ses pieds.
Mais, surtout, à chacun de ses mouvements, le silence des Backrooms résonne de ce même son angoissant et inquiétant.
Comme des ongles sur un tableau noir.
Comme des coups métalliques.
Comme des crissements insoutenables.
– ALI ! hurle encore Jem.
Je sursaute.
Enfin, nous reprenons nos esprits et nous COURONS à l’autre bout du couloir, le plus vite possible !
Loin, très loin de Bacteria…

Nous courons, courons, courons, à perdre haleine, jusqu’à prendre un autre couloir jaune et tomber sur une porte… Jaune.
Jem et moi passons la porte.
Ensemble, on NoClip… Dans un autre endroit.

La première chose qui nous frappe : c’est le bruit.
Un horrible bruit, assourdissant, comme un ventilateur géant dont les hélices bougent sans discontinuer.
Encore et encore.
Comme de l’eau ou de l’électricité qui passent par des tuyaux géants, des murs, des fils.
Les tuyaux, parlons-en :
Nous nous retrouvons dans un minuscule couloir, sans fenêtre, gris, en pierres, dont les murs sont couverts d’énormes et immenses tuyaux qui sortent desdits murs en faisant un boucan d’Enfer.
Et la chaleur… Mon Dieu, la chaleur… Il fait une chaleur à crever dans ce bordel !
Entre la chaleur et le bruit, Jem hurle à côté de moi :
– Nom de Dieu, où sommes-nous, maintenant ?!
– Dans le Level 3 !
Jem me jette un regard interrogateur et s’écrie, pour se faire entendre par-dessus le brouhaha :
– Level 3 ?! Mais, nous ne sommes pas passés par le Level 2 !
– Peu importe ! Les Backrooms ne fonctionnent pas par ordre croissant ! Nous pouvons nous retrouver d’un niveau à l’autre sans ordre précis. D’ailleurs, le Level 3 est dangereux ! Ici, il y a les Smilers, les Voleurs de peaux et les Hounds !
Effrayé, Jem court dans les couloirs étouffants, avec une chaleur qui va jusqu’à 43°C, il tombe sur une vieille porte rouillée qu’il tire, puis pousse de toutes ses forces. Sans toutefois parvenir à la faire bouger d’un seul centimètre.
Je lève les yeux vers les tuyaux du plafond, en expliquant :
– Jem, toutes les portes de ce Level sont verrouillées.
Il hurle.
Il hurle à plein poumon.
Et son cri couvre à peine les bruits des tuyaux…

Nous marchons dans les fourneaux vociférant.
Jem me jette un regard suppliant :
– Alisone, pitié, essaye de NoClip, maintenant !
OK…

Nous nous retrouvons dans une salle immense, couverte de banderoles, de ballons multicolores, de gâteaux géants, bref, une Fête sans fin.
Jem sourit enfin.
Il se dirige vers les centaines de gâteaux appétissants, mais je l’en empêche :
– NON ! Jem, ne mange pas ça !
– Pourquoi ?
Je suis terrifiée.
Et il le voit, il le comprend.
Et cela le terrifie encore plus.
Je lui explique, en murmurant :
– Nous sommes dans le Level des Partygoers… Ils transforment les cadavres de leurs victimes en gâteaux…
Jem panique de plus belle.
Sur le mur, beige, un gros et grand smiley rouge sang saute à mes yeux :


=)

Les Partygoers.
Jem panique encore et encore.
La voix tremblante, il me murmure :
– Ali, s’il te plaît… Tu dois NoClip maintenant…

THE END
=)
Or not

You never leave the Backrooms.


Terminé le : 18.07.2022
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Knife & Gun

‘HYDRA’s not gonna attack you with a pocket knife.’

Eh bien, c’est ce que nous allons voir,
Chers lecteurs, tomber dans le cauchemar…

Les Voyages Temporels peuvent réellement être agréables et intéressants. Si seulement mes TSPT ne me ramenaient pas au même endroit, au même moment.
Si le ‘moi’ de cette Timeline doit avoir environ 13 ans, mon corps et mon âme en ont 32.
Et c’est tant mieux car, après la longue journée inutile de cours, il nous faut rentrer à la maison. Je ne suis pas seule dans cette Ligne Temporelle, puisque ma sœur de 11 ans est là.
Malheureusement, je me rendrais compte bien trop tard, qu’une autre personne s’est incrusté dans cette Timeline.
Pour la détruire.
Et moi avec.

‘He’s a ghost story.’
Les Bus ne passent plus à cause d’un match de Football. Et notre ‘Livre des Ombres’ pèse affreusement lourd dans mon sac à dos pour parcourir les 2 Km qui séparent l’École du Refuge.
Pendant ce temps, l’intrus se cache dans les ombres de la journée.
Un objet argenté à la main.
Nous accélérons la marche, parce que l’ombre se rapproche de nous, dans notre dos.
Lentement, mais sûrement. Une ombre avec un objet argenté à la main.
Au Refuge, avec d’autres personnes, le soleil brille en cette fin d’après-midi, lorsque l’attaque commence.
Brutalement.
Très brutalement.
L’homme sort de l’ombre de la journée. Ses traits sont tout aussi flou que l’ombre de laquelle il sort. Il doit avoir mon âge, l’âge de mon corps, grand, blanc, les cheveux sombres, comme tout le reste. En réalité, la seule chose qui brille dans le noir, c’est l’arme qu’il tient en main.
Un énorme couteau, dont la lame bien aiguisée cherche avidement du sang à boire.

‘There was a man… I knew him…’
Cet homme, devant nous. Je crois le connaître, sans parvenir à mettre un nom ou un visage dessus. De toute façon, rien de tout ça n’a d’importance, parce qu’il lève son bras pour commencer à faire abattre sa rage sur tout le monde : les gens au Refuge, ma sœur et moi.
Je me suis jetée sur lui au moment où il s’est jeté sur moi. La dague argentée en l’air s’est abattue sur moi. J’ai pu parer le coup juste à temps, avant de commencer un combat acharné contre un inconnu armé. Mon bras gauche arrête la lame à quelques centimètres de mon visage. Il est au-dessus de moi, cherchant désespérément à changer le métal de son poignard en une couleur plus vive :
Rouge.

‘We are both out of time.’
Le sang coule le long des dents de la lame d’argent, et la bataille au corps-à-corps continue avec l’étranger. Une plaie ouverte saigne dans la paume de ma main droite, là où la dague a goûté à ma chair. Ma force contre la sienne ne fonctionnera pas bien longtemps, il est temps de courir.
De courir vite et loin.
Les gens au Refuge, ma sœur et moi courons ensemble vers le grand sapin à l’entrée de la maison. Oui, le grand sapin est toujours là, debout et imposant, dans cette Timeline.
Je n’ai pas vraiment le temps d’être sentimental, car il nous faut grimper les branches du sapin et je ne suis pas aussi ‘arboricole’, si je puis dire, que j’ai pu l’être dans le passé. Je galère pas mal à choper une branche pour commencer mon ascension. D’ailleurs, je n’y arrive pas du tout, et les autres grimpent les uns sur les autres pour échapper à l’assassin mystère.
De fait, je préfère laisser ma branche à ma sœur, pour que son ‘jeune elle’ puisse escalader l’arbre.
Voyant que l’homme armé quitte la maison pour se diriger vers nous tous, je vérifie bien que ma sœur se trouve hors de sa portée, quelques mètres plus haut.
Une fois fait, je cours à nouveau, sautant par-dessus le grillage entre le Refuge et la maison voisine. Certains fuyards me suivent à travers les jardins des logements, bondissant au-dessus des fleurs, de l’herbe tondu, des haies taillées, et de tout autres obstacles entre nous, et l’inconnu.

‘Don’t do anything stupid until I come back.’
Le soleil ne semble pas vouloir se coucher, alors que d’ordinaire, tous mes combats se déroulent une fois la lune dans le ciel. Ne vous méprenez pas, le jour, c’est bien… Sauf lorsque vous désirez vous cacher d’un assassin qui vous pourchasse.
Trois autres personnes se trouvent à mes côtés, ils courent avec moi dans les hautes herbes vertes, jetant des coups d’œils frénétique dans nos dos. Lorsqu’un des fugitifs me crie dessus :
– Nom de Dieu, Ali, tu laisses des traces sur notre route !
Il me montre mes mains du regard. Je baisse mes yeux sur la plaie qui saigne et qui, effectivement, laisse des traînées écarlates jusqu’à nous.
Oh shit…
Lorsque, tout à coup, nous entendons des coups de feu.
Il semblerait que l’homme ne possède pas que des couteaux dans son attirail de l’ombre.
Malheureusement, il tient un pistolet entre ses mains meurtrières et il tire sur tout ce qui bouge dans les hautes herbes vertes. Autrement dit : nous.
Une montée d’adrénaline anime férocement les survivants, et moi-même, et nous courons le plus vite possible à travers champs.
Oh oui, à travers tous les champs de cette vieille campagne isolée.
En 2003…

‘If they’re shooting at you, they’re bad.’
Les balles pleuvent sur nous et je dois continuellement me baisser pour les éviter par miracle. Le soleil nous aveugle, mais ça ne semble pas déranger le tireur.
Je crois que deux des personnes de mon groupe sont touchés et tombe au sol, dans une flaque rouge.
Oh shit… Again…
Je cours, cours, encore et encore.
Sautant toujours de grillages en grillages, de haies en haies et de jardins en jardins.
Agrippant les portails de fer, titubant le long des poutres de bois ou de tuiles cramoisies, jouant les funambules sur les toits du Monde.
Tout le monde ne réussit pas ces prouesses.
Et il ne reste plus que moi… La seule que l’assassin suit avec véhémence.
Il court plus vite et avec plus de fluidité que moi, pour finalement me rattraper.
Finalement, ce qui devait arriver, arriva.

‘It always ends in a fight.’
Je suis seule sur une route abandonnée et goudronnée.
Seule ?
Oh non, pas vraiment.
L’assassin est juste en face de moi. Couvert d’ombres, avec ses yeux noirs. Il se jette sur moi, encore, couteau en avant. Son pistolet ne doit plus avoir de recharges, puisqu’il reprend son arme blanche.
Argentée.
Brillante.
Les rayons du soleil font briller la lame.
L’homme me bascule sur le dos, je suis allongée de tout mon long sur la route, avec le mystérieux assassin sur moi. Sa dague entre lui et moi.
Il la plonge vers moi. Je stoppe son élan par la seule force de mes mains. Mes deux mains, paumes contre paumes, la lame au milieu.
Je retiens, je retiens, je retiens…
Soudain, une douleur.
Une douleur insupportable et un liquide chaud qui commence à couler le long de mes poignets.
Puis, de mes bras.
L’homme continue avec plus de violence, tournant la lame dans tous les sens, me blessant par la même occasion.
La douleur de la lame qui ronge ma peau, de l’argent contre le rouge, me donne envie de tout lâcher. Seulement, si je lâche tout, la dague se plantera directement dans ma poitrine.
Et c’est exactement ce que l’assassin cherche à faire, de toute évidence.
La torture devient de plus en plus intenable.
La lame argentée.
Le sang écarlate.
Ses yeux ténébreux.
Et puis…
Je me réveille…

‘Well, I know a crazy when I see one. Because I am crazy.’

15.07.2022
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Timeline


Je ne retourne pas souvent en 2002.
D’ordinaire, mes traumas me ramènent, contre ma volonté, en 2011, 2013 et 2015.
Et je déteste ces Timelines !
Pourtant, j’ai une mission en 2002. J’ai perdu trois artefacts là-bas :
– Une clef électronique orange,
– Un collier offert par mes deux amies en 1998,
– Et un vieil harmonica que je traîne depuis 1996.
Pourtant, ce ne sont pas non plus ces artefacts que je cherche lorsque je Jump en 2002.
Il m’a fallu beaucoup, beaucoup de sauts dans le temps pour savoir ce que je cherchais.
Et encore, je n’en suis pas sûr à 100%.
Comme je l’ai dit, je ne vais pas souvent en 2002. L’année est trop proche des Attentats de 2001 et, merci un nouveau Trigger lu dans un livre, l’explosion d’AZF du 21 Septembre 2001. Explosion ressentie 120Km plus loin, dans ma petite école de campagne.
Mais le sujet n’est pas là !
Comme je ne vais que très rarement en 2002, une fois que j’y suis, je me dépêche dans ma mission.
Il m’a fallu plusieurs mois pour retourner entièrement ma chambre bleue, cherchant quelque chose dont j’ignorais totalement la forme.
Est-ce notre ‘Livre des Ombres’ ? Je l’ai tenu en main et… Rien.
Le carnet bleu de papa ? Peut-être.
Un livre ?
Oui, je crois que c’est un livre que je cherche.
J’ai fouillé cette fameuse chambre bleue :
Sous le bureau, dans les tiroirs, à l’intérieur du coffre en bois (avant que ce dernier ne devienne un objet hommage à mon père), mon étagère, mon armoire, mes classeurs…
Puis, j’ai re-Jumpé en 2021.
Eh merde.
.
Il me faut attendre longtemps pour retourner en 2002, mais une fois dans cette Timeline, je continue mes recherches :
L’étagère du salon : je fouille parmi les VHS, j’ouvre les cassettes, je cherche au dos de celles-ci, tout !
La salle de jeux, la commode de la vieille télévision cathodique, etc.
Pourquoi je vous parle de ça ?
Parce que je vais rarement en 2002.
Cette nuit, j’y suis allée.
Et j’ai complètement oublié ma mission…
.
Cela me fait toujours un pincement au cœur de retourner en 2002.
La dernière fois remonte à plusieurs mois de ça, j’y suis retournée avec Mick et nous avions monté des étagères dans la salle de jeux pour y mettre des vieux livres à moi.
Ceux qui ont disparu en 2021.
Avec Jem.
Du coup, j’ai revu ces étagères dans mon dernier Jump.
Mais, comme je le disais, j’ai oublié ma mission, car c’était l’anniversaire de ma sœur. J’ai voulu lui cuisiner un gâteau au yaourt. Je suis allée dans cette fameuse cuisine et, de la fenêtre de cette dernière, j’ai vu la façade du Manoir, au loin…
.
Bien sûr, dans mon corps d’adulte de 32 ans, ma vision a changé, j’ai grandi, je n’ai plus 12 ans.
Et le Manoir semble beaucoup plus proche de la cuisine. Je suis restée bloqué dessus.
J’ai vu les fenêtres du grenier et j’ai pensé à elle.
J’ai pensé à notre Code.
J’ai eu du mal à détacher mon regard du Manoir…

Puis, retour à la pâtisserie : je cuisine le gâteau au yaourt.
Au moment de le mettre au four, je galère un peu. Vous vous imaginez bien que notre four en 2002 est bien différent que celui que j’utilise en 2022 !
Mais bon, j’y arrive. Puis, je retourne au salon, sur la petite table, où j’avais commencé à peindre à la main mon violon en forme de guitare.
Un peu d’orange par ici et… Du jaune par-là ?
Mmmm, j’aimerais peindre mon instrument aux couleurs de ma Bumblebee.
Je continue.
.

Nom de Dieu, Alisone ! Ta mission !
Jem n’étais pas avec moi cette nuit.
Et Bucky devait encore être bloqué en 1943. La dernière fois que je suis allée en 1943, c’était le 9 Juin 2022 et ça ne s’est pas super bien passé. (Mission à lire au titre de : ‘Opération Overlord’)
Vous vous doutez bien que j’ai un temps imparti dans mes Jumps ! Je ne peux pas rester dans ces Timelines indéfiniment !
Et là, je perdais un temps précieux.
.
J’ai marché vers la fenêtre du salon. En 20 ans, le paysage a changé. Adieu la petite rivière, la minuscule forêt et le champ.
Désormais, tout était chargé de verdure : des mares aux canards magnifiques avec de beaux nénuphars, des tantes de toiles blanches habitants des bébés Bouledogues Anglais, des rizières, des roses géantes et artificiels à vendre.
Le parking des voitures était entouré de végétation luxuriante et un doux soleil réchauffait la journée. J’avais vraiment envie de me promener avec ma sœur, pour son anniversaire, au milieu de tout ça et de prendre des photos avec mon Iphone (Oui, anachronisme, mais je Jump de Timeline en Timeline n’oubliez pas !)
Je me suis laissé submerger par tout ça.
Je voulais jouer de mon violon, mais il séchait sur la petite table.

Je voulais retourner en Irlande, en 2022, mais je n’avais pas terminé ma Mission.
Je ne l’avais même pas commencé, d’ailleurs !
Et lorsque la voix de Mick s’est mise à hurler de me bouger avant qu’il ne soit trop tard… Eh bien, il était trop tard.
.
Je me suis rendu compte que, pendant tout ce temps, je n’avais même pas mis les pieds dans ma chambre bleue. Comprenant mon erreur, j’ai couru dans le couloir pour arriver devant la porte de ma chambre. Bien sûr, je n’ai pas eu l’occasion de rester dedans, ni même de fouiller, je commençais déjà à entendre la musique qui résonnait dans mon Palais Mental.
La musique qui vient de ce que nous nommons avec humour : ‘Radio Alisone’.
J’entendais déjà les paroles de ‘Uprising’ :

« Rise up and take the power back,
It’s time the fat cats had a heart attack, »

Non…

« You know that their time’s coming to an end,
We have to unify and watch our flag ascend. »

Cette chanson date de 2009.
Ce qui signifiait que la Timeline commençait petit à petit à revenir au présent.

« They will not force us,
They will stop degrading us,
They will not control us,
We will be victorious. »

Castiel faisait hurler ‘Muse’ dans le Palais Mental.
Après tout, ‘Uprising’ c’est sa Timeline.
Je n’ai même pas eu le temps de remplir ma mission en 2002, j’ai été de nouveau propulsé en 2022.
Eh merde.
.
.
.
Les Timelines avec leurs occupants et leurs rôles :
Jem (Jumper et Trauma Holder) : 1870 & 2017 mais nous restons désormais en 2023 ou 2025.
Castiel (Ange et Trauma Holder) : 2011 à 2015.
Oswal (Supervillain) : 2015.
Peter (Loup & Sauveur) : 2016.
Mick (Accompagnant, Sauveur & Trauma Holder) : 2017 à 2022.
Bucky (Soldat) : 1943 – 2021 & 2023, 2033.
Et moi je vais absolument partout !


03.07.2022
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Mon Palais Mental – Thérapie – Exercice 3

Mon Palais Mental
Thérapie – Exercice 3


Définition :
Ce Palais Mental, qui est le mien, est une parfaite fourmilière où tout, ou presque, est sous contrôle. Mais savez-vous ce qu’est réellement un Palais Mental ?
C’est l’Art de la Mémoire : un procédé mnémotechnique qui permet de mémoriser toutes sortes de choses : des souvenirs, des mots, des définitions, des listes, des noms, etc. Il suffit de créer son espace et de stocker les informations dans plusieurs endroits pour pouvoir les retrouver à tout moment, en se ‘promenant’ simplement dans ces lieux.

L’extérieur :
J’ai entièrement créé mon Palais Mental en 2013, mais il a évolué avec le temps.
Vue de l’extérieur, il ressemble à une gigantesque montagne sombre. J’ai protégé son entrée, secrète, par une énigme écrite en Runique, uniquement visible les nuits de Lune Bleue. Encore faut-il la lire, la traduire et y répondre… sans se faire dévorer…
Car, oui, autour de cette montagne imprenable, et sous un ciel continuellement noir, se cache d’affreux monstres Dantesques : Des Krakens, des Leviathans, des Démons et même le fameux Cthulhu ! Il vous faudrait alors éviter leurs horribles gueules pour lire l’énigme et y répondre !

La Grande Porte & le Hall :
Mais si, comme moi, vous passez l’immense Porte de plusieurs verrous et de plusieurs dizaines de mètres de haut, vous tomberez directement sur Peter. Il a été le troisième à entrer dans mon Palais. C’est un Loup-Garou et il est le gardien de la Porte. En effet, même si vous avez la chance de survivre aux créatures du dehors et de répondre correctement à l’énigme en Runique, Peter peut quand même vous refuser l’accès au Palais.
En 2016, Peter a été mon ‘Zing’. Depuis, il crapahute dans le Palais, tantôt gardant la Porte, tantôt reluquant ses griffes de Loup avec amusement.
Le Hall est immense : Plusieurs centaines de mètres de haut, taillé dans la pierre de la montagne, éclairé par des milliers de petites torches, accrochées aux murs. Leurs lumières magiques brillent sans discontinuité. Malgré le sol, en pierre également, il ne fait jamais ni trop chaud, ni trop froid, ici.

Le sous-sol :
Le Palais compte 8 étages, eux aussi taillés dans la pierre de la montagne, et desservis par des énormes escaliers en colimaçon, comme dans les Phares Terrestres que j’affectionne tant.
Dans les sous-sols, où jamais personne ne peut aller, j’y ai placé un véritable trou noir. Ce trou noir, c’est la ‘corbeille’ du Palais. Là où je jette toutes les données inutiles qui parasitent les étages.
Telles des ordures que l’on sortirait de notre maison, je jette dans ce trou noir des informations inintéressantes à mon goût. Ainsi, faire plus de place pour le reste !

Les étages & les Portes de couleurs :
– Du 1er au 3e étage, se trouvent les Portes Noires. Les Portes interdites d’accès. Derrière lesquelles se trouvent les mauvais souvenirs et les traumas.
– Le 3e étage dessert uniquement les Porte Dimensionnelles, celles qui permettent de se rendre dans tel ou tel Monde. Voulez-vous suivre les cours à Poudlard ? Ou combattre les Marcheurs Blancs derrière le Mur ? Parler aux Faunes de Narnia ? Sauver le Monde avec les Avengers ? N’attendez plus, passez les Portes !
Sans surprise, c’est l’étage où je passe tout mon temps, avec Mick.
Mick, un orphelin Anglais, est entré au Palais en dernier, en 2017. Il me suit absolument partout.
C’est mon âme-sœur depuis 2017.
– Du 4e au 6e étage, se trouvent les Portes Bleues. Les bons souvenirs (Ou les ‘moyens’), les données utiles (Définitions, livres, connaissances, langues, etc.)
– Et les derniers étages, jusqu’au 8e, se trouvent les Portes Blanches. Les Portes derrière lesquelles je retrouve les plus beaux de mes souvenirs. Aussi que les plus tristes, mais les plus purs.
– Au 8e étage, vous retrouverez Castiel.
Castiel a été le tout premier dans le Palais. Il m’a aidé à le construire. C’est un Ange du Seigneur, l’Ange des Larmes et de la Solitude. Castiel est mon Ange Gardien.
Il reste au 8e étage, l’étage ‘blanc’.
– Puis, dans les couloirs au hasard du temps, vous croiserez sans doute Oswald. Il marche en boitant, avec sa jambe droite raide, il a toujours un verre de vin rouge à la main. Vous pouvez aisément le suivre par les taches écarlates qu’il laisse sur le sol de pierre. Oswald a toujours l’air énervé ou en train de préparer un mauvais coup. Ce qui est souvent le cas. Mais il n’est pas méchant. Il aime juste boire et comploter dans son coin.
Oswald est devenu mon mari en 2015.

Mantra :
En sortant des escaliers en colimaçon, sur les murs des étages, vous pouvez lire mon mantra, écrit à l’encre noire :
‘Human. Hunter. Wolf.’
Mon Mantra, créé et inventé par moi-même. (Humaine. Chasseuse. Louve)
Celui qui désigne l’évolution de ma personne au fil des années.

La Salle sur Demande :
Dans le même concept que cette Salle connue de ‘Harry Potter’, ma Salle sur Demande change d’endroit et d’étage sans arrêt. Bien sûr, elle contient toujours ce que je souhaite. Donc, toujours, elle contient une magnifique plage de sable fin, avec deux transats, face à la mer, pour y voir le soleil s’y coucher, au milieu d’une jungle luxuriante. Mais cette Salle magique n’est pas vide. C’est le seul endroit où je peux y retrouver Draco. Comme moi, élève à Poudlard, dans la Maison des Serpentards !

Panic Room :
J’ai créé ma Panic Room avec Castiel en 2014. Et lui seul est autorisé à y entrer. Pour cela, j’ai pris en exemple mon livre préféré :
‘Le Petit Prince’
Ainsi, ma Panic Room s’ouvre sur l’Astéroïde B612 du Petit Prince. Avec la belle rose rouge sous globe et les volcans déjà ramonés. Je m’installe sur la chaise avec Castiel pour regarder les 1440 couchers de soleil, par 24H. Nous parlons et, sous l’infinité de l’espace, je me détends.

Les Portes Cachées :
Comme leurs noms l’indiquent, les Portes Cachées sont des minuscules Portes, parsemées au hasard des couloirs du Palais. Elles se reconnaissent notamment pour leurs bois usés et détruits, ou par leurs serrures énormes et rouillées. Elles sont verrouillées et, même moi, je n’y ai pas accès.
Je ne le souhaite pas.
Je peux parfois voir à travers le trou de la serrure, ou voir le sang qui coule sous l’interstice de la Porte, entendre les cris de l’autre côté du battant. Le trauma que la Porte cache, ne me donne, à aucun moment, envie de chercher les Clefs.
Seulement, ce sont souvent les Clefs, qui me trouvent…

Les Clefs :
– Certes, certaines Clefs sont semblables à la représentation que vous pouvez vous en faire : des gros objets anciens, rouillés et dorés.
– Mais il y a bien d’autre sorte de Clef :
Les ‘Triggers’.
Les ‘Triggers’, ou ‘Déclencheurs’, sont des stimuli de l’environnement externes (Chansons, odeurs, paroles, livres, mots, etc.) qui déclenchent en vous une émotion ou un souvenir tellement refoulé que vous ne vous en rappeliez même plus.
Jusqu’à ce que le ‘Trigger’ s’enclenche.
Je découvre très souvent des nouveaux ‘Triggers’ qui me sont propres. Certains sont, malheureusement, des Clefs. Et, en plus de déclencher une émotion, ils ouvrent une Porte Secrète.
Ou une Porte Noire. (Les pires)
– Avec cela, j’ai découvert en 2017 que les Clefs pouvaient aussi être des personnes. Lorsque Mick est entré dans le Palais, en 2017, nous l’ignorions tous les deux à l’époque, mais il était lui-même une Clef. Il a ouvert une Porte (Contre son gré et contre le mien) et la vague de souvenirs néfastes de l’autre côté m’a mise KO pendant 4 ans.
Les Clefs peuvent être tout et n’importe quoi.
N’importe qui.
Je ne possède pas tous les accès aux Portes, notamment celles que je refuse d’ouvrir, je les laisse bouger d’étages en étages, tout comme la Salle sur Demande.
En réalité, je passe mon temps au 3e étage, pour accéder aux Portes Dimensionnelles de tous les Mondes. De fait, le 3e étage est sans fin. Il est, à ce jour, impossible d’arriver à son mur du fond. En perpétuelle construction, car je crée et/ou découvre des nouveaux Mondes très très très souvent.
Si souvent qu’il est impossible de terminer officiellement l’étage des Mondes.

Habitants :
Nous sommes donc officiellement 5 à vivre dans le Palais :
– Castiel, qui m’a aidé à tout construire en 2013.
– Oswald, en 2015.
– Peter en 2016.
– Mick en 2017.
– Et moi, bien sûr !
Mais, depuis 2021, une nouvelle personne toque à la Grande Porte.
Je le connais… Mais, est-ce que tout comme Mick, il est lui aussi une Clef ?
Aurais-je le courage de le laisser entrer ?

Update :
Je voulais faire une mise à jour sur un personnage masculin dont je ne parle jamais. Enfin, si, mais rarement. Il se nomme Jem (En réalité, c’est le surnom de ‘James’ que j’ai changé en surnom de ‘Jeremy’.) Je n’en parle pas souvent, car ça me rend triste. Ça me rappelle 2017 et surtout, surtout, je revis en boucle un traumatisme de 2021. J’ai déjà essayé d’écrire un poème de présentation pour lui, sans arriver au bout. En revanche, j’en parle dans deux des mes histoires :
‘Everyody is dead’
La première fois qu’il est apparu en 2017.
‘Souviens-toi de nous’
Dans la boucle temporelle dans laquelle nous sommes bloqués lui et moi, en 2023, à Paris.
Contrairement aux autres personnages, Jem n’est pas à proprement parlé à l’intérieur du Palais Mental. Seulement dans quelques portes, du 3e étage. Je dois donc passer les portes pour le rejoindre. Depuis presque un an, nous sommes continuellement à Paris, en 2023.
Parfois nous nous retrouvons avant notre voyage par l’Orient Express pour la Sibérie et Constanța. Mais, le plus souvent, c’est après.
Bref, j’essaye de protéger Jem du reste du Monde et de le garder pour moi.
La raison pour laquelle j’en parle presque jamais.


Premier écrit : 29/30.12.2021
Update : 14.06.2022
Correction par Litany, merci infiniment !
Histoire associée : ‘Je ne suis pas toute seule dans ma tête, mais c’est moi qui commande !’
Poème associé : ‘Mick, Bucky et moi’
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Emprise

/!\ Âmes sensibles s’abstenir /!\

Laissez-moi vous emmener dans un autre Monde.
Une autre Dimension.
Ici, la Magie est réelle, elle complète ma vie. Pour le meilleur.
Mais aussi le pire.

Sous un ciel gris et menaçant, je tourne en rond dans un vieil appartement, aujourd’hui abandonné.
Dieu merci.
Mais, ce jour-là, je m’y trouve, devant la télévision, regardant des DVDs au hasard.
Je dois cependant me préparer pour sortir. Certes, c’est le soir et généralement, je reste à l’intérieur quand vient la nuit.
Pour des raisons évidentes.

Je porte une ‘petite robe noire’ à la mode Guerlain, des énormes chaussures sombres aux pieds et mes cheveux sempiternellement coiffé en une longue tresse brune.
Malheureusement, le temps passe vite et j’oublie la date.
Mais lui, n’a pas oublié.
Parce que, tous les six ans, un éternel Démon refait surface pour s’attaquer aux femmes comme moi.
Comme moi ?
Oui, les Sorcières. Les ‘Tueuses’ si vous voulez.
Et aujourd’hui, c’est le Jour J.
J’essaye pourtant de quitter l’appartement avant que le Démon ne me saute dessus.
Trop tard.

C’est une ombre et une silhouette. Immense. Tel un géant se cachant dans l’obscurité.
Dans le coin de mes yeux.
Je lui dis de ne pas revenir aujourd’hui, ça ne m’arrange pas du tout de chasser les Démons ! J’ai trop de choses à faire ce soir !
Vous pensez bien qu’il s’en fiche éperdument.
C’est l’heure.
Point.

Bien sûr, il y a une façon de s’en débarrasser. Une seule façon.
Une potion secrète, bien gardée. Tellement bien gardée, qu’il faut savoir où elle est cachée.
Et, où est-elle cachée ?
Vous vous souvenez des DVDs que je regardais tantôt ?
Eh bien, dans l’un d’entre eux, un en particulier, il faut le lire dans le lecteur et cliquer dans les ‘Bonus’ d’un épisode bien précis.
Une fois dans ces Bonus, il faut encore chercher les ‘caches’. Les ‘codes sources’ des Bonus.
Dans ce code source, il y a la fameuse potion secrète qui permet de se débarrasser du Démon.
Problème : Le Démon est là, collé à moi. Et le bougre comprend TRÈS vite ce que je suis en train de faire. Ainsi, il attrape la télécommande pour effacer le code source avant que je ne puisse le lire.
Une lecture rapide m’a permis de seulement avoir les ingrédients :
Du sang, de six personnes différentes, des femmes. Juste quelques gouttes.
Et des pépins de ‘pears’.
Ah oui, ai-je dit que la formule est en Anglais ?
Voilà, c’est fait.
‘Pear’ c’est ‘Poire’ en Anglais.
OK, pas le plus compliqué des ingrédients donc.
Mais le reste…
Le Démon détruit le DVDs et, avec lui, la formule magique.

Le Démon me tourmente. C’est son boulot, tourmenter les Sorcières pour les rendre folles et les tuer.
Donc, je ne perds pas plus de temps, je quitte le vieil appartement et je descends rapidement les quatre étages, sans ascenseur.
La nuit tombe doucement dehors, et je me dirige vers ma voiture, lorsque deux personnes me font signe avec des sourires radieux.
Sur le moment, je ne comprends pas très bien.
Jusqu’à ce que je les reconnaisse. Ce sont deux connaissances à moi que je n’ai pas vue depuis…
13 ans !
Une femme et un homme, heureux de me faire la surprise. Ils me font un énorme câlin qui fait du bien. Je suis toujours sous le choc, sans rien dire.
Le Démon me colle à la peau, mais je suis la seule à le voir.
Et à subir ses attaques.
Le gentil couple m’avoue qu’ils sont là pour ma sœur et moi. Pour nous emmener quelque part et passer du temps avec nous pour rattraper ces années perdues.
En vrai, je suis contente, ça me fait chaud au cœur.
Mais, ça tombe mal. Très mal. On ne va pas se mentir, c’est la merde.
Voilà.
Sous le choc, je suis mes amis vers leurs voitures et j’y retrouve ma sœur.
Justement, je voulais lui parler.

Nous arrivons dans un grand bâtiment. Un mélange entre un magasin et un restaurant immense. Ils veulent nous inviter à manger, eux, leurs enfants, ma sœur et moi.
Ah et, le Démon, aussi. Mais personne ne peut le voir, sauf moi.
(Arthur Pendragon, si tu passes par là, je te comprends !)
Le Démon hurle dans ma tête. J’essaye de me concentrer sur mes amis, jouant tantôt avec les enfants, picorant tantôt un peu de nourriture.
Malheureusement, mon humeur devient de plus en plus sombre.
Noire.
Je me mets, sans faire exprès, à crier au lieu de parler. Pour couvrir les paroles du Démon à côté de moi, celui-là même que personne ne voit ou n’entend. Sauf moi.
La famille accueillante me jette des regards étranges. Pas encore moralisateur, mais ça va venir.
J’essaye vraiment, de toutes mes forces, de me concentrer sur la réalité, mais le Démon n’a pas dit son dernier mot :
Toujours au chaud dans mon pauvre crâne, il attrape mon âme par derrière.
Tout est noir, sans lumière, juste assez de poussière lumineuse pour voir la scène telle une spectatrice impuissante. Le Démon est allongé sur le dos, sur un sol froid et dur et il me tire par derrière. En fait, non, il enlace mon cou de ses mains énormes et puissantes.
Puis, il m’étrangle.
Il tire comme un beau Diable, de toutes ses forces sur ses bras musclés et mon corps se cambre pour essayer de me défaire de cette emprise mortelle. En vain, bien sûr. Même en gesticulant dans tous les sens et en posant mes mains sur les siennes, je n’arrive pas à le faire bouger d’un seul millimètre.
Je suis clairement en train de m’étouffer lentement.
Dans ma tête.
Parce que, pendant ce temps, mon corps est toujours dans l’étrange restaurant.
Au ralenti.
Le regard dans le vide.

Mon état catatonique inquiète vraiment mes amis et ma sœur.
Ils essayent de me ramener à moi, ce qui est difficile, puisque le Démon est le plus fort.
Je me débats de toutes mes forces.
Finalement, c’est le Démon qui lâche prise. Il a terminé de s’amuser.
Pour l’instant.
Dans la réalité, je suis secouée de spasmes et je tousse à en cracher mes poumons. L’air me brûle la gorge et je suis assise par terre sans pouvoir tenir sur mes jambes.
Désormais, tout le monde s’inquiète et commence à me poser des dizaines de questions.
Des questions auxquelles il est difficile de répondre. Oui, la Sorcellerie s’est beaucoup démocratisée avec le temps. Sûrement grâce à la mode des ‘Sorcières’ du dimanche sur TikTok.
(Oh ! Une balle perdue…)
Inutile de vous dire que c’est un chouilla plus sérieux et officiel ici.

Comprenant que je vais bientôt mourir si je ne fais rien, je décide de tout expliquer.
Les parents, les enfants et ma sœur me regardent avec des yeux ronds d’étonnement.
Normal.
Mais… Ils ne semblent pas dubitatifs. Ils me croient !
D’ailleurs, la maman me demande, avec inquiétude :
‘Pourquoi tu ne l’as pas dit plus tôt ?’
Je souris jaune, en raillant presque :
‘Quoi, genre : désolée, je ne peux pas venir au restaurant, je dois braquer un hôpital pour trouver six différents types de sang… ?’
Euh…
Pas le temps d’ironiser encore plus, car le Démon revient en force dans mon crâne.

Heureusement, un ami à moi, un Sorcier lui aussi, avait senti la résurrection de ce Démon et il m’a retrouvé. Dans sa main, il tenait quelque chose de très simple et pourtant si important :
Un coffret DVD.
Alors, petite information à savoir, ce n’est pas parce que nous sommes des Sorciers que nous n’avons pas un humour de merde, nous aussi. Parce que je n’ai pas dit dans quel DVD exactement nos ancêtres ont caché le code source de la potion, alors voilà :
Dans les DVDs de la célèbre ‘Buffy’.
Voilà, parenthèse ridicule fermée.

Maintenant, revenons à nos Démons, et surtout au mien qui me torture sans discontinuer. Comprenant que je ne pouvais pas me défendre, mes amis ont décidé de m’aider.
D’abord ma sœur, infirmière, est partie vers son hôpital pour récupérer six fioles de sang, de six femmes différentes.
Le Sorcier a mis le DVD dans le lecteur du restaurant pour accéder au code source des Bonus. Le Démon était bien trop occupé à me torturer pour détruire à nouveau la formule. Pendant que mon accointance écrivait les ingrédients, la famille des enfants ont commencé à les chercher.
Le Démon était carrément en train de me tuer à petit feu, mais Dieu merci, tout le monde a cru à mon histoire et m’a aidé à faire retourner ce monstre dans les Enfers desquels il s’était échappé.

Puis, je me suis réveillée…
Complètement épuisée.
On se demande pourquoi.

09.05.2022
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À l’ombre


Je suis Designer, diplômée en 2015.
Je suis Écrivaine, depuis mon premier livre publié en 2009.
Je suis Violoniste, depuis 2019.
Dessinatrice et peintre depuis ma naissance.
Je suis une Artiste…
… de l’Ombre.

J’ai créé mon Business de Design en 2019, et je n’ai eu que 2 clientes depuis.
J’ai publié un magnifique roman de littérature contemporaine en 2019 également, et je n’ai eu que 5 lecteurs.
Je n’ai jamais participé à des séances de dédicaces, par manque d’argent et de lecteur.
Je n’ai aucun lecteur sur mes sites de publications en ligne gratuits.
Ni personne sur mon compte YouTube depuis 2011.
Je n’ai aucun client via mon Site Internet professionnel.
Depuis 4 ans déjà, je n’ai aucun jour de repos, aucun jour de congé, aucun week-end, aucun temps off, aucune vacance car absolument aucun revenu.
Ici, c’est pâtes au pesto midi et soir.
C’est l’hiver sans chauffage.
C’est acheter des vêtements à 2€ dans des boutiques de secondes mains.
C’est gratter le porte-monnaie pour prendre le Bus.
Et pourtant…
Et pourtant, JE CONTINUE !
Je ne lâche RIEN !

Je suis une Artiste de l’Ombre, comme des milliers d’autre, qui grattent la surface pour trouver la Lumière. Et je ne m’arrêterai que lorsque l’Ombre m’aura dévorée.

Êtes-vous un(e) artiste de l’Ombre ? Ou de la Lumière ?