Triggers & Time Travelling – Knights Of Cydonia

Notes de l’Auteure :
Pour bien comprendre ce nouveau chapitre, je vous conseille vraiment de lire mes articles :
« Mon Palais Mental – Thérapie – Exercice 3 »
& « Trigger, Dissociation et Création »
J’explique comment mon Palais Mental fonctionne, les étages, les salles et les gens à l’intérieur.
Même si ici, il ne sera pas question de mon Palais Mental, mais de Dissociation et de Voyage Temporel, tout comme mes histoires :
« Souviens-toi de nous »
« Piégé dans les Backrooms »

Dans mon histoire « Trigger, Dissociation et Création », je vous ai raconté l’horrible journée du Mardi 15 Novembre 2022, lorsque nous avons enterré la maman de mon chéri Irlandais. J’ai créé une nouvelle salle dans mon Palais Mental ce jour-là…
J’ai été Triggered récemment sur YouTube. Et ce Trigger a Triggered autre chose, provoquant une réaction en chaîne.
Je ne voulais pas écrire cette histoire, mais hier, en fouillant dans mes dossiers sur mon ordinateur (Datant de 2013) je suis tombée sur une vieille histoire et…
Bah, je me suis dit : ‘Allez, on s’en fiche, écrivons ça !’
Surtout que le Dimanche 11 Décembre, mon chéri, sa famille et moi-même sommes allés à la Messe de midi, à l’Église ‘St. Mary’ ici, à Drogheda, là où la maman de mon chéri a reçu les derniers sacrements. Ce dimanche-là, le Prêtre a parlé de la maman durant la Messe, en commémoration.
Tout ça a duré 45 minutes.
45 minutes durant lesquelles je n’étais pas là, mentalement parlant…
Non, je ne me suis pas réfugiée dans mon Palais Mental.
Mes derniers Triggers ont fait autre chose…
Laissez-moi vous raconter ça…
(Toutes les conversations sont normalement en Anglais.)

[À Drogheda, en 2023 – 11h45]
Mon chéri et moi sommes sortis de l’appartement, dans le froid glacial de ce Dimanche. Il faisait -3°C et je ne sentais déjà plus mes doigts.
Nous nous sommes dirigés vers l’Église. J’aurais voulu descendre une Guinness avant ça, mais la Messe allait bientôt commencer…
Nous sommes entrés dans l’Église, nous cachant dans un coin, en face de dizaine de bougies allumées devant la Statue de Dieu. Nous attendions la famille de mon chéri pour nous installer sur un banc.

[Dans mon Palais Mental]
Mick a voulu m’emmener dans la Salle de Bal, mais une musique résonnait dans le Palais.
Une chanson qui m’a Triggered et m’a conduite ailleurs…
Avec Jem…

[À Drogheda, en 2023 – 12h05]
Nous sommes tous assis, toute la famille, sur deux bancs et le Prêtre a commencé sa Messe…
Je n’écoutais pas, car je n’étais déjà plus là…

[À Paris, Hôtel Hilton, en 2025 – 08h00]
Comme souvent, lorsque je rejoins Jem, nous sommes dans le futur.
Ici, à Paris, dans l’Hôtel Hilton, près de l’aéroport Charles de Gaulle.
C’est toujours la même chose…
Puis, comme toujours encore une fois, Jem est arrivé devant moi.
Jem ne ressemble pas à 100% au personnage dont je lui ai donné le nom. Il n’est pas Japonais, ne joue pas de Violon et il n’a pas de tatouages de runes sur sa peau pâle. Par contre, tout comme son homologue, il a les cheveux aussi blanc que les neiges de Sibérie et les yeux aussi noirs que les profondeurs de la Tranchée Mariana.
Nous étions à la Cafétéria, durant le petit-déjeuner, je sirotais un café noir sans sucre dans lequel j’avais versé quelques lampées de Whiskey en cachette, depuis ma flasque en métal. Lorsque Jem s’est installé devant moi avec son énorme tasse de thé, il m’a dit :
– Bon… La semaine prochaine, tu vas jouer pour la première fois du Violon sur scène…
Mon ventre se noua :
– Ouais, je sais, merci de me stresser !
– Non, mais, je pense que nous pouvons faire une répétition ici, tu sais… Une répétition un peu plus… Rock’n’Roll…
J’ai plissé des yeux :
– Tu veux que je répète une chanson de Rock en Août 2025 pour un concert de Noël que je vais faire en Décembre 2023 ?
Il a souri en buvant son thé Earl Grey :
– Yep… Ce soir, ici, à l’Hôtel. J’ai déjà apporté ton Violon Électrique ‘Merlin’. Comme ça, sa couleur sera assortie à ma Guitare !
J’ai soufflé, en maugréant :
– Laisse-moi deviner : Ta Guitare est rouge avec des paillettes, n’est-ce pas ?
Il sourit jusqu’aux oreilles :
– Yep ! Bon, je ne jouerais pas aussi bien que Matt Bellamy, mais on va s’amuser, tu vas voir !
Bloody Hell… Il me faut plus de Whiskey !

[À Drogheda, en 2023 – 12h15]
Le Prêtre parlait au micro et nous faisait se lever, s’asseoir, s’agenouiller, etc.
J’ai follow la foule sans prêter attention aux paroles ni même au reste. Je commençais à stresser, je devais bientôt jouer sur scène !

[À Paris, Hôtel Hilton, en 2025 – 20h00]
J’étais dans les Backstages, derrière la scène, avec Jem qui réglait sa Guitare. Jem portait une tenue entièrement blanche, ce qui rendait ses cheveux en bataille plus blanc encore, et il avait des chaussures et une ceinture rouge, en clin d’œil à sa Guitare écarlate qu’il avait en bandoulière autour de lui. Il s’amusait avec son Médiator noir dans la main droite, tout en me parlant.
Je portais une robe blanche avec des chaussures noires. Mes longs cheveux châtains étaient, comme toujours, noués en une grande tresse dans mon dos, et j’accordais ‘Merlin’, mon Violon Stagg Électrique en forme de ‘S’. L’instrument était en métal, donc plutôt lourd, j’ai posé mon repose-menton et j’ai réglé mon Archet aux cheveux rouges.
Je commençais à stresser… Ou à être blasé, je ne sais pas :
– Jem… Je ne connais plus les paroles.
Il a souri, en narguant :
– Menteuse. Tu connais toutes leurs paroles par cœur depuis Septembre 2012.
J’ai grogné. Et j’ai maugréé de plus belle :
– Je déteste les Voyages Temporels…
– C’est pas ce que tu disais quand tu voyageais avec le Docteur…
Bon, j’arrête de me rebeller, ça ne sert jamais à rien avec Jem !
Quand il a une idée en tête, c’est quasi-impossible de le raisonner !

[À Drogheda, en 2023 – 12h25]
Nous devions nous lever, nous asseoir, et mon corps fonctionnait par mimétisme : copiant mon chéri à ma gauche et les autres Irlandais dans l’Église, lorsqu’il fallait faire le signe de Croix ou se mettre à genoux pour prier.

[À Paris, Hôtel Hilton, en 2025 – 20h10]
Il y avait presque 300 personnes en face de la scène. Jem avait créé un petit concert ‘amateurs’. Sauf que, j’ai tiqué en voyant l’homme derrière la batterie. Je me suis penchée vers Jem, en murmurant :
– Je rêve où c’est Gustav Schäfer le Batteur ?
Jem sourit :
– La toi de 2007 serait tellement contente, n’est-ce pas ?!
Yep… Il avait raison.
Putain de Sauts Temporels…

[À Drogheda, en 2023 – 12h30]
Le Prêtre a repris son sermon au micro.

[À Paris, Hôtel Hilton, en 2025 – 20h15]
J’étais sur scène, avec des lumières dans la figure, en face d’un micro et mon Violon calé sur mon épaule gauche et mon Archet dans la main droite. Jem souriait comme un gosse le matin de Noël. Il avait lui aussi un micro devant lui et sa Guitare rouge sur sa gauche, les paillettes sur l’instrument brillaient de mille feux. Jem se tourna vers moi et me fit un clin d’œil.
Puis, il entama la musique.
Il s’excitait avec le Médiator sur les cordes de sa Guitare, en faisant Vibrato sur Vibrato.
Rapidement, je l’ai suivi avec mon Violon.
Le début de notre chanson n’était composé que de musique et de simples vocaux qui consistaient à dire ‘Ahhhh Ahhhh Ahhh Ahhh’. Mais, nom de Dieu, la mélodie était tellement belle !
Je me suis bien vite laissé entraîner par la chanson…


[À Drogheda, en 2023 – 12h35]
Le Prêtre a prononcé les noms des récents décédés, dont la maman de mon chéri…

[À Paris, Hôtel Hilton, en 2025 – 20h17]
Après 2 minutes 6 secondes de musique, nous avons enfin entamé le chant.
Jem et moi, en chœur :

« Come ride with me,
Through the veins of history,
I’ll show you how God,
Falls asleep on the job.

And how can we win,
When fools can be kings ?
Don’t waste your time,
Or time will waste you… »

10 ans plus tard, et les paroles revenaient comme si je les avais apprises la veille.
La musique, c’est comme le vélo…
La fièvre du Rock nous a vite emportés et je grattais de toutes mes forces et à toute vitesse sur les cordes de mon Violon, comme Jem le faisait sur sa Guitare.
Après d’autres vocaux, nous avons arrêté de jouer pour chanter fort, et presque A Cappella :

« No one’s gonna take me alive,
Time has come to make things right,
You and I must fight for our rights,
You and I must fight to survive !

No one’s gonna take me alive,
Time has come to make things right,
You and I must fight for our rights,
You and I must fight to survive !»

Jem levait les bras en l’air pendant que je souriais.
Plus rien n’avait d’importance, à part la chanson.

[À Drogheda, en 2023 – 12h40]
Les gens se sont levés pour récupérer l’hostie. J’ai décalé mes jambes pour laisser passer mon chéri et sa famille. J’étais en toute fin de rangée et je ne voulais pas prendre l’hostie.
Mais eux, si.

[À Paris, Hôtel Hilton, en 2025 – 20h19]
Jem a recommencé à gratter comme un fou sur sa Guitare et je fis de même sur mon Violon. Dans le feu de l’action, j’ai même commencé à danser sur scène tout en tenant mon instrument.
Il restait encore un refrain à hurler dans les micros :

« No one’s gonna take me alive,
Time has come to make things right,
You and I must fight for our rights,
You and I must fight to survive !»

Le Batteur frappait de toutes ses forces, et Jem ne se sentait plus. L’ivresse de la musique nous a presque rendu sourds et fous.
Dieu merci, nous étions déjà fous avant ça…

[À Drogheda, en 2023 – 12h43]
Le Prêtre, sur scène, devant le micro, a récité les remerciements et a clôturé la Messe.

[À Paris, Hôtel Hilton, en 2025 – 20h21]
Lorsque la musique s’est arrêtée, les lumières se sont éteintes et j’ai pu voir le public en face de moi. Mon cœur a raté un battement en voyant des têtes connues…
Surtout une…
Choquée et énervée, je me suis tournée vers mon ami, en hurlant presque :
– Nom de Dieu, Jem ! Tu ne m’avais qu’elles seraient là !
Il a haussé les épaules. Tout en débranchant sa Guitare, il avoua :
– Quoi ? L’une d’elles est fan de ‘Muse’, non ? Elle devrait être contente !
Je lui ai jeté un regard noir, en raillant :
– Pas sûr que tu chantes aussi bien que Matt…
Il sourit néanmoins :
– Ouais, mais je suis Britannique comme lui !
– Et ?
Il se posa devant moi, en s’amusant :
– Et, tu as un Kink avec les British… Et les Guitares rouges, apparemment.
Il rit de bon cœur, pendant que j’essayais de me justifier :
– Pas du tout !
– Oh si, Ali, sans déconner ! Mick ? Moi ? Sherlock ? Charlie ? James ? Le Docteur ? Les trois Colin ?
– Le Docteur et James sont Écossais, pas Anglais ! Et les trois Colin sont Irlandais !
– Rhoooo, Ali, arrête et avoue que tu t’es amusé ! La prochaine fois, on jouera ‘Uprising’ !
– Continue comme ça et y’en aura pas des ‘prochaines fois’…
Jem leva les yeux au ciel.

[À Drogheda, en 2023 – 12h45]
Nous nous sommes tous levés pour quitter l’Église. Il y avait beaucoup de monde et le froid de l’extérieur m’a directement ramené dans la réalité.
Mon chéri a parlé à des amis et à sa famille, puis nous nous sommes réfugiés au chaud dans le Pub ‘Ollie’s’ pour descendre quelques Guinness…
… Jusqu’à 20h30 !
(Les failles Spatio-temporelles sont assez récurrentes dans les Pubs…
Je me suis fait avoir plus d’une fois !)

THE END

PS : Ce Samedi 17 Décembre, je vais réellement jouer mon premier solo au Violon, lors du ‘Christmas Concert’ organisé par mon École de Musique. Dans une Église, je vais jouer ‘Silent Night’… Et je vais porter une robe rouge ! Je jouerais avec mon Violon Acoustique ‘Aithusa’.

14.12.2022
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

An Irish Christmas Cottage ☘ Collection de Noël 🎄

J’AI REÇU MES STICKERS !
Je suis si émue d’avoir reçu mes premiers stickers !
Tout ce que j’aime :
Les autocollants, l’Irlande et Noël.
Et je veux partager cette magie avec vous…

☘🎄

Le prix sera de 5€ pour la plaquette + les frais d’envoi + une carte Irlandaise.

Vous pourrez payer par don sur mon Tipeee, par abonnement sur mon Patreon ou par virement bancaire.

Oh et, lundi, il y aura un Design Bonus dans le thème :
Irish Christmas Cottage.
Un Design qui ne sera pas sur les Stickers, mais qui sera en Bonus sur mon Instagram.

L’histoire avec les stickers :
Il fait froid dehors, une bise glaciale vient raviver vos sens, tandis que vous marchez lentement vers le Tír na nÓg, la Lande de la Jeunesse, où votre Cottage se trouve.
Nous sommes le jour de Noël, vous êtes en Irlande, le feu crépite au cœur de la cheminée. Une table de bois est remplie de victuailles fumantes : du jambon cuit, de la dinde arrosée de Gravy, des pommes de terre écrasées remplissent votre assiette avec plusieurs légumes cuits et un peu de Stuffing.
Vous buvez un bon Grog bien chaud, au goût de Jameson, du Whiskey Irlandais. Vous vous amusez avec les Crackers, et vous mettez la couronne de papier sur votre tête.
Pour le dessert, vous prenez quelques parts de Pudding, puis une Pint de Guinness pour faire passer votre succulent repas.
Devant les flammes dansantes, au milieu du Cottage, vos yeux se ferment et vous commencez à rêver, à voir les Dieux et Déesses du Tuatha Dé Danann.
La neige tombe dehors, et vous entendez les flocons s’écraser sur le toit du Cottage. Le vent souffle encore plus fort et la nuit est désormais noire.
Le blizzard grandit et, dans votre sommeil, vous l’entendez vous parler.
Oui, le vent vous parle, et fredonne dans une voix grave et lointaine une phrase en Gaélique Irlandais :
‘Nollaig shona dhuit !’
Joyeux Noël…

☘🎄

Créations réalisées par mes soins, en vecteur sur Illustrator.
Passez-moi commande en commentaire !

Pour Noël, offrez…❄

POUR NOËL, OFFREZ…
❄ Offrez une histoire d’amour.
❄ Offrez un voyage littéraire en Irlande.
❄ Offrez des mots.
❄ Offrez de la magie.
❄ Offrez du rêve.
❄ Pour Noël, offrez un livre.

Pour Noël, offrez :
‘L’Enfant de Drogheda’
Mon bébé de papier est disponible sur toutes les plateformes de ventes en ligne :
FNAC, Decitre, Amazon, Cultura, Publiwiz, etc.



Taim bean in Éirinn anois.
Is aoibhinn liom Éire, Droichead Átha, Cultúr na hÉireann agus An Inse.

Trigger, Dissociation et Création

Notes de l’Auteure :
Pour bien comprendre ce nouveau chapitre, je vous conseille vraiment de lire mon article, au nom de :
« Mon Palais Mental – Thérapie – Exercice 3 »
J’explique comment mon Palais Mental fonctionne, les étages, les salles et les gens à l’intérieur.
Ici, je vais essayer de vous décrire au mieux comment une nouvelle salle s’est créée hier, et pourquoi.

Je vis à Drogheda, en Irlande, depuis 4 ans. Je vis avec mon chéri, un Irlandais, dont je garderai le nom anonyme pour des raisons évidentes.
Le vendredi 11 Novembre 2022, sa maman nous a quittés…
Je la connaissais, pour avoir fait quelques Noël avec la famille de mon chéri.
Le dimanche 13, nous avons attendu pendant plus de 4h30, durant la veillée du soir, que le Prêtre vienne pour les derniers sacrements.
Pendant ce long temps, je dissociais beaucoup, et je me retrouvais dans ma Panic Room, à l’intérieur de mon Palais Mental, en compagnie de Castiel. (Lire l’article à ce sujet) mais, dans les grandes lignes :
J’ai créé ma Panic Room avec Castiel en 2014, j’ai pris en exemple mon livre préféré :
‘Le Petit Prince’
Ma Panic Room s’ouvre sur l’Astéroïde B612. Avec la belle rose rouge sous globe et les volcans déjà ramonés. Je m’installe sur la chaise avec Castiel pour regarder les 1440 couchers de soleil, par 24H.

Le mardi 15 Novembre, jour de l’enterrement…
Après avoir suivi le cortège jusqu’à l’Église, j’ai été Triggered :
Lorsque mon chéri et sa famille ont soulevé le cercueil de leur maman pour le faire entrer dans l’Église, j’ai eu des flashbacks de cette exacte même scène, pour mon père. Assassiné le 1er Janvier 2007, décédé le 2, enterré le vendredi 5. Entre temps, à l’Église, les collègues Gendarmes de mon père ont soulevé son cercueil pour le conduire devant l’autel du Prêtre.
Triggers.
J’ai pleuré.
En m’asseyant sur le banc, j’ai commencé à dissocier et à me réfugier dans mon Palais Mental. Ma Panic Room n’était pas suffisante.
Alors…

[À Drogheda]
J’étais assise sur le banc, avec la famille de mon chéri. Les paroles du Prêtre m’ont emporté loin…

[Dans mon Palais Mental]
Mick est arrivé devant moi, au début, nous sommes restés ensemble dans le couloir du 3e étage. Je n’étais pas d’humeur de passer une Porte Dimensionnelle pour aller ailleurs.
Du coup, Mick et moi sommes restés à marcher au 3e étage. Il essayait de me calmer, tandis qu’Oswald est arrivé devant nous, avec toujours son verre de vin rouge à la main, pour nous parler. Il me disait de le rejoindre et de passer la Porte pour aller chez lui à Gotham.
Mais, comme je le disais, je n’étais pas d’humeur…

[À Drogheda]
Les membres de la famille vont lire des prières au micro de l’autel.

[Dans mon Palais Mental]
Mick veut m’emmener dans ma Panic Room. Mais, toujours pas d’humeur.
Alors, nous avons décidé de créer une nouvelle salle. D’une beauté incommensurable pour contrecarrer l’horreur de la vraie vie.
J’ai utilisé ma Magie et mes sorts, pour ouvrir une nouvelle pièce, une salle géante, aussi grande que la plus grande des salles de bal.
Oui, la nouvelle salle est une salle de bal.
Je lançai mes sortilèges pour créer le sol, le plafond et les murs :
– Ic bebeode þisne sweord þæt hé forcierfe þá bende þæra dracan un clýse…
Imaginez la salle de bal dans le Disney ‘La Belle et la Bête’, c’est aussi grand que ça. Au début, il y avait des tapis de velours rouge et des vitraux multicolores aux fenêtres.
Mais, finalement, ça ne me plaisait pas. Alors, j’ai tout changé :
– Awendaþ eft wansæliga neat…
Les murs sont devenus un océan.
La salle immense est comme un dôme. Un dôme de verre, qui donne directement sur le plus bleu des océans. Les murs sont comme des vitres d’aquariums géants, avec une vue à 360 degrés, de gauche à droite, et même en haut. L’eau cristalline éclaire les milliers d’animaux marins.
Vous pouvez voir passer des pieuvres géantes, des méduses, des poissons étranges, des étoiles de mer, des requins, des baleines au loin et les algues dansant sur les coraux multicolores des récifs. Bien sûr, quelques Sirènes venaient nous voir, de temps en temps.
Le sol a la même couleur que celle du sable.
Malgré le fait que l’eau éclairait la salle, j’ai murmuré un nouveau sort :
– Leoht !
Des bougies, des chandelles sont apparus au-dessus de nos têtes, flottantes par magie. Comme le ciel de la Grande Salle dans Harry Potter.
Des bougies aux flammes éternelles, par centaines, toutes autour de nous, pour nous illuminer et faire briller l’océan.

[À Drogheda]
Nous nous mettons à genoux pour prier, tandis que le Prêtre parle.

[Dans mon Palais Mental]
Mick était époustouflé, tournant sa tête dans tous les sens. C’était comme vivre sous l’eau, dans un dôme géant, en mode Atlantis.
Il manquait cependant une dernière chose à cette salle de bal :
– Flíeh on nu moras.
Des millions d’étincelles azur m’entourèrent pour créer, par ma magie, une magnifique robe. Une copie simplifiée de la robe de Cendrillon, dans le film de 2015.
D’un bleu aussi pur que l’eau de l’océan, un long pan qui tombait à mes pieds et des bretelles de dentelles couvertes de paillettes argentées. Bien sûr, j’avais aussi des chaussures à talon… En verre !
Mick portait désormais un pantalon noir et une chemise blanche, sans cravate, légèrement ouverte sur le devant. Ses yeux bleus translucides me regardaient avec émerveillement.
Puis, Mick m’a pris dans ses bras, en souriant.

[À Drogheda]
Le Prêtre appela mon nom et celui de mon chéri. Nous nous sommes levés pour nous rendre au fond de l’Église. J’ai fait en sorte de ne pas regarder devant moi, les centaines de gens, assis au fond, pendant l’enterrement. Mon chéri et moi avons pris les offrandes que nous avons ramenées au Prêtre.
Puis, nous nous rasseyions.

[Dans mon Palais Mental]
Les chants Religieux de l’Église résonnèrent dans la salle de bal. La main gauche de Mick dans ma main droite. Et sa main droite sur ma taille, nous dansions une valse, au rythme des prières.
Mick me regardait en souriant, puis, il m’a murmuré :
– Il te manque quelque chose… Puis-je utiliser la Magie du Palais pour créer quelque chose, à mon tour ?
– Bien sûr !
Mick n’avait pas de pouvoirs, mais le Palais si.
Il a donc puisé dans cette Magie, pour réciter :
– Awendaþ eft wansæliga neat.
Mes longs cheveux châtains sont toujours coiffés en une longue tresse qui tombe dans mon dos. Mais là, sur mon crâne, une magnifique tiare a commencé à apparaître par magie. Une couronne qui entourait ma tête, elle n’était pas lourde. Mais elle était sublime : entièrement faite de coquillages nacrés, de perles d’huîtres, de pierres précieuses aux couleurs de l’océan et de diamants bleus.
Mick était ravi de ce cadeau magique.

[À Drogheda]
Nous nous sommes levé chacun notre tour pour marcher vers le Prêtre, se faire bénir et prendre l’hostie.
Puis, retour à genoux en prière.
Je ne suis pas croyante et je ne connais aucune prière. Si en Français, je peux faire du playback, ici, c’était impossible…
(OK, ce n’est pas tout à fait vrai, il n’y a qu’une seule prière que je connais par cœur, et c’est le Psaumes 23. Mais ceci est encore une autre histoire…)

[Dans mon Palais Mental]
J’ai claqué des doigts pour mettre, par magie, une musique dans la salle de bal :
‘Snow Waltz’ de Lindsey Stirling.
Nous dansions encore et encore, sous les reflets de l’océan.

[À Drogheda]
Le cercueil fut à nouveau porté jusqu’au corbillard, dehors. La famille et les amis, même ceux du Pub, sont venus porter les condoléances à mon chéri, que je tenais par le bras.
Après ça, nous avons suivi le cortège jusqu’au cimetière. Je suis resté avec mon chéri tout ce temps.

[Dans mon Palais Mental]

Je discutai avec Mick, tout en admirant les méduses allaient et venir au-dessus de nos têtes.

[À Drogheda]
Devant la tombe. Mon chéri a fait descendre le cercueil avec les autres. Tout le monde a pleuré, le Prêtre a récité des prières et puis, dans le micro, il a passé la chanson préférée de la défunte.
Une chanson Irlandaise :
‘Danny Boy’

Tout le monde a pleuré, y compris moi.

« O Danny boy, the pipes, the pipes are calling,
From glen to glen and down the mountainside,
The summer’s gone and all the roses falling,
‘Tis you, ’tis you must go and I must bide… »

[Dans mon Palais Mental]
Mick m’a repris dans ses bras pour une dernière valse.
La chanson Irlandaise résonnait dans la salle de bal, et nous dansions au rythme de cette complainte.

« But come ye back when summer’s in the meadow,
Or all the valley’s hushed and white with snow,
‘Tis I’ll be here in sunshine or in shadow,
O Danny boy, O Danny boy, I love you so.

O Danny boy, the stream flows cool and slowly,
And pipes still call and echo ‘cross the glen,
Your broken mother sighs and feels so lowly,
For you have not returned to smile again. »

Mick souriait et pleurait en même temps.
Même si je l’oublie souvent, Mick n’est pas Irlandais, mais Anglais.
Au moment du dernier couplet, tout le monde pleurait.
Dans le Palais, comme à Drogheda.

« So if you’ve died and crossed the stream before us,
We pray that angels met you on the shore,
And you’ll look down, and gently you’ll implore us,
To live so we may see your smiling face once more,
Once more. »

Puis, Mick sourit.
Je lui ai demandé pourquoi et, lors de nos derniers mouvements de valse, il a dit :
– Je profite. Je sais que ce soir, tu retourneras à la Morgue de Seattle pour rejoindre Blaine. Mais, si je peux faire en sorte que la Mort ne te suives pas durant quelques heures, je le ferais.
Il l’a fait.
Quant à l’emplacement de la salle de bal dans le Palais, je voulais la mettre au 3e étage, car c’est là-bas que je passe le plus de temps.
Mais Mick m’a dit que, justement parce que je passais tout mon temps au 3e étage, il valait mieux mettre la salle ailleurs pour me faire un peu plus bouger dans le Palais, et accessoirement parler aux autres gens. (Oswald, Castiel et Peter.)
Donc, la salle se trouve désormais à la sortie du Hall d’entrée, avant les escaliers pour le 1er étage.
La porte est une porte transparente qui donne sur l’océan. Comme un passage, un pas dans l’océan pour passer à travers sans pourtant être mouillé et tomber dans la salle de bal…

[À Drogheda]
Après les derniers Adieux, mon chéri m’a rejoint et nous sommes allés au Pub avec le reste de la famille et des amis.
Voilà comment une nouvelle salle s’est créée ce jour-là.
Voilà comment nous gérons les traumas, comment nous transformons l’atrocité en quelque chose de magnifique.
Le soir, Mick avait raison, je me suis retrouvée avec Blaine dans une Porte Dimensionnelle du 3e étage, et mon chéri est rentré à 1h30, en pleurs…

Le pire reste encore à venir, et j’en sais quelque chose…


16.11.2022
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Teaser ☘ Surprise pour Noël…🎄

Une surprise arrive pour Noël…
Suivez-moi sur mon Instagram Professionnel pour découvrir ça.
Je vous ai écrit un petit indice, tout en douceur, comme un poème :

Il fait froid dehors, une bise glaciale vient raviver vos sens, tandis que vous marchez lentement vers le Tír na nÓg, la Lande de la Jeunesse, où votre Cottage se trouve.
Nous sommes le jour de Noël, vous êtes en Irlande, le feu crépite au cœur de la cheminée. Une table de bois est remplie de victuailles fumantes : du jambon cuit, de la dinde arrosée de Gravy, des pommes de terre écrasées remplissent votre assiette avec plusieurs légumes cuits et un peu de Stuffing.
Vous buvez un bon Grog bien chaud, au goût de Jameson, du Whiskey Irlandais. Vous vous amusez avec les Crackers, et vous mettez la couronne de papier sur votre tête.
Pour le dessert, vous prenez quelques parts de Pudding, puis une Pint de Guinness pour faire passer votre succulent repas.
Devant les flammes dansantes, au milieu du Cottage, vos yeux se ferment et vous commencez à rêver, à voir les Dieux et Déesses du Tuatha Dé Danann.
La neige tombe dehors, et vous entendez les flocons s’écraser sur le toit du Cottage. Le vent souffle encore plus fort et la nuit est désormais noire.
Le blizzard grandit et, dans votre sommeil, vous l’entendez vous parler.
Oui, le vent vous parle, et fredonne dans une voix grave et lointaine une phrase en Gaélique Irlandais :
‘Nollaig shona dhuit !’

Joyeux Noël…

Prison de Cristal

Notes de l’auteure :
Je suis malade. Eh oui, ça m’arrive tout le temps.
Qui dit malade, dit fièvre et dit aussi cauchemars exacerbés…
Comme d’habitude, je vous raconte cette aventure en musique.
Une musique parfaite pour la thématique :
‘Turn Loose The Mermaids’ de Nightwish.


« A kite above a graveyard grey,
At the end of the line,
Far far away,
A child holding on to the magic of birth and awe. »


Je marche sereine, au milieu des Humains qui commencent leurs tapages, en ce jour ensoleillé. Je porte une longue robe blanche, mes longs cheveux coiffés en une grossière tresse tombent dans mon dos. De couleur châtain, comme le plus beau de mes automnes. Mes iris sont également bruns, pour rappeler les feuilles mortes du mois d’octobre.
Je porte aussi un long collier en argent, duquel pend un pendentif en forme de blason avec, en son centre, la lettre ‘M’ écrite d’une façon calligraphique.
Je déambule au milieu d’un hangar géant, fabriqué en bois brut, et qui regroupe plusieurs Humains qui vont et viennent au milieu de la foule.
Je souris.

Qui suis-je ?
Je suis une Sirène. Oui, je peux marcher parmi les Humains, puisque mes jambes ne se changent seulement qu’en queue de poisson lorsque celles-ci sont mouillées. Ce qui n’est pas le cas ce matin-là. Je voulais utiliser ma Magie pour aider les Humains dans leurs occupations quotidiennes. La Magie de l’eau au service des gens de la terre.
Une jolie jeune femme avec des vêtements sombres et un tricorne sur la tête cherche avidement un navire pour réaliser son rêve : Devenir une Pirate.
Je souris et je murmure un sort :
– Atotoilg a chomlae.
La jeune femme rencontre un homme, un Pirate, et ils décident de réquisitionner un bâtiment pour commencer leurs épopées ensemble.

Derechef, je souris et je continue mon travail.
Un couple se dispute juste à côté de moi. Cela me rend triste, je me dirige vers eux pour jeter un nouveau sortilège :
– Awendaþ eft wansæliga neat.
La colère disparaît et l’amour l’emporte.
Je quitte le dépôt immense pour rester dehors et respirer l’air frais, parsemé d’odeur iodée grâce à l’Océan non loin de là.

« Oh, how beautiful it used to be,
Just you and me far beyond the sea,
The waters, scarce in motion,
Quivering still. »


Un jeune garçon, à peine adolescent, vêtu de haillons et le teint blafard essaye de voler les gens autour de lui. Essaye de dérober de la nourriture pour survivre.
Un orphelin, mourant de faim. J’ai l’impression de le connaître lui, de connaître son histoire, comme si je l’avais déjà écrite…
Il y a longtemps, dans un Royaume au bord de l’Océan…
La vieille dame qu’il a essayé de voler se met à hurler, et à crier contre lui. Je vois les autres Humains se regrouper autour du garçon, prêt à le frapper pour un simple morceau de pain.
– Awendaþ eft wansæliga neat !
La foule se disperse et je fais apparaître un pain chaud au creux des mains de l’orphelin, qui me sourit en me remerciant chaleureusement.
Je souris moi aussi.

Il y a une ombre dans le vent.
Je crois qu’une tragédie m’attend.
Parce qu’un homme, dans un coin de la rue, me regarde avec des yeux aussi noirs qu’une nuit sans étoile. Un frisson d’horreur me parcourt l’échine.
Je continue ma route dans le village, cherchant une nouvelle âme à sauver.
Le malaise ne passe pas. Pire, il s’accentue.
Puis, tout devient sombre.

« At the end of the river the sundown beams,
All the relics of a life long lived,
Here, weary traveller rest your wand,
Sleep the journey from your eyes. »

Il est difficile d’ouvrir les yeux, ma tête me fait étrangement souffrir. Petit à petit, je me rends compte que je suis allongée sur un sol en bois, au milieu d’une salle vide, mais grande.
Je mets quelques longues minutes à comprendre que mes mains sont enfermées dans deux énormes menottes en acier, dont une lourde chaîne est reliée à un pilier, à quelques mètres de moi.
Étrange et horrible.
Bien sûr, une fois que j’arrive à retrouver mes esprits, j’observe les menottes massives, et je jette mon sort :
– Tospringe.
Rien ne se passe.
Si, quelque chose se passe : des runes se mettent à briller, d’une couleur dorée, au moment où je jette mon sort, mais que celui-ci ne fonctionne pas.
Je réitère un sortilège de déverrouillage, plus fort que le précédent :
– Forþ fleoge.
À nouveau, les runes rutilantes illuminent mon visage quelques secondes.
Je comprends avec effroi qu’une personne très mal attentionnée a réussi à m’emprisonner par une Magie qui défit la mienne.
Ce n’est pas bon signe.
Pas bon signe du tout…


« Good journey, love, time to go,
I checked your teeth and warmed your toes,
In the horizon I see them coming for you. »


Je vois une ombre dans le coin de la pièce, une ombre mouvante qui avance vers moi. Une fois dans la lumière du jour, je reconnais l’homme qui me regardait étrangement, le matin même.
Ma tête tourne, je me sens encore mal, mais j’arrive cependant à lui demander ce qu’il se passe.
Il sourit d’une façon malsaine en m’avouant fièrement qu’il souhaitait capturer une Sirène pour la vendre au ‘Barnum & Bailey Circus’ et que, malgré mes pouvoirs, il devait utiliser lui aussi une Magie plus sombre encore pour m’empêcher de m’enfuir.
Oh non…
C’est pire que ce que je pensais…

J’essaye de lui expliquer que ce n’est pas bien, que ce n’est pas naturel pour une Sirène d’être emprisonnée dans un aquarium au milieu d’un Cirque.
Cependant, l’Humaine s’en fiche. Il continue de sourire sans changer d’avis et je comprends très vite que mes paroles sont vaines, puisqu’il a déjà pris sa décision.


« The mermaid grace, the forever call,
Beauty in spyglass on an old man’s porch,
The mermaids you turned loose brought back your tears. »


Le lendemain, je marche dans le célèbre Cirque. J’ai toujours les mains menottées devant moi, avec ces énormes et lourdes chaînes en argent, d’une Magie noire qu’il m’est impossible de contrer.
Le fameux Barnum, un homme d’une cinquantaine d’années, vêtu entièrement d’un costume écarlate et doré, aux belles dentelles et d’un sombre haut-de-forme, me regarde d’un œil pétillant de joie.
Oui, une nouvelle attraction pour son Cirque !
Pour l’occasion, il a commencé à construire des fontaines au centre du chapiteau.
Les gens s’activent autour de lui, tout doit être prêt pour l’ouverture.
Tout sourire, Barnum m’explique, en faisant de grands gestes des mains :
– Le tour commencera ici, dans la fontaine, avec toi en Sirène. Sans vitre, les gens pourront être encore plus proches de toi ! Ensuite, le soir, tu iras dans les aquariums juste derrière.
Il se retourne pour me montrer le mur du fond, dans lequel des trous béants abritent des vitres de cristal. Des techniciens installent les aquariums à taille Humaine, avec de l’eau de Mer, et du sable au fond.
Je suis affligée, j’essaye de lui expliquer du mieux possible :
– C’est n’est pas assez grand ! L’aquarium est bien trop petit, je pourrais à peine rester allongé, sans bouger.
Barnum hausse les épaules :
– Ne t’inquiète pas, tu as juste à rester dans l’eau, sourire aux clients et tourner sur toi-même pour le spectacle.
– Mais ce n’est pas naturel ! Vous ne pouvez pas enfermer une Sirène dans une cage si petite ! Je pourrais à peine nager dedans, il n’y a pas de place !
Tout à coup, le regard de l’homme s’obscurcit encore plus et me dit, avec menace :
– Je me fiche éperdument de savoir si ça te plaît ou pas. C’est comme ça et pas autrement.
– Non… Vous devriez me libérer. Vous ne pouvez pas garder une Sirène emprisonnée. C’est mal. Très mal.
Barnum sourit.
J’ai vite compris, ce jour-là, que la nature Humaine cache un côté sombre, ténébreux, alimenté par le Mal, le pouvoir et l’argent.
Tout ce que Barnum possédait déjà, mais désirait encore plus.
En m’utilisant comme nouvelle attraction touristique.

« At the end of the river the sundown beams,
All the relics of a life long lived,
Here, weary traveller rest your wand,
Sleep the journey from your eyes. »

Le soir même, tout est prêt pour le grand spectacle.
Barnum a laissé mes menottes aux poignets, en enlevant la chaîne du milieu.
Vue de loin, je porte simplement des bracelets étranges qui, malheureusement, bloquent ma Magie et m’empêchent de m’enfuir.
Le rideau se lève, le public est déjà présent, et je marche vers l’aquarium pour me jeter dedans.
Au moment où mes jambes touchent l’eau, des écailles émeraude commencent à émerger sur ma peau pâle, jusqu’à tout recouvrir. Une queue apparaît à la place de mes pieds et un cache-poitrine en écailles et en coquillages émergent sur mon torse.
Comme je le présageais, l’aquarium est beaucoup trop petit. Je peux à peine m’allonger dedans et il n’y a absolument rien à l’intérieur. Pas de poissons, d’algues ou d’autres belles choses que je peux retrouver dans les Océans du Monde.
Rien.
À part les yeux hagards des gens qui me fixent depuis l’extérieur.
Tantôt époustouflés, tantôt apeurés, en me regardant comme un monstre.

« At the end of the river the sundown beams,
All the relics of a life long lived,
Here, weary traveller rest your wand,
Sleep the journey from your eyes. »


C’est un silence pesant qui tombe sur moi. Parfois détruit par des clients qui tapent sur la vitre de l’aquarium pour me faire bouger. Un sentiment de tristesse intense envahit mon corps, et mes doigts tremblants touchent le long collier en argent que je porte encore à mon cou et qui flotte dans l’eau.
Je sers fermement le ‘M’ au creux de mes poings et je prie.
Mais à qui demander de l’aide ?
À quel ‘M’ demander de l’aide ?
Dois-je appeler Morphée ?
Le Gardien des Rêves et des Cauchemars pour qu’il me sorte de ma prison de cristal ?
Ou dois-je appeler Mick ?
Le seul qui peut me ramener dans le Monde des Vivants ?
Je ne sais pas.
En tout cas, je prie M.


Puis, je me suis réveillée…

25.08.2022
Cauchemar similaire : ‘An Maighdean Mhara’
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Entrez dans le rêve – Histoire

« Ramenez le drap sur vos yeux,
Entrez dans le rêve,
Reprendre la vie des autres où on l’a laissée,
Quand le jour s’achève. »


Il faisait nuit.
Une nuit noire, où seule la pleine lune et les étoiles rutilantes dans l’immensité du ciel éclairaient la scène sous nos yeux.
Nous étions sur une plate-forme de béton. Derrière nous se dressait une imposante maison, comme un manoir dans les ombres menaçantes. En face de nous, un lac géant qui nous entourait de toutes parts. Nous pouvions cependant apercevoir la rive de l’autre côté, camouflée dans la pénombre de minuit.
Nous ?
J’étais avec ma jeune sœur, Helya, des amis et mon petit-ami.
Moi, je m’appelle Alisone.
Comme souvent, je porte une robe aussi noire que la nuit, avec des grosses chaussures aux pieds et mes longs cheveux châtains coiffés en une tresse qui bougeait à chacun de mes pas dans mon dos.
Une hystérie collective s’était emparée de notre groupe. Et ce, pour une très bonne raison :
La maison, derrière nous, n’était pas vide.
La maison abritait un dangereux personnage.
Un tueur.
Que dis-je ?
Un psychopathe, un Tueur en Série.

Entre la plate-forme et la rive, il y avait ce lac aux eaux profondes et obscures, avec des courants violents qui formaient des vagues terribles. Je savais que ma sœur avait la phobie des eaux noires, sans fond, aux vagues enragées. De plus, il n’y avait aucune barque amarrée à notre plate-forme pour nous échapper.
Pour rajouter un danger de plus dans cette situation critique, le psychopathe de la maison se décida de sortir pour nous attraper.
Et nous tuer.
Au moment même où il ouvrit la porte d’entrée, je me suis jetée dessus pour empêcher la poignée de tourner. Il me fallut toutes mes forces pour garder la porte close, en la tirant violemment vers moi, tandis que l’homme poussait en cognant dedans avec véhémence.
Ma sœur et le groupe tout entier se mirent à paniquer, en hurlant à plein poumon dans la nuit.
Nous devions trouver une solution.
Et vite.

« Voir les couleurs voir les formes,
Enfin marcher pendant que les autres dorment,
Voir les couleurs voir les formes. »

La magie.
Ma magie.
Une solution évidente.
Je tenais fermement la porte de ma main gauche, et de la droite, je jetai mon sort sur cette dernière :
Atot-oilg a chomlae.
Un clic retentit.
La serrure se verrouilla et j’en profitai pour me tourner vers ma sœur et nos amis. En levant mes mains vers eux, je me suis mise à hurler :
Awendaþ eft wansæliga neat !
Lentement, ils commencèrent à quitter le sol, s’envoler de quelques centimètres au-dessus de la plate-forme. Je devais désormais les diriger vers la rive d’en face.
Lorsque j’ai entendu, dans mon dos, le psychopathe qui attaquait la porte à coups de hache.

« Les villes sont des villes bordées de nuit,
Et peuplées d’animaux qui marchent sans bruit,
Toujours dans votre dos la peur qui vous suit,
Toujours dans votre dos. »

La serrure se brisa et l’homme commença à ouvrir la porte, dont j’attrapai la poignée pour la tirer vers moi et, ainsi, la maintenir fermée.
Une main utilisait ma magie sur le groupe et l’autre gardait le battant clos.
Ces efforts me demandèrent de puiser dans mes retranchements.
Ma sœur hurla dans les ombres.
Le groupe entama sa descente vers les eaux noires.
Ma magie faiblissait.
Ablinn ðu forlæte ðu nu !
Le groupe gagna quelques centimètres de plus au-dessus des vagues agitées. Je devais encore les diriger vers la rive, tout en les maintenant en l’air et en tenant la poignée.
Le Tueur continuait de pousser la porte vers moi pour sortir.
Parfois, il arrivait à passer une main à travers celle-ci pour m’attraper et me tirer vers lui.
Il était très difficile de me concentrer sur ma magie et le réel.
Je devais donc rapidement envoyer le groupe sur les berges d’en face.
Awendaþ eft wansæliga neat !
Mes dernières ressources magiques furent utilisées dans ce sort. Ma sœur et nos amis tombèrent enfin en sécurité de l’autre côté des vagues ébène.
Au moment où j’appréciai ma victoire, je me rendis compte d’une chose affreuse :
Le groupe de survivants était composé de ma sœur et de nos amis.
Néanmoins, je n’avais pas vu mon compagnon parmi ce groupe.
Cela signifiait une seule chose.
Une seule chose atroce.
Mon copain, Jughead, se trouvait encore à l’intérieur du manoir.

« Ramenez le drap sur vos yeux,
Entrez dans le rêve,
Allumez l’écran merveilleux,
Quand le jour s’achève. »

Encore à bout de souffle, j’ouvris la porte d’un seul coup, en grand. Le Tueur fut surpris et je profitai de cet instant pour tendre ma main vers lui, en hurlant :
Forþ fleoge !

La force du sort m’affaiblit une nouvelle fois. Mais l’homme fut jeté dans les entrailles de la maison, et je commençai moi-même à passer le pas pour m’y diriger à mon tour.
Le couloir était sombre, décrépi, la tapisserie se décollant et tombant le long des murs sales. Le sol recouvert de plusieurs objets posés çà-et-là sans utilité aucune.
Au détour du corridor, je pénétrai dans la première pièce sur ma gauche. Un immense salon tout aussi encombré que le reste du manoir. Une ampoule pâle au plafond éclairait faiblement la pièce d’un jaune sordide. Au fond de cette dernière, se trouvait le Tueur, encore un peu sonné par mon sortilège.
Je m’apprêtai à quitter ce salon immonde, lorsque quelque chose attira mon attention.
Au sommet d’une pile de vêtements, et de divers vieux artefacts, se trouvait un simple bonnet.
Un bonnet gris, en laine, usé par endroit.
Un bonnet que je reconnus facilement, puisque d’ordinaire, il ne quittait jamais la tête de Jughead.
Mon ventre se noua et un horrible pressentiment s’empara de mon âme.

« Retrouver l’amour blessé,
Au fond du tiroir où on l’avait laissé,
Retrouver l’amour blessé. »

Le psychopathe profita de mon temps d’hésitation pour se jeter sur moi, avec un énorme couteau de boucher en main. J’ai réussi à parer le coup de justesse.
Je tombai sur le dos, sur cette moquette tout aussi répugnante que le reste du bâtiment.
Le Tueur était plus grand et plus musclé que moi, il essayait vainement de me poignarder. Je luttai de toutes mes faibles forces, gardant les bras tendus et les jambes tambourinant le sol.
Même à bout de souffle, je me suis mise à hurler :
– Où est Jughead ?!
L’homme sourit étrangement. Avec un air machiavélique qui lui déformait le visage.
Énervée, je lui assénai un violent coup de tête, qui me fit tout aussi mal qu’à lui. D’un coup de pied bien placé, je le fis basculer sur le côté pour reprendre ma respiration.
Dans la lutte, son téléphone portable tomba de sa poche.
Mais ce n’est pas cela qui attira mon attention.
Je me levai d’un bond pour commencer à frénétiquement fouiller la salle. Je retournai toutes les piles de vêtements, d’objets. Je tirai les meubles anciens, jetai les bric-à-brac de bibelots inutiles et encombrants. Je cherchai mon copain en hurlant son prénom dans la maison sinistre :
– JUGHEAD ?!
La panique me gagna lorsque, derrière moi, le Tueur se leva à son tour pour se jeter derechef sur moi avec violence. Il attrapa mes jambes, pour me faire glisser sur le sol abject, et me ramener vers lui. Au milieu de la pagaille, j’ai repéré son téléphone portable. Un vieux mobile, non-tactile, et sans code de verrouillage.
J’ai tendu mes bras de toutes mes forces pour attraper l’objet du bout de mes doigts.
Lorsque le psychopathe me tira vers lui, j’avais déjà le portable en main, composant un numéro de téléphone.
Un numéro assez évident :
911

« Découper le Monde à coups de rasoir,
Pour voir au cœur du fruit le noyau noir,
La vie n’est pas la vie ni ce qu’on nous fait croire,
La vie n’est pas la vie. »

Pourtant, ce n’est pas cela que j’avouai face à l’homme. J’apportai le mobile à mon oreille pour faire semblant d’être au téléphone avec… Jughead.
– Où es-tu ? … OK, Jughead, je viens te chercher !
J’ai laissé le téléphone ouvert pour que le 911 puisse m’entendre.
Pour l’instant, le Tueur me reluqua méchamment, sa lame étincelante entre lui et moi, cherchant mon sang. En essayant de garder mon calme, je dis à l’homme :
– Je sais où se trouve Jughead…
Je me forçai à sourire.
Lui, il maintient facilement son rictus informe, en crachant presque :
– Impossible.
Bien sûr que c’était impossible !
Néanmoins, j’essayai ardemment de bluffer pour sauver mon compagnon. Je ne savais pas où il se trouvait, mais j’espérai vraiment que le Tueur me l’avoue sans le vouloir. Je voulais le piéger. Étrangement, cela fonctionna.
Le psychopathe se pencha vers moi, ses dents jaunes en avant et son arme en main, murmurant :
– Impossible… Jughead ne peut pas parler… À l’heure qu’il est, il doit manquer d’air dans mon armoire fermée à clef.
Crétin.
Je souris derechef en donna un énorme coup de pied dans son visage nauséabond.
Je me suis mise à hurler vers lui :
Ic bebeode þisne sweord þæt hé forcierfe þá bende þæra dracan un clýse !
L’homme cria à son tour de toutes ses forces, jeté contre le mur encombré.
Enfin, je pris la poudre d’escampette pour quitter ce salon et grimper les escaliers en bois, croulant sous le poids du bordel sur toutes les marches.

« Les villes sont des villes bordées de nuit,
Et peuplées d’animaux qui marchent sans bruit,
Toujours dans votre dos la peur qui vous suit,
Toujours dans votre dos. »


Je continuai de courir, courir, courir, jusqu’à arriver au premier étage, cherchant rapidement une chambre. La plupart des portes étaient verrouillées, et j’utilisai le même sort pour les ouvrir par magie :
Tospringe !
Dans la quatrième salle, j’ai enfin trouvé une armoire immense, magnifique, aux sculptures splendides qui me donnait envie d’ouvrir le battant pour me rendre dans le Monde de Narnia.
Le souffle à moitié coupé, je puisai dans mes forces restantes pour murmurer vers la poignée :
Forþ fleoge !
Un clic retentit.
Et Jughead tomba dans mes bras.

Lui aussi était à bout de souffle, mais pas pour la même raison que moi. Enfermé dans le placard depuis Dieu seul sait combien de temps, il n’avait plus beaucoup d’air pour respirer.
Nous avions tous les deux les larmes au bord des yeux, de panique et de joie.
Il esquissa un sourire avant de m’embrasser.
.
.
.
Puis, je me suis réveillée…


« Ramenez le drap sur vos yeux,
Entrez dans le rêve,
Reprendre la vie des autres où on l’a laissée,
Quand le jour s’achève. »

14.08.2022
Chanson : ‘Entrez dans le rêve’ de Gérard Manset et reprit par Nicola Sirkis.
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Thread Horror – Histoire Vraie 🐾


Je suis née dans le Gers, dans le Sud-Ouest de la France. Lorsque j’ai eu 23 ans, j’ai déménagé à Nice, dans le Sud-Est, pour mes études. J’ai aménagé dans un appartement et j’ai adopté un Bouledogue Français.
Ma sœur, mon père et moi partageons la même passion des feux d’artifices. Dès que l’occasion se présente, on part en voir un quelque part. Et à Nice, je suis gâtée ! Entre le Nouvel An, le Carnaval de Mars, le 14 Juillet et le 15 Août, les feux d’artifices sont magnifiques ! Une beauté sur la mer, à voir depuis la plage. Un jour, j’y suis allée avec mon chien, mais il a eu trop peur tout du long. J’étais sur la plage avec lui et il a tremblé dans mes bras durant tout le feu.
Les fois suivantes, j’y suis donc retournée seule ou avec des amis. Trois à quatre fois par an. En me mettant plus ou moins au même endroit : Au-dessus de la plage sur ce qu’on appelle la « Prom » soit : La Promenade des Anglais.

Puis, un jour d’Avril, après le Carnaval, ma sœur (au téléphone, car elle vit à Toulouse) me fait découvrir une nouvelle série TV de plusieurs saisons. Elle me vend le concept et je regarde donc la série. Je tombe amoureuse de l’histoire et je tombe sous le charme d’un des acteurs de cette série. Nous parlons beaucoup de ça lorsque, quelques semaines plus tard, je découvre qu’il y a une Convention de fans de cette même série à Toulouse ! Là où ma sœur réside.
Ni une, ni deux, nous décidons d’acheter nos Pass pour rencontrer les acteurs/actrices, avoir des autographes et faire des photos avec eux. Mon personnage préféré était invité donc j’étais super contente !
Chose à savoir : presque personne ne savait que je partais de Nice pour aller dans le Gers. Je ne voulais dire à personne que j’allais à cette Convention de peur de recevoir des moqueries. Donc mes réseaux sociaux ne m’ont pas localisé à Toulouse. Les gens me croyaient encore à Nice…

La soirée de l’horreur, à la Convention

Comme il me faut 9h de route, toute seule avec mon chien, dans ma voiture pour rouler de Nice jusqu’au Gers, je décide de bloquer une semaine de congé au travail et me voilà arrivé à Toulouse.
La Convention se déroulait le samedi et dimanche 9 et 10 Juillet et c’était top ! J’ai rencontré mon acteur préféré, j’ai pu parler avec lui, et même danser avec lui lors de la soirée de l’horreur !

Puis, je suis restée chez ma grand-mère dans le Gers.
Je m’étais rendu compte, dans les dates, que j’allais manquer le feu d’artifice du Jeudi 14 Juillet à Nice, car il était prévu que je reprenne la route le Vendredi 15 Juillet dès 5h du matin (pour éviter les bouchons).
J’étais dégoûté, car c’était la première fois depuis des années que je manquais un feu d’artifice à Nice et il n’y en avait pas dans le Gers. Ma grand-mère habite en pleine campagne, alors je me suis couchée très tôt ce soir-là, avec mon chien, car je devais me lever à 4h du matin pour me préparer et partir pour mes 9h de route.

Me voilà à bord de Bumblebee

Sauf que…
Aux alentours de minuit, mon téléphone portable (sous mon oreiller) a commencé à sonner. Je n’ai pas répondu, car je devais vraiment dormir avant de prendre la route. (Je suis seule à conduire, je ne peux pas être fatiguée au volant !)
Les appels ont continué encore et encore, ainsi que plusieurs sms. Mon portable sonnait dans tous les sens et j’en pouvais plus. J’ai répondu à un appel, en étant complètement groggy et à moitié endormi. La personne au bout du fil (une amie) me parlait en hurlant et en paniquant :
« Ali ! Où es-tu ?! Qu’est-ce qu’il s’est passé ?! Est-ce que tu vas bien?! »
Je n’ai rien compris et j’ai lu les sms qui me demandaient TOUS la même chose :
« ALI ! Réponds ! Par pitié, ne me dis pas que tu es sur la Prom ! »
Puis, j’ai compris et mon cœur s’est arrêté…

Pendant 1h j’ai dû répondre à tous les appels et sms. J’ai réveillé ma grand-mère en pleurant. Le soir du 14 Juillet 2016, à Nice, sur la Promenade des Anglais, il venait d’y avoir un attentat terroriste.
Un poids lourd, conduit par un terroriste, a roulé sur 2km de la Promenade en fauchant et tuant tout le monde sur son passage.
À l’endroit exact où j’allais regarder les feux d’artifice tous les ans.
SAUF cette année-là.
Après avoir passé 1h à répondre à tout le monde, j’ai ensuite passé 1h à téléphoner moi-même à mes amis de Nice pour savoir où ils étaient. Deux d’entre eux étaient présents lors de l’attentat, mais ils ont pu se réfugier dans un Bar du Cours Saleya.

Je suis revenue à Nice, le Vendredi 15 Juillet, dans une ville déserte, silencieuse et en deuil.
Si je n’avais pas été à la Convention à Toulouse pour rencontrer mon acteur préféré, je me serais retrouvé au milieu de la Promenade des Anglais, au moment du drame…
Je suis retournée à cette même Convention l’année d’après, en 2017, et je n’ai plus jamais regardé de feu d’artifice à Nice…

Après ça, je me suis ‘enfuie’ au Parc Alpha pour voir des Loups, avec une amie à moi qui était sur la Promenade des Anglais au moment des attentats et qui a survécu.

Aujourd’hui, j’ai 32 ans et je vis en Irlande !
Mais je pense toujours à ce qui aurait pu se passer si j’étais resté à Nice ce jour-là…


Poème, écrit par moi-même, en hommage :

Home Bloody Home

Je ne voulais plus écrire d’autre poème,
Mais Nice est ma maison et je l’aime,
Alors pour ce triste et horrible feu d’artifice,
Gantez de noir les mains des agents de Police.
Soirée sanglante pour notre belle Prom’,
La Baie des Anges, selon les Hommes,
Funèbre journée pour la French Riviera,
Et pour la France, son 3ème attentat…
Arrêtez le temps et répondez aux appels,
Allumez une bougie et priez notre Ciel,
Lorsque commence la saturation de réseau,
C’est qu’arrive désormais l’Apocalypse 2.0.
Sœur, toi qui corriges et lis ceci,
Tu sais pourquoi, je te remercie,
Pour ceux qui n’ont pas eu ma chance,
Pour vous tous, je pleure en silence.
Criez ensemble « M’en bati sieu Nissart »
Pour faire chier tous ces lâches et connards,
En deuil est maintenant la Côte d’Azur,
Et le sol pavé de leurs meurtrissures.
Mais le combat ne fait que commencer,
Aujourd’hui et tous les mois de l’année,
Tous ensemble, nous formons la résistance,
Pour aider le pays mais aussi la Provence.

Jusqu’à quand devrons-nous chanter notre chanson ?
Quoi qu’il en soit, Nice reste et restera ma maison…

Juillet 2016
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Design réalisé par mes soins en 2016

Run, boy, run

Résumé : Que la chasse commence. Entrez dans le cauchemar. Littéralement. Bon courage.

« Run boy run ! This world is not made for you.
Run boy run ! They’re trying to catch you.
Run boy run ! Running is a victory.
Run boy run ! Beauty lays behind the hills. »

La journée commença le plus normalement du Monde.
Je portais mon éternelle robe noire, aux manches courtes, mes longs cheveux bruns, coiffés en tresse, tombaient dans mon dos et j’avais étrangement des grosses chaussures aux pieds. Je dis ‘étrangement’ car, voyez-vous, ma jambe droite est totalement morte. Mon genou ne fonctionne plus correctement et je n’arrive pas à marcher sans canne, que je tiens toujours de ma main droite, je clopine avec douleur pour me déplacer.
Ce matin-là, j’ai donc rejoins mon petit-copain dans son restaurant. Nous sommes âgés d’une trentaine d’années, mais les heureux propriétaires d’un petit Diner Américain.
Mon chéri se trouvait déjà dans la cuisine, seul, attendant les employés. Il préparait un milkshake aux fruits rouges. Comme d’ordinaire, il portait un T-shirt gris orné d’un énorme S sur le devant avec, par-dessus, sa veste en cuir de Biker, elle aussi ornée d’un serpent géant émeraude dans son dos. Une veste à carreaux était nouée autour de sa taille et de son jean trop grand. En toutes saisons, il portait inlassablement un bonnet gris sur ses cheveux ébènes dont la frange tombait parfois sur ses yeux clairs.
Ce matin-là, il s’occupait donc dans la cuisine sombre et mal éclairée, et sourit en me voyant :
– Hey Ali’.
– Hey Jug’.
Il me vola un baiser avant de reprendre la mise en place.
Il souriait.
Moi non. Mon souffle se coupa.
Car je savais ce qui allait se passer, mais lui non.

« Run boy run ! The sun will be guiding you.
Run boy run ! They’re dying to stop you.
Run boy run ! This race is a prophecy.
Run boy run ! Break out from society. »

Soudain, trois personnes en costume de Policiers débarquèrent dans le restaurant par la porte arrière, qui donnait directement sur la cuisine. Accompagnés d’experts en blouses blanches, les hommes se présentèrent à mon copain :
– Jughead Jones, nous faisons partie du Service de Contrôle Sanitaire, nous allons fouiller le restaurant pour vérifier que tout est en ordre.
Mais Jug’ parût encore plus perplexe et paniqué :
– Quoi ?! Mais, vous êtes déjà venu il y a trois semaines de ça ! Et vous ne nous avez même pas prévenus !
L’homme sourit sadiquement et partit rejoindre l’équipe.
Jug’ se dirigea vers moi, plus inquiet que jamais.
Oui, je savais, je savais, je savais tout…
Mon cœur tambourinait dans ma poitrine.
– Ali’, ces mecs ne font pas partie du Contrôle Sanitaire, ils sont envoyés par tu-sais-qui !
Oui, je savais, je savais, je savais tout…
En effet, ils n’avaient rien à voir avec les Services des Contrôles Sanitaires et encore moins avec la Police. Ils faisaient partie d’un énorme réseau Mafieux qui nous en voulait personnellement.
Quelques minutes plus tard, ils revinrent vers nous en nous stipulant que notre Business était illégale et devait être fermé dans la minute.
Ce qu’ils firent.
Même si c’était faux.
Dans la foulée, ils arrêtèrent mon copain, nos cinq employés, et accessoirement amis, ainsi que moi-même.
Brutalement, ils nous passèrent les menottes aux poignets, par-devant, avant de nous jeter dans un énorme fourgon blindé.


« Tomorrow is another day,
And you won’t have to hide away,
You’ll be a man, boy !
But for now it’s time to run, it’s time to run ! »

Enfermé à l’arrière du fourgon, Jug’ s’énerva sur ses menottes et râla vers ses amis :
– C’est n’importe quoi ! Et d’ailleurs, comment ils ont su où chercher nos papiers ? Ou quand venir tout fouiller ? Comment ils ont su tout ça ?!
Mon ventre se noua.
Le fourgon s’arrêta d’un coup net, nous secouant dans tous les sens. Puis, un homme grand et baraqué, entièrement vêtu de noir, ouvrit la porte pour nous faire face.
Il souriait étrangement, avant de révéler :
– Nous allons vous laisser de l’avance.
Ses sbires commencèrent à détacher nos poignets des menottes de métal. Mon copain questionna, toujours aussi énervé :
– De l’avance pour quoi ?
Avec sadisme, le Mafieux répondit :
– Pour courir. On vous laisse quelques minutes pour courir et ensuite… La chasse commence.
Un voile inquiet traversa les yeux clairs de mon petit-ami. Et je compris pourquoi :
Je ne pouvais pas courir.
– Non… murmura-t-il.
Mais les Mafieux nous firent sortir du fourgon par la force et nous pouvions découvrir pour la première fois où nous nous trouvions :
C’était une immense gare ferroviaire entièrement vide. Sous un ciel tristement gris, la station prenait des allures d’endroit hanté et angoissant. Il n’y avait personne.
Pas un chat.
Personne.
Vide.

Nos bourreaux souriaient en lançant le Top Départ.
Nos amis se mirent à courir à toute vitesse.
Sauf mon copain, qui restait près de moi, puisque je ne pouvais pas vraiment m’échapper.
– Cours, Jug’, COURS !
– Non, non, pas sans toi !
– Fais-moi confiance et COURS !
Je criais de plus en plus fort et, contre sa volonté, il prit enfin la poudre d’escampette.
J’essayais néanmoins de m’enfuir, mais ma jambe refusa toute allure.
Éventuellement, je tombai sur le sol de béton. Une fine pellicule de neige commençait à recouvrir la gare déserte.

« Run boy run ! This ride is a journey to.
Run boy run ! The secret inside of you.
Run boy run ! This race is a prophecy.
Run boy run ! And disappear in the trees. »

Avec difficulté, j’ai pu me relever et, comme je n’avais plus ma canne, je me tenais aux poteaux et aux lampadaires pour clopiner lentement le long des quais.
Les rails abandonnés m’appelaient à eux.
Parce que je savais ce qui allait se passer et je n’étais pas du tout prête…
Je relevai la tête pour voir mes amis tourner en rond parmi les wagons et les quais.
La gare était à des kilomètres et à des kilomètres de la ville la plus proche.
À des kilomètres de toute forme de vie, de toute aide potentielle.
Alors, forcément, au bout d’une demie-heure, mon copain et nos amis sont revenus vers moi.
Nous étions sur un quai vide, slalomant parmi les rails et les chemins déserts.
Nous décidions de nous cacher dans la gare abandonnée. Les Mafieux commencèrent à nous chasser, sachant que nous ne pouvions pas nous enfuir.
Lorsque, tout à coup, sortant de nulle part, un jeune garçon sur son vélo jaune se dirigea vers nous. La seule touche de couleur sous ce ciel gris.
Nous essayions de l’appeler, mais il ne répondit pas. Il tomba de son vélo en se faisant mal.
Au moment où nous essayions de nous diriger vers lui, nous avons entendu des coups de feu dans notre dos.
Il semblerait que la chasse soit terminée…
Nous essayions de courir, Jughead me tenait par mon côté droit pour me faire avancer le plus vite possible.
Mais cela ne servait à rien.
Il était déjà trop tard, j’en ai bien peur…
Parce que les hommes armés de la Mafia nous attrapèrent tous, violemment, pour nous traîner de force vers une salle abandonnée au milieu de la gare.
De froides menottes nous sont à nouveau misent aux poignets, bras en avant.
Ils nous jetèrent ensuite dans la pièce, qui ressemblait à un bureau cauchemardesque, nous tombions sur le sol dégueulasse et pourri.
La couleur jaunâtre des murs et du plafond me donnait envie de vomir.
Le Big Boss de la Mafia, dans son beau costume impeccable, nous toisa de haut en s’amusant de la situation :
– Jughead Jones… Nous avons enfin la main sur ton Business. Qui sera le nôtre, désormais.
Inquiet et énervé, mon copain questionna, perdu :
– Comment ?! Comment avez-vous su tout ça ? Comment avez-vous su où chercher ?!
L’homme sourit de plus belle, en lâchant avec mystère :
– Nous avions une source fiable. Très fiable… N’est-ce pas… ? Ali ?

« Tomorrow is another day,
And you won’t have to hide away,
You’ll be a man, boy !
But for now it’s time to run, it’s time to run ! »


Tous les regards perplexes de mes amis se sont retournés vers moi. Les yeux de mon chéri commencèrent à se remplir de larmes. Le souffle coupé, il murmura :
– Ali… ?
– Jug’… Je suis désolée…
– Non…
Il refusait cette vérité.
Seulement, je devais lui expliquer la réalité derrière cette triste vérité. Quelque chose de grave et d’important. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de donner ma version, car le Big Boss quitta la salle jaunâtre en fermant la porte à clef.
Des fois qu’on arriverait à nous défaire de nos menottes, il nous restait encore le verrou de la porte.
Puis, ce que le Mafieux souhaitait, arriva :
Mes amis m’encerclèrent, avec une rage évidente dans leurs regards.
Jughead seul semblait triste et perdu.
Je pense qu’il voulait vraiment comprendre ce qu’il s’était passé.
Pour de vrai.
Cependant, nos amis se sont jetés sur moi.
Menottée et sans pouvoir me défendre à cause de ma jambe morte, je m’apprêtais à passer un très mauvais moment…
.
.

Puis, je me suis réveillé.
Avec douleur.
Chez moi, à Drogheda.

THE END


« Tomorrow is another day,
And when the night fades away,
You’ll be a man, boy !
But for now it’s time to run, it’s time to run ! »


Cauchemar du 22.07.2022
Chanson ‘Run, boy, run’ de Woodkid.
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

Piégé dans les Backrooms

Résumé : Cette histoire n’est pas un Cauchemar ou une Terreur Nocturne. Par mon Trouble de Rêverie Compulsive (associé aux TOC) je vis rarement dans le Monde réel. Souvent, je me retrouve avec Jem, à Paris en 2025. Mais là… En marchant dans une rue de Drogheda, nous avons NoClip… Dans les Backrooms.

Piégé dans les Backrooms

Notes de l’auteure :

‘If you’re not careful and you NoClip out of reality in the wrong areas, you’ll end up in the Backrooms.’

Je n’ai bien évidemment pas créé les Backrooms, ceci est une Légende Urbaine/Creepy Pasta calquée sur le principe angoissant des ‘Liminal Spaces’ (Espaces Liminaux). Depuis plusieurs années, chaque personne rajoute des images et des niveaux et, aujourd’hui, les Backrooms ont un nombre de niveaux presque infinis (+de 1500). La thématique des Backrooms a été très bien expliquée deux fois par deux YouTubeurs Français :
Feldup & Paradox
Et si vous voulez une bonne représentation des Backrooms, vous pouvez visionner la mini-série Web et Américaine du jeune KanePixels.
Effets garantis !
Même si les Backrooms s’étendent de plus en plus, le premier niveau reste toujours le même.
Celui que je vais vous décrire au début.
Bonne lecture…
… et bon courage…

C’est un matin brumeux avec un petit 9°C Irlandais comme je les aime.
Je quitte mon taudis dans la rue flippante remplie de Dealers de drogues, pour me diriger vers le centre-ville.
Tout à coup, Jem plop devant moi.
D’ordinaire, c’est Mick qui débarque, mais depuis ma dernière Terreur Nocturne notre relation est un peu en dents de scie. Enfin, de mon côté.
Jem ne ressemble pas à 100% au personnage dont je lui ai donné le nom. Il n’est pas Japonais, ne joue pas de violon et il n’a pas de tatouages de runes sur sa peau pâle. Par contre, tout comme son homologue, il a les cheveux aussi blanc que les neiges de Sibérie et les yeux aussi noirs que les profondeurs de la Tranchée Mariana.
Nous marchons côte à côte sur les trottoirs grimpants de la ville. Aux oreilles des autres gens, je parle toute seule, puisque je suis la seule à voir Jem. Heureusement que l’esprit neuneu des Irlandais ne nous juge pas. Enfin, ne me juge pas.
Je commence à ressembler physiquement à celle que je suis dans mon Palais Mental, à savoir :
Plus mince, beaucoup plus mince, avec de longs très longs cheveux noirs ébène que je coiffe en une grossière natte dans mon dos. Des yeux saphir et un visage fin et pâle. Niveau vestimentaire, je porte une robe noire qui s’arrête au-dessus des genoux et des grosses chaussures sombres aux pieds.
Nous marchons en parlant de la Timeline, je traverse la petite route de West Street pour rejoindre le trottoir opposé, lorsque soudain…
Jem et moi avons NoClip.

Nous venons de quitter l’Irlande pour nous retrouver au milieu d’une salle géante. De plusieurs salles géantes, en fait, emboîtées les unes sur les unes, telles un labyrinthe infini. Mais le pire, le pire est la couleur des pièces : une espèce de jaune dégueulasse et angoissante. La texture ressemble à une étrange vieille moquette qui recouvre entièrement les sols, les murs, les plinthes, les plafonds et les moindres centimètres d’espace.
Des lumières, jaunes aussi, au plafond donne une ambiance encore plus étouffante et enfermée.
Mise à part cette couleur horrible, ce qui rend cet endroit affreusement malsain est tout simplement l’absence TOTALE d’Êtres Vivants : Êtres Humains comme animaux.
Rien ne bouge.
Rien ne respire.
Rien ne vit.
Seuls dans les Backrooms.
Paniqué, Jem se tourne vers moi en râlant :
– Nom de Dieu, Alisone, t’as encore passé ton temps sur YouTube ?!
Oups.

Il me jette un regard à la fois noir et effrayé :
– Pourquoi nous ne sommes pas en 2025 à Paris ?!
Je lève les yeux au ciel. Enfin : je lève les yeux vers le plafond jaune pipi :
– Parce qu’à chaque fois que nous sommes à Paris en 2025, je me fais attaquer par un Commando Russe ou par le Tulpa que j’ai créé y’a 20 ans de ça ! Et, j’en ai marre !
Derechef, il râle.
L’un à côté de l’autre, en nous tenant presque par la main pour ne pas se séparer, Jem et moi commençons à progresser lentement dans ce dédale bordélique jaunâtre.
Toujours plus inquiet, mon ami murmure à mon oreille :
– Comment fait-on pour NoClip à nouveau ?
Mon silence lui donne un léger frisson d’horreur et je peux sentir ses doigts trembler.
Il réitère :
– Ali ?
Je lève, encore, les yeux vers le plafond couleur urine, pour maugréer :
– J’en sais rien. Personne ne le sait.
Jem s’arrête net.
Ce qui m’arrête net également.
– Quoi ? demandais-je.
– Il y a un moyen de sortir de cette horreur… Toi ! Retournons dans ton Palais Mental !
Je tique :
– Tu n’as pas accès au Palais, Jem.
– Retournons à Drogheda, alors ! Je suis sûre que la file dans laquelle tu te trouves commence à avancer ! Ça va être ton tour !
Il n’a pas tort.
En deux secondes à peine, je NoClip pour sortir des Backrooms, puis je reviens aussi rapidement.
Jem sursaute.
J’explique :
– On a le temps.
– Le temps de mourir, oui.

Les couloirs se ressemblent tous avec ce jaune criard dégueulasse. Des murs à chaque coin, des virages qui ne mènent à rien, des cul-de-sac tous les trois mètres et des cachettes angoissantes disséminées un peu partout. Dans ce lourd silence pesant, il nous est facile d’entendre un bruit au loin. Un bruit étrange.
Métallique.
Inhumain.
Collé à moi, Jem me regarde avec effroi :
– Ali… Je croyais que nous étions les seuls dans les Backrooms.
Oups.
Je me mords les lèvres, avant de lui avouer :
– Oui, nous sommes les seuls Humains… Mais, à part nous, il y a plusieurs Entités qui se promènent là-dedans. Dans tous les Levels, d’ailleurs.
Je sens que mes paroles ne le rassurent pas du tout. Avec des yeux exorbités de terreur, il questionne à nouveau :
– Et ce bruit atroce, ça ressemble à quoi ?
Je hausse les épaules :
– Bof… Nous sommes au Level 1, ça doit être Bacteria.
– Quoi ? Cette chose a un nom ?!
Je souris :
– Plutôt un surnom, en fait. Enfin, d’Après ‘Async’.
Le bruit retentit derechef, nous faisant sursauter tous les deux en même temps.

Le regard de Jem devient totalement paranoïaque, vérifiant chaque centimètres carrées jaunes, tout en murmurant, un peu perplexe :
– Tu aurais dû NoClip ici avec Bucky, pas avec moi…
Je râle.
Il comprend :
– Quoi ? T’es en bisbille avec lui ?
– Nan… Mais, souvent, ce n’est pas Bucky qui débarque, mais le Soldat de l’Hiver. Sais-tu à quel point c’est long et compliqué de désactiver Bucky ?!
Jem tourne ses yeux, toujours apeurés, vers moi, et rétorque :
– Euh… Ouais… C’est sûrement tout aussi compliqué que de te désactiver toi, non ? Genre, Paris 2025 !
Je souris :
– Et après, tu te demandes pourquoi nous sommes dans les Backrooms…

La progression est lente et… Inutile ?
Il n’y a que du jaune, du jaune et encore du jaune ! Dans cet ordre précis !
Malheureusement, l’étrange son métallique retentit à nouveau.
Merde.
Jem m’agrippe le bras et fait danser ses yeux exorbités de terreur de droite, de gauche et de haut en bas. Lorsque, soudain, dans le coin de notre vision, juste là… Dans le coin caché de nos yeux, à droite, une ombre floue, noire, qui passe et se cache.
– ALI ! hurle Jem.
– Je sais, je sais…
Mon cœur bat à 100 à l’heure, je le sens tambouriner de toutes ses forces dans ma poitrine. Comme si mon palpitant voulait vraiment se barrer de là… Mais sans moi.
Aïe…
Puis… La forme floue revient.
Elle a presque une forme Humanoïde, comme une espèce de tête carrée, un corps fin, très fin et de longs bras métalliques aussi épais qu’un fil, de même pour le semblant de ses pieds.
Mais, surtout, à chacun de ses mouvements, le silence des Backrooms résonne de ce même son angoissant et inquiétant.
Comme des ongles sur un tableau noir.
Comme des coups métalliques.
Comme des crissements insoutenables.
– ALI ! hurle encore Jem.
Je sursaute.
Enfin, nous reprenons nos esprits et nous COURONS à l’autre bout du couloir, le plus vite possible !
Loin, très loin de Bacteria…

Nous courons, courons, courons, à perdre haleine, jusqu’à prendre un autre couloir jaune et tomber sur une porte… Jaune.
Jem et moi passons la porte.
Ensemble, on NoClip… Dans un autre endroit.

La première chose qui nous frappe : c’est le bruit.
Un horrible bruit, assourdissant, comme un ventilateur géant dont les hélices bougent sans discontinuer.
Encore et encore.
Comme de l’eau ou de l’électricité qui passent par des tuyaux géants, des murs, des fils.
Les tuyaux, parlons-en :
Nous nous retrouvons dans un minuscule couloir, sans fenêtre, gris, en pierres, dont les murs sont couverts d’énormes et immenses tuyaux qui sortent desdits murs en faisant un boucan d’Enfer.
Et la chaleur… Mon Dieu, la chaleur… Il fait une chaleur à crever dans ce bordel !
Entre la chaleur et le bruit, Jem hurle à côté de moi :
– Nom de Dieu, où sommes-nous, maintenant ?!
– Dans le Level 3 !
Jem me jette un regard interrogateur et s’écrie, pour se faire entendre par-dessus le brouhaha :
– Level 3 ?! Mais, nous ne sommes pas passés par le Level 2 !
– Peu importe ! Les Backrooms ne fonctionnent pas par ordre croissant ! Nous pouvons nous retrouver d’un niveau à l’autre sans ordre précis. D’ailleurs, le Level 3 est dangereux ! Ici, il y a les Smilers, les Voleurs de peaux et les Hounds !
Effrayé, Jem court dans les couloirs étouffants, avec une chaleur qui va jusqu’à 43°C, il tombe sur une vieille porte rouillée qu’il tire, puis pousse de toutes ses forces. Sans toutefois parvenir à la faire bouger d’un seul centimètre.
Je lève les yeux vers les tuyaux du plafond, en expliquant :
– Jem, toutes les portes de ce Level sont verrouillées.
Il hurle.
Il hurle à plein poumon.
Et son cri couvre à peine les bruits des tuyaux…

Nous marchons dans les fourneaux vociférant.
Jem me jette un regard suppliant :
– Alisone, pitié, essaye de NoClip, maintenant !
OK…

Nous nous retrouvons dans une salle immense, couverte de banderoles, de ballons multicolores, de gâteaux géants, bref, une Fête sans fin.
Jem sourit enfin.
Il se dirige vers les centaines de gâteaux appétissants, mais je l’en empêche :
– NON ! Jem, ne mange pas ça !
– Pourquoi ?
Je suis terrifiée.
Et il le voit, il le comprend.
Et cela le terrifie encore plus.
Je lui explique, en murmurant :
– Nous sommes dans le Level des Partygoers… Ils transforment les cadavres de leurs victimes en gâteaux…
Jem panique de plus belle.
Sur le mur, beige, un gros et grand smiley rouge sang saute à mes yeux :


=)

Les Partygoers.
Jem panique encore et encore.
La voix tremblante, il me murmure :
– Ali, s’il te plaît… Tu dois NoClip maintenant…

THE END
=)
Or not

You never leave the Backrooms.


Terminé le : 18.07.2022
Copyright © 2022 by Alisone DAVIES – All rights reserved.