Ireland Fantasy

J’irai seule, courir après le vent et l’orage,
Dès qu’il meurt, je sens dans mes larmes les naufrages,
Le Code heurte les innocents tour à tour,
Interdisant la pitié et l’amour,
Ce qu’ils disent, en franchissant le sol de ma lande,
Car ils confondent l’Angleterre avec l’Irlande,
Et si je pars, ce sera juste pour lui,
Le temps d’un baiser ou le temps d’une nuit,
Je creuserai la roche pour une éternelle gemme,
Car j’ai beau l’aimer, il meurt quand même.

18.08.19

Back to the Academy

Ô sombres terreurs dans les champs,
Aux bombes qui explosent à l’instant,
Quand l’école devient notre ennemi,
Tous les élèves fuient l’Académie.
Mais pour la vie que je porte en moi,
Pour cette vie, bénissez-nous tous les trois,
Comme je cours dedans et dehors,
Pour le trouver et pour fuir la Mort.
Devant le bus avant de partir,
Dans ses bras, je veux dormir,
Ô au Boss qui refuse son congé,
Quand sur moi elle teste ses idées,
Aux questions pour tous les génies,
Et les rebuts de son Académie.
À nos fuites sur les échelles,
Et nos prières pour le Ciel,
Et quand l’enfant meurt sous mes yeux,
Assassiné par tous les Odieux,
Les autres courent encore et toujours,
Et encore suivit par mon amour.

02.08.19

La Sirène d’Irlande

À tes frères tous tombés,
Ô, écoutez-moi donc crier,
Sous les océans, les naufrages,
De nos sirènes mises en cage.
Sur ma peau, tous nos rêves,
Lorsque je marche sur la grève,
Mais les Chasseurs nous veulent nous,
Pour nous mettre à genoux.

À tes frères qui sont morts,
Ô, jetez-moi donc un sort,
Tout le monde t’a oublié,
Quand le fils prodigue est arrivé,
Mais comme Dieu est éphémère,
Je parle de celui de Lucifer.
Comme la vie serait belle,
Si tu étais réel,
Mais ce n’est pas le cas,
Car tu n’es pas là.

À tes frères disparus,
Ô, entendez les chants perdus,
Je me perds dans la brume,
Et me noie dans l’écume,
Quand les sirènes ont toutes peurs,
Seules, face aux Chasseurs.
Mais depuis que l’amour s’en mêle,
Je ne suis plus la même,
Bien que tu ne sois pas là,
Oui, je pense à toi.

La Sirène de Laytown

À mes sœurs sous la mer,
Ô, entendez-vous ma prière,
Ramenez-moi mon amant,
Que tout soit comme avant.
Je suis seule sur la plage,
Comme une sirène dans sa cage,
Les Chasseurs courent vers moi,
Car il n’est plus là.

À mes sœurs des abîmes,
Ô, entendez-vous mes rimes,
J’attends mon amour sous la lune,
Ramenez-le moi sur la dune.
J’ai le vague à l’âme,
Plus rien ne me calme,
Car sans lui je me noie,
Les Chasseurs fondent sur moi,
Et lorsqu’ils toquent à ma porte,
Je prie pour que la marée m’emporte.

A Door ?

Je l’ai vu, une nuit, telle une hallucination,
Au milieu des esprits, attendant entrouverte,
Je n’étais pas seule, mais avons-nous eu raison,
De laisser la curiosité faire place à la découverte ?

Adossés contre le battant, nous utilisons nos corps,
Pour les empêcher d’entrer, les empêcher de sortir,
Mais est-ce la magie noire, est-ce un mauvais sort,
Quand nous voyons les Démons, les entendant mugir ?

Une étrange lumière éclaire nos pieds, sous l’interstice,
Mais gardons-la close, les doigts fermes sur la poignée,
Attendons le bon moment, attendant une aide salvatrice,
Et faisons fi des grondements, qui craquent de l’autre côté.

Mais le Mal est grand et les Ténèbres sont bien trop fortes,
Et réclament les esprits des différents aux yeux des autres,
Maintenant les Diables s’avancent, passant cette porte,
Et revendique des âmes, et revendique les nôtres.

C’est la tourmente sur place et le froid nous empare,
Rien ne peut les arrêter, ni sort ni nulle magie blanche,
Et nous, Êtres ou enfants perdus dans l’hostilité du soir,
Je murmure ces simples mots, lorsque vers toi je me penche.

« Nos amis sont morts et nous sommes seuls ici,
Mais ne les laisse pas courir à notre perte,
Il n’y a plus rien à changer, nous sommes déjà maudits,
Ne les laisse pas gagner pour une porte ouverte. »

Et lorsque les larmes se changent en diamant,
Que l’eau calme nos pieds nus sur le sol de pierre,
Il est temps de courir, car la fuite des innocents,
N’empêchera pas de faire tourner la Terre.

Mais pour ne pas que le Mal passe le voile,
Je prends mon violon, et je joue contre eux,
Allumant les bougies, éclairant les étoiles,
Et je fais un vœu.

From Drogheda To Laytown

Céad Míle Fáilte, chers amis, venez et approchez-vous,
Bien que je parle et que j’écrive trop, oui je l’avoue,
Je dois narrer une dernière histoire, sur deux villes,
Et qui, à elles deux, font battre mon cœur de fille.
Comté de Louth et de Meath, c’est ici en Irlande,
Que Drogheda et Laytown me transcendent,
Le long de la Rivière Boyne, je prends le D1,
Le fameux bus qui sépare ces Comtés voisins.
Par Mornington et sa Tour, ainsi je passe,
Arrivé à Bettystown je vois la marée basse.
An Inse, me voilà, marchant sur sa plage,
De l’Église jusqu’à Laytown village.
Devant la sculpture « Voyager », je fredonne,
Sur les coquillages qui par milliers foisonnent,
Sur la mer d’Irlande, je vois au loin les bateaux,
Et vers les vagues je chante toute seule Santiano.
Hissez-haut ! Je file au Pub, car je crie famine,
Mais une fois là-bas, mon cœur s’embéguine,
Pourtant c’est la raison que mon esprit réclame,
Bien que je sois ici, à cause de ce cher Adam.
Assise au comptoir, enfin je me déstresse,
En plongeant dans ma Pinte de Guinness.
Bye-bye le Pub, ou le bus partira sans moi,
Nous roulons, en direction de Droichead Átha.

Wack fall the daddy-o, wack fall the daddy-o,
Les sirènes disent « au revoir » dans mon dos,
Je descends du bus, puis je traverse la rivière,
Marchant vers Laurence’s Gate, et au cimetière,
Les Croix Celtiques font s’envoler mon esprit,
Chantant « Níl Sé’n Lá » je pense à la vie,
Sur West Street je glande, regardant les vitrines,
Et j’écoute les musiciens dans les rues voisines,
Enfin au Pub « Cagney’s » je me pose un peu,
Mon Irlandais voit mon voyage dans mes yeux,
J’admire le Millmount Fort depuis la terrasse,
Aux arc-en-ciels et aux Leprechauns je rêvasse,
« The Frenchie » ou « La sauveuse de phoque »,
Ainsi qu’ils m’appellent, au Pays du Shamrock.
Au milieu des Mick, Johnny et des Paddy,
Je cours à Saint Peter’s Church et je prie,
Les mots s’envolent dans le ciel d’Irlande,
Je retourne au Pub, lorsqu’un ami demande,
De chanter pour lui, une chanson Française,
Je bois une goulée et entame un peu mal à l’aise :
« Il y a une ombre dans le vent,
Je crois qu’une tragédie m’attend… »